L’oligarchie financière anglo-saxonne et le complexe militaro-industriel américain
Source : reseauinternational.ne – 21aout 2026 – José Manuel Rivero
Abonnez-vous au canal Telegram Strategika pour ne rien rater de notre actualité
Pour nous soutenir commandez les livres Strategika : “Globalisme et dépopulation” , « La guerre des USA contre l’Europe » et « Société ouverte contre Eu
Les pays souverains sont confrontés à un impérialisme qui, acculé par ses propres contradictions, poursuit sa course effrénée à travers le néocolonialisme, la spoliation armée et la manipulation médiatique. Il est essentiel de conserver toute notre acuité analytique, d’organiser une riposte et de ne pas céder d’un pouce dans la lutte idéologique contre la barbarie oligarchique.
La récente visite de Charles III à Washington, qui a culminé avec son apparition inhabituelle devant le Congrès américain, ne saurait être interprétée comme une simple anecdote diplomatique ou un simple échange protocolaire. Analysée à la lumière du matérialisme historique, cette rencontre représente la mise en scène officielle de ce que le penseur Alexandre Douguine a justement défini comme l’entrée dans une phase aiguë de la «grande guerre des continents». Nous assistons à une relance flagrante de l’atlantisme classique. L’image diffusée par la Maison Blanche elle-même, baptisée «Deux rois» en une moquerie macabre du slogan démocrate «Pas de roi !», est la confirmation hégémonique d’un pacte indestructible entre l’oligarchie financière anglo-saxonne et le complexe militaro-industriel américain. C’est la chute définitive du masque républicain bourgeois, révélant le visage véritable, brut et élitiste du pouvoir impérial en période de crise systémique.
L’arrogance affichée par le monarque britannique était symptomatique de cette nouvelle phase d’agression. Charles III a non seulement exigé le maintien inconditionnel de l’OTAN et la poursuite du soutien au régime ukrainien, incitant ainsi à une guerre conjointe et frontale contre la Russie, mais il s’est également livré à l’humiliation de ses hôtes avec ce cynisme impérial typiquement anglais. En plaisantant sur «l’erreur» que fut la guerre d’indépendance américaine et en évoquant avec dérision l’incendie historique de la Maison Blanche, le roi a clairement indiqué qui revendique l’autorité historique dans la pérennisation de l’État profond. Et le Congrès, dominé par les applaudissements serviles tant des démocrates que des républicains, a capitulé. La conclusion pour les analystes critiques est inéluctable : tout vain espoir que le retour de Donald Trump puisse freiner le bellicisme atlantiste a été enseveli sous le poids des intérêts de classe communs.
Cependant, l’analyse doit inexorablement descendre des superstructures vers la base matérielle qui détermine ces mouvements. Le renforcement de cette alliance répond à un besoin pressant de restructuration économique et de contrôle des ressources face à l’émergence d’un monde multipolaire, le tout s’inscrivant dans le cadre de l’application de la nouvelle «doctrine Donroe». La stratégie est limpide : tandis que les États-Unis maintiennent un blocus militaire de facto dans le détroit d’Ormuz pour étrangler le Moyen-Orient et couper son approvisionnement énergétique, la machine anglo-américaine lance une offensive pour encercler l’Amérique latine et les Caraïbes. Elle cherche à s’emparer des matières premières stratégiques et à forcer le retour des capitaux vers l’hémisphère occidental, en expulsant la Chine de la région par la coercition diplomatique et un blocus maritime.
Dans cette réorganisation impérialiste, la Couronne britannique, en tant que figure de proue de la City de Londres et de son vaste réseau de paradis fiscaux, est un partenaire indispensable pour garantir la circulation et le blanchiment des capitaux extraits du Sud mondial.
C’est précisément dans ce contexte géostratégique de pillage que s’inscrit parfaitement l’annonce de Donald Trump de réorienter sa machine de guerre de l’Iran vers l’invasion de Cuba. L’arrogance avec laquelle il a déclaré qu’ils «prendraient» l’île, se vantant d’utiliser l’immense porte-avions USS Abraham Lincoln pour mouiller au large des côtes cubaines et forcer une reddition, est le mouvement organique d’un empire qui a besoin de consolider son hégémonie absolue dans les Caraïbes pour garantir le maintien de son pillage. Cuba, phare historique de la résistance anticoloniale, devient une fois de plus la cible à abattre afin de cimenter ce bastion atlantiste.
Pour que cet appareil militaire et financier fonctionne, l’oligarchie doit assurer son arrière-garde morale et institutionnelle, et c’est là qu’intervient la superstructure médiatique pour fabriquer un consensus hégémonique. La dissimulation de l’affaire Epstein en est le meilleur exemple. L’implication du prince Andrew nécessite un pacte d’État entre Washington et Londres pour empêcher la justice pénale de fracturer l’institution, mais l’impunité juridique doit s’accompagner d’un remaniement de l’image publique. C’est à ce stade que des journaux comme le Daily Mail — porte-parole et instrument non officiel bien connu des services secrets britanniques (MI6) — entrent en jeu pour mener à bien ce blanchiment. Les récentes publications montrant les princesses Eugénie et Béatrice dans des scènes bucoliques et anodines, en train de déjeuner à Mayfair ou à Notting Hill, ne relèvent pas du journalisme mondain ; il s’agit d’opérations de relations publiques à visée psychologique. En présentant les filles d’Andrew plongées dans la frivolité du quotidien, on tente de dissocier de manière subliminale la nouvelle génération des Windsor du réseau criminel transnational d’Epstein, afin d’endormir l’opinion publique et de protéger l’image de marque de la Couronne.
