L’utérus d’une femme n’est pas un Airbnb
Source : clv-magazine.ch – 2 décembre 2025 – Marie-Estelle Dupont (Entretien Laurent Grabet)
https://clv-magazine.ch/blog/96-luterus-dune-femme-nest-pas-un-airbnb
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INTERVIEW La psychologue clinicienne Marie-Estelle Dupont s’exprime sans détour sur la gestation pour autrui (GPA), un sujet qui continue de diviser l’opinion. Récemment installée à Lausanne, cette professionnelle reconnue en France pour ses prises de position éclairées sur des questions de société aborde les dimensions éthiques, médicales et psychologiques de cette pratique controversée. Auteure et animatrice, elle défend l’idée que le lien mère-enfant ne peut être ignoré sans conséquence. Nous l’avons rencontrée pour un entretien approfondi.
Un mensonge même asséné mille fois et gobé par une majorité, ne deviendra jamais pour autant une vérité.
Pour elle, «la GPA, c’est l’obscurantisme absolu!» Marie-Estelle Dupont a le sens de la formule qui fait mouche, mais aussi et surtout des arguments pour l’étayer. Durant la «crise sanitaire», la psychologue clinicienne parisienne de 43 ans fut l’une des premières professionnelles à s’élever contre le port du masque par les enfants à l’école. À l’époque, elle mettait en garde sur les dégâts de développement que cette pratique inutile, et la culpabilisation délétère qui la sous-tendait, entrainerait chez de trop nombreux jeunes enfants. La réalité et les années lui ont malheureusement donné raison…
La Française a le verbe haut, les idées claires et le regard fier de celles qui ne se soumettent pas facilement ni au politiquement correct ni aux dogmes sociétaux en vogue. Pour elle, un mensonge même asséné mille fois et gobé par une majorité, ne deviendra jamais pour autant une vérité. C’est notamment grâce à cette franchise décomplexée que cette professionnelle de la santé psychique s’est imposé comme une personnalité dans plusieurs grands médias français. Depuis août dernier, la Française co-anime d’ailleurs sa propre émission quotidienne de psychologie Et si on en parlait? sur Europe 1. En parallèle, celle qui est aussi auteure de quatre livres de vulgarisation et d’un cinquième de témoignage, officie comme directrice de collection aux éditions Albin Michel.
C’est dans un établissement public lausannois, où elle a ses habitudes, que la médiatique psychologue nous a accordé une interview. La fringante maman de trois enfants – un garçon de 15 ans et des jumeaux de 5 ans et demi – a en effetINTERVIEW La psychologue clinicienne Marie-Estelle Dupont s’exprime sans détour sur la gestation pour autrui (GPA), un sujet qui continue de diviser l’opinion. Récemment installée à Lausanne, cette professionnelle reconnue en France pour ses prises de position éclairées sur des questions de société aborde les dimensions éthiques, médicales et psychologiques de cette pratique controversée. Auteure et animatrice, elle défend l’idée que le lien mère-enfant ne peut être ignoré sans conséquence. Nous l’avons rencontrée pour un entretien approfondi.
Un mensonge même asséné mille fois et gobé par une majorité, ne deviendra jamais pour autant une vérité.
Pour elle, «la GPA, c’est l’obscurantisme absolu!» Marie-Estelle Dupont a le sens de la formule qui fait mouche, mais aussi et surtout des arguments pour l’étayer. Durant la «crise sanitaire», la psychologue clinicienne parisienne de 43 ans fut l’une des premières professionnelles à s’élever contre le port du masque par les enfants à l’école. À l’époque, elle mettait en garde sur les dégâts de développement que cette pratique inutile, et la culpabilisation délétère qui la sous-tendait, entrainerait chez de trop nombreux jeunes enfants. La réalité et les années lui ont malheureusement donné raison…
La Française a le verbe haut, les idées claires et le regard fier de celles qui ne se soumettent pas facilement ni au politiquement correct ni aux dogmes sociétaux en vogue. Pour elle, un mensonge même asséné mille fois et gobé par une majorité, ne deviendra jamais pour autant une vérité. C’est notamment grâce à cette franchise décomplexée que cette professionnelle de la santé psychique s’est imposé comme une personnalité dans plusieurs grands médias français. Depuis août dernier, la Française co-anime d’ailleurs sa propre émission quotidienne de psychologie Et si on en parlait? sur Europe 1. En parallèle, celle qui est aussi auteure de quatre livres de vulgarisation et d’un cinquième de témoignage, officie comme directrice de collection aux éditions Albin Michel.
C’est dans un établissement public lausannois, où elle a ses habitudes, que la médiatique psychologue nous a accordé une interview. La fringante maman de trois enfants – un garçon de 15 ans et des jumeaux de 5 ans et demi – a en effet quitté Paris en août pour s’installer dans la capitale vaudoise. «En Suisse, le débat sur les questions clivantes me semble se dérouler encore dans un certain respect et une écoute qu’on trouve de plus en plus rarement en France», constate-t-elle d’ailleurs d’emblée. La remarque vaut également évidemment pour le thème qui nous réunit et dont l’appellation officielle est «Gestation pour autrui» ou «GPA». C’est sur ce point d’ailleurs que s’ouvre l’entretien.
«La « GPA » est une aberration anthropologique et également une attaque contre les mères et les femmes. On est en train de décorréler sexualité et reproduction et de retirer la maternité à la mère.»
Pour vous, le sigle «GPA» est déjà problématique en soi. En quoi?
Cet acronyme escamote la réalité. Le «pour autrui» relève d’un glissement sémantique manipulateur. Cette appellation génère une image positive d’une pratique consistant en réalité à louer une femme et à acheter un bébé. Sur cette thématique comme sur celle de l’euthanasie ou d’autres, les mots sont utilisés pour imposer des positionnements idéologiques. De nombreux médias suivent malheureusement sans recul et recouvrent parfois de confiture «gnangnan» et sentimentaliste des exceptions pour les maquiller en belles histoires. Malgré cela, la «GPA» reste une pratique obscurantiste, ne tenant pas la route sur les plans juridique, médical, éthique, philosophique, anthropologique et humain.
Et que dire de l’étiquetage «GPA éthique»?
Lorsqu’on adosse l’adjectif «éthique» à une chose, c’est souvent précisemment parce qu’elle ne l’est pas. La dignité humaine est inaliénable et on ne peut pas dire «je loue ton utérus et je te respecte». Dès lors, il n’y a pas de «GPA éthique» possible. Cette pratique s’inscrit d’ailleurs dans un vertige de toute puissance, où l’homme veut tout contrôler de la vie à la mort. Dans une «GPA», le contrat est parfois rompu. Il arrive par exemple qu’on oblige une mère qui attend des jumeaux à avorter, car les parents d’intention ne voulaient qu’un seul enfant. C’est un esclavage moderne abject avec des femmes qui parfois se suicident après, avec des enfants qu’on n’est pas allé chercher dans des «fermes à bébé », comme cela est arrivé pendant le covid. Ces dérives sont si intolérables que beaucoup de pays inscrivent l’interdiction de la «GPA» dans leur constitution. (ndlr : le 23 août dernier, un rapport de l’Onu soulignait de son côté que la «GPA» est une violence faite aux femmes et qu’elle doit être «éradiquée sous toutes ses formes»)
Vous semble-il que les gens se laissent berner par ces « tartufferies langagières»?
Une bonne partie de l’opinion publique ne mesure pas pleinement la gravité de l’acte, par méconnaissance de la puissance des liens d’attachement existant entre un bébé et sa mère biologique. Le microchimérisme materno-fœtal nous a appris qu’on retrouve des cellules de l’enfant dans le corps de sa mère, et vice-versa, jusqu’à 27 ans après la naissance. Un bébé séparé de sa mère régule moins bien ses émotions et son stress. On ne peut pas d’un côté demander à la mère de faire très attention à ses comportements pendant la grossesse, car ils peuvent avoir des implications réelles à vie sur son bébé, et dans le même temps faire comme si arracher un nourrisson à la femme qui l’a porté pendant neuf mois n’avait aucunes conséquences… Cela n’a aucun sens, mais c’est pourtant ce que certains tentent de nous vendre avec un discours bien ficelé sur des bons sentiments pseudo inclusifs. Jusqu’à six mois, un bébé ne fait pas de différence entre son corps et celui de sa mère. Les enfants nés de «GPA» se construisent de leur mieux sur une amputation fondatrice. Mais, comme le montre le cas d’Olivia Maurel (ndrl : lire son livre choc «Où es-tu, Maman? : Le témoignage poignant d’une femme née par «GPA»», 2025, édition du Rocher), ce n’est pas anodin. Chacun a besoin de connaitre sa filiation. Sans juger les parents d’intention et en dépit de tous leurs efforts d’éducation, ne faisons pas passer pour de l’altruisme ce qui demeure de manière factuelle la location d’un utérus et la vente d’un enfant.
«Un enfant est un devoir! Qu’on l’accueille ou qu’on l’adopte, on n’a de droit ni sur lui ni à lui, mais uniquement des devoirs.»
Que dire de la violence faite aux mères dites «porteuses » dans les «GPA»?
Tout d’abord, ces femmes agissent avec un discernement qui est altéré par la misère. Elles louent leur utérus pour survivre. La grossesse est un évènement imprédictible. Parfois la mère croit s’être engagée dans un processus relativement anodin psychiquement, mais au final, elle s’est tellement investie qu’abandonner son petit à la naissance lui devient insupportable. Ces femmes sont mal vues socialement dans leur communauté. Elles sont aussi soumises à des injonctions paradoxales délétères. D’un côté, elles doivent être dévolues corps et âme pendant neuf mois au bébé, et dans le même temps ne pas trop l’investir émotionnellement. Ce «travail» implique que 24h sur 24, leur sexualité, leurs déplacements ou encore leur alimentation et leur sommeil soient comme sous contrôle de leurs «clients » et «employeurs». De plus, il y a aussi des risques pour leur santé physique. On constate en effet que des complications qui n’existaient presque plus dans des grossesses naturelles ressurgissent lors de « GPA».
Votre point de vue sur la «GPA» vous vaut-elle des problèmes?
L’insulte, la calomnie ou la tentative de disqualification font parties des risques qu’on prend lorsqu’on s’expose médiatiquement. Pour moi, le psychologue a de toute façon un devoir déontologique de rappeler certaines réalités. Et si le débat public est infiltré par de l’hystérie et des attaques de militants, c’est regrettable mais c’est finalement leur problème. Je continuerai quoi qu’il en soit à dire ce que j’ai appris, puis vérifié dans ma pratique et dans mon expérience personnelle de mère : à savoir qu’un petit bébé humain a besoin, dans la mesure du possible, de ne pas être séparé trop vite de sa mère. Quand certains militants pro «GPA» m’insultent, c’est surtout la preuve qu’ils n’ont pas d’arguments solides. Mais en réalité, dans la rue, les gens me disent surtout merci et cela me touche. Merci de remettre l’église au milieu du village. Merci de dire tout haut ce que tout le monde pense tout bas. Merci de rappeler des évidences…
Finalement, vous rappelez effectivement souvent des évidences, par exemple que la «GPA» n’est pas une réponse valable à l’infertilité…
Le néo-progressisme nous parle en permanence du bien, de l’égalité et de la tolérance. Mais il coupe l’homme de ses racines animales et de ses ailes spirituelle, et il est pourtant en train d’instrumentaliser la science pour rendre possibles des choses qui ne sont pas médicales, en les faisant passer pour médicales. La « GPA» n’est effectivement pas un traitement tout court. Notons aussi que sa légalisation dans certains pays met des médecins en position de renier leur serment d’Hippocrate, lequel dit «d’abord ne pas nuire».
La «GPA» est sous-tendue par l’idée que l’enfant est un droit. Que dire sur ce point central?
Il n’y a pas de droit à l’enfant. L’utérus d’une femme n’est pas un Airbnb. Notre malheur ne justifie pas de réduire une autre femme au statut d’appartement de location. Si la souffrance de l’infertilité ou tout autre souffrance était un argument valable pour obtenir des droits sur d’autres êtres humains, on rentrerait dans une compétition victimaire. Un enfant est un devoir! Qu’on l’accueille ou qu’on l’adopte, on n’a de droit ni sur lui ni à lui, mais uniquement des devoirs. Rappelons d’ailleurs au passage que réparer un abandon par l’adoption et programmer d’arracher un bébé au ventre qui l’a porté, ce n’est pas du tout la même chose! Car, cela ne semble pas être évident pour tout le monde…
Qu’ajouter pour conclure?
Que la «GPA» est une aberration anthropologique et également une attaque contre les mères et les femmes. On est en train de décorréler sexualité et reproduction et de retirer la maternité à la mère. La Nature a voulu que les femmes mettent au monde les enfants et assurent leur survie et celle de l’espèce avec leur corps. Et maintenant, on nous dit que la vie peut naitre dans un utérus artificiel au cœur d’un labo. On s’achemine vers un totalitarisme et un bio pouvoir au sens de Hannah Arendt, c’est-à-dire qu’on veut que «l’homme soit superflu dans l’homme». On veut lui retirer sa dimension animale et humaine pour les remplacer par de la technologie. Pourtant, la liberté humaine ne consiste pas à négocier les conditions de son existence, telle que le sexe ou la grossesse, mais à voir ce que je peux faire avec ce que la réalité m’impose. quitté Paris en août pour s’installer dans la capitale vaudoise. «En Suisse, le débat sur les questions clivantes me semble se dérouler encore dans un certain respect et une écoute qu’on trouve de plus en plus rarement en France», constate-t-elle d’ailleurs d’emblée. La remarque vaut également évidemment pour le thème qui nous réunit et dont l’appellation officielle est «Gestation pour autrui» ou «GPA». C’est sur ce point d’ailleurs que s’ouvre l’entretien.
«La « GPA » est une aberration anthropologique et également une attaque contre les mères et les femmes. On est en train de décorréler sexualité et reproduction et de retirer la maternité à la mère.»INTERVIEW La psychologue clinicienne Marie-Estelle Dupont s’exprime sans détour sur la gestation pour autrui (GPA), un sujet qui continue de diviser l’opinion. Récemment installée à Lausanne, cette professionnelle reconnue en France pour ses prises de position éclairées sur des questions de société aborde les dimensions éthiques, médicales et psychologiques de cette pratique controversée. Auteure et animatrice, elle défend l’idée que le lien mère-enfant ne peut être ignoré sans conséquence. Nous l’avons rencontrée pour un entretien approfondi.
Un mensonge même asséné mille fois et gobé par une majorité, ne deviendra jamais pour autant une vérité.
Pour elle, «la GPA, c’est l’obscurantisme absolu!» Marie-Estelle Dupont a le sens de la formule qui fait mouche, mais aussi et surtout des arguments pour l’étayer. Durant la «crise sanitaire», la psychologue clinicienne parisienne de 43 ans fut l’une des premières professionnelles à s’élever contre le port du masque par les enfants à l’école. À l’époque, elle mettait en garde sur les dégâts de développement que cette pratique inutile, et la culpabilisation délétère qui la sous-tendait, entrainerait chez de trop nombreux jeunes enfants. La réalité et les années lui ont malheureusement donné raison…
La Française a le verbe haut, les idées claires et le regard fier de celles qui ne se soumettent pas facilement ni au politiquement correct ni aux dogmes sociétaux en vogue. Pour elle, un mensonge même asséné mille fois et gobé par une majorité, ne deviendra jamais pour autant une vérité. C’est notamment grâce à cette franchise décomplexée que cette professionnelle de la santé psychique s’est imposé comme une personnalité dans plusieurs grands médias français. Depuis août dernier, la Française co-anime d’ailleurs sa propre émission quotidienne de psychologie Et si on en parlait? sur Europe 1. En parallèle, celle qui est aussi auteure de quatre livres de vulgarisation et d’un cinquième de témoignage, officie comme directrice de collection aux éditions Albin Michel.
C’est dans un établissement public lausannois, où elle a ses habitudes, que la médiatique psychologue nous a accordé une interview. La fringante maman de trois enfants – un garçon de 15 ans et des jumeaux de 5 ans et demi – a en effet quitté Paris en août pour s’installer dans la capitale vaudoise. «En Suisse, le débat sur les questions clivantes me semble se dérouler encore dans un certain respect et une écoute qu’on trouve de plus en plus rarement en France», constate-t-elle d’ailleurs d’emblée. La remarque vaut également évidemment pour le thème qui nous réunit et dont l’appellation officielle est «Gestation pour autrui» ou «GPA». C’est sur ce point d’ailleurs que s’ouvre l’entretien.
«La « GPA » est une aberration anthropologique et également une attaque contre les mères et les femmes. On est en train de décorréler sexualité et reproduction et de retirer la maternité à la mère.»
Pour vous, le sigle «GPA» est déjà problématique en soi. En quoi?
Cet acronyme escamote la réalité. Le «pour autrui» relève d’un glissement sémantique manipulateur. Cette appellation génère une image positive d’une pratique consistant en réalité à louer une femme et à acheter un bébé. Sur cette thématique comme sur celle de l’euthanasie ou d’autres, les mots sont utilisés pour imposer des positionnements idéologiques. De nombreux médias suivent malheureusement sans recul et recouvrent parfois de confiture «gnangnan» et sentimentaliste des exceptions pour les maquiller en belles histoires. Malgré cela, la «GPA» reste une pratique obscurantiste, ne tenant pas la route sur les plans juridique, médical, éthique, philosophique, anthropologique et humain.
Et que dire de l’étiquetage «GPA éthique»?Lorsqu’on adosse l’adjectif «éthique» à une chose, c’est souvent précisemment parce qu’elle ne l’est pas. La dignité humaine est inaliénable et on ne peut pas dire «je loue ton utérus et je te respecte». Dès lors, il n’y a pas de «GPA éthique» possible. Cette pratique s’inscrit d’ailleurs dans un vertige de toute puissance, où l’homme veut tout contrôler de la vie à la mort. Dans une «GPA», le contrat est parfois rompu. Il arrive par exemple qu’on oblige une mère qui attend des jumeaux à avorter, car les parents d’intention ne voulaient qu’un seul enfant. C’est un esclavage moderne abject avec des femmes qui parfois se suicident après, avec des enfants qu’on n’est pas allé chercher dans des «fermes à bébé », comme cela est arrivé pendant le covid. Ces dérives sont si intolérables que beaucoup de pays inscrivent l’interdiction