Face à cette grande guerre entre continents, menée par ceux qui se considèrent intouchables et qui tirent les ficelles de la désinformation de masse et du bellicisme effréné, l’analyse exige d’abandonner toute naïveté. Les peuples souverains sont confrontés à un impérialisme qui, acculé par ses propres contradictions, poursuit sa course effrénée à travers le néocolonialisme, la spoliation armée et la manipulation médiatique. Il est impératif de conserver toute sa perspicacité analytique, d’organiser une riposte et de ne pas céder d’un pouce dans la lutte idéologique contre la barbarie oligarchique.
source : Hojas de Debate via China Beyond the Wall


Les « peuples souverains » n’existent plus dans ce bas-monde, et les citoyens libres encore moins.
L’armée et la monnaie sont les deux mamelles de la domination de l’oligarchie mondialiste.
Franklin Delano Roosevelt, président américain durant la Seconde Guerre mondiale (discrètement au courant des manœuvres de « l’État Profond ») disait : « En politique rien n’arrive par hasard. Chaque fois que survient un événement, on peut être certains qu’il avait été prévu pour se dérouler de cette façon. ».
La famille Roosevelt est un bon exemple de ces familles liées à l’oligarchie mondialisée et qui agissent à l’interface des domaines financiers et politiques.
Signalons que l’une des méthodes employées depuis plus d’un siècle par les globalistes pour faire progresser leur agenda et faire du « crime légitime », qu’on appelle la guerre, un « business », est le « casus belli » : citons entre autres ceux de 1898 avec le « USS Maine », de 1915 avec le « RMS Lusitania », de 1941 avec « Pearl Harbor », de 1964 avec les « incidents du golfe du Tonkin », de 1967 avec l’« USS Liberty » (qui a été un échec) et de 2001 avec le « 9/11 ».
En 1968, dans son livre « The Rich and the Super-Rich », Ferdinand Lundberg, historien américain des « grandes fortunes », écrit : « Loin de sauver le monde en 1914-1918, les magnats de l’industrie, tant américains qu’étrangers, ont été les principaux promoteurs de la guerre. Ce sont eux qui ont poussé les États-Unis dans ce conflit sous le prétexte d’assurer la liberté des mers et le triomphe de la démocratie. La responsabilité de la plupart des difficultés que connait le monde contemporain incombe aux gouvernements des grandes puissances qui ont pris part à la guerre de 1914-1918, et aux détenteurs de grosse fortunes (Whitney, mc Cormick, Morgan, Rockefeller et d’autres) qui leur ont apporté leur appui. Ils ont favorisé, entre autres, la naissance du communisme totalitaire, engendré par la situation. »
NB : De nos jours, la captation monétaire par les « Puissances d’argent » leur a permis de générer de gros conglomérats économiques. Ces « groupes d’entreprises » sont contrôlés par des personnes privées et disposent, aujourd’hui, à l’instar des souverains d’hier, de la force de canon étatique, laquelle évolue de plus en plus souvent, au rythme de la décadence étatique, en milices privées : citons la PMC (Private Military Company) « Academi » précédemment connue sous le nom de « Blackwater ». Notons que « Academi » a été renommée « Xe Services » en 2009, puis a de nouveau été appelée « Academi» en 2011. En 2014, celle-ci a fusionné avec « Triple Canopy » pour former, présentement, la société militaire privée « Constellis Holdings Inc. ».
Le poids des PMC et ESSD (Entreprise de Services de Sécurité et de Défense), surtout anglo-saxonnes, a été croissant depuis les années 1990. Notons, cependant, qu’une organisation paramilitaire de type PMC a vu le jour en Russie en 2014 : il s’agit du « Groupe Wagner ».
Au sujet de cette « privatisation » de la guerre voici, ci-après, un court extrait du livre « La Stratégie du Choc » de Naomie Klein :
« Au fur et à mesure que la guerre (d’Irak) se prolongeait, même le recrutement, autrefois chasse gardée des militaires, devint une entreprise à but lucratif. Dès 2006, des agences de placement du secteur privé, par exemple Serco ou une filiale du géant de l’armement, L-3 Communications, recrutaient des soldats. Les recruteurs privés, dont beaucoup n’avaient jamais servi au sein des forces armées, touchaient une prime chaque fois qu’ils persuadaient un candidat d’y entrer. Un porte-parole de l’entreprise se vanta du reste en ces termes : « Si vous voulez du bifteck, il faut enrôler plein de gens. » Le règne de Rumsfeld provoqua également un boom dans le secteur de l’entraînement privé : des sociétés telles que Cubic Defense Applications et Blackwater organisaient des séances de formation au combat et des jeux de guerre en direct. Pour ce faire, on conduisait les soldats dans des centres privés, où ils s’exerçaient aux combats de maison en maison dans des villages de simulation. (…) L’accroissement marqué du rôle des entreprises privées en tant qu’objectif stratégique du gouvernement ne fit jamais l’objet d’un débat ouvert. Rumsfeld n’eut pas à mener des batailles rangées avec les syndicats des fonctionnaires fédéraux ni avec les généraux. Les choses se firent à la dérobée, sur le terrain, à la faveur de ce que les militaires appellent des élargissements de mission. Plus la guerre s’éternisait, plus elle se privatisait, et bientôt ce fut simplement la nouvelle façon de faire la guerre. Comme maintes fois auparavant, la crise avait favorisé l’apparition du boom. (…) À eux seuls, les chiffres racontent l’histoire dramatique des « élargissements de mission » au profit des entreprises. Pendant la première guerre du Golfe, en 1991, il y avait un entrepreneur pour cent soldats. Au début de l’invasion de l’Irak, en 2003, la proportion était d’un pour dix. Au bout de trois années d’occupation américaine, elle était d’un pour trois. Moins d’une année plus tard, au moment où le quatrième anniversaire de l’occupation était imminent, la proportion était d’un entrepreneur pour 1,4 soldat américain. Ces chiffres ne concernent toutefois que les entrepreneurs qui travaillent directement pour le gouvernement des États-Unis, et non pour les partenaires de la coalition ni pour le gouvernement irakien, et ils ne tiennent pas compte non plus des entrepreneurs établis au Koweït et en Jordanie ayant confié certaines de leurs fonctions à des sous-traitants. (…) Les soldats britanniques cantonnés en Irak sont déjà beaucoup moins nombreux que leurs compatriotes travaillant pour des entreprises de sécurité privées dans une proportion d’un pour trois. Lorsque, en février 2007, Tony Blair annonça qu’il retirait 1 600 soldats d’Irak, la presse rapporta aussitôt que « les fonctionnaires espèrent que les “mercenaires” sauront combler le vide ». Le gouvernement britannique payait directement les entrepreneurs. En même temps, l’Associated Press chiffrait le nombre d’entrepreneurs présents en Irak à 120 000, c’est-à-dire qu’ils étaient presque aussi nombreux que les soldats américains. Par son ampleur, ce genre de guerre privatisée écrase déjà les Nations Unies. En 2006-2007, le budget de l’ONU pour les activités de maintien de la paix s’élevait à 5,25 milliards de dollars — à peine plus que le quart des vingt milliards de dollars accordés par contrats à Halliburton. Selon les plus récentes estimations, l’industrie des mercenaires vaudrait à elle seule quatre milliards de dollars. (…) Si la reconstruction de l’Irak a indiscutablement été un échec du point de vue des Irakiens et des contribuables américains, elle a été tout le contraire pour le complexe du capitalisme du désastre. Rendue possible par les attentats terroristes du 11 septembre, la guerre en Irak ne marqua rien de moins que la naissance violente d’une nouvelle économie. (…) Telle était l’idée géniale qui sous-tendait le plan de « transformation » de Rumsfeld (En joignant les rangs de l’équipe de George W. Bush en 2001, Rumsfeld avait une mission : réinventer l’art de la guerre au XXIe siècle pour en faire une manifestation plus psychologique que physique, un spectacle plutôt qu’une lutte. Et, surtout, un exercice beaucoup plus rentable que jamais auparavant) : dans la mesure où tous les aspects de la destruction autant que de la reconstruction ont été externalisés et privatisés, on assiste à un boom économique chaque fois que des bombes commencent à tomber, qu’elles s’arrêtent et qu’elles recommencent, d’où un circuit fermé de profits liés à la destruction et à la reconstruction, à la démolition et à la remise en état. Pour les sociétés futées et prévoyantes comme Halliburton et le Carlyle Group, les destructeurs et les re-constructeurs appartiennent simplement à des divisions différentes des mêmes entreprises (La société Lockheed Martin va encore plus loin dans ce sens. Au début de 2007, elle a commencé, selon le Financial Times, à « acquérir des entreprises du secteur de la santé dont le chiffre d’affaires se situe dans les mille milliards de dollars » (…) la société sera en mesure de profiter non seulement des bombes et des avions de chasse qu’elle fabrique, mais aussi de la reconstruction des infrastructures qu’elle a détruites et même des soins prodigués aux personnes blessées par ses propres armements.) (…) L’administration Bush a pris quelques mesures importantes mais peu débattues pour institutionnaliser le modèle de la guerre privatisée élaboré en Irak. Elle en a ainsi fait une caractéristique inamovible de la politique étrangère. »
Lien : https://livresdefemmeslivresdeverites.blogspot.com/2017/07/introduction-livres-de-femmes.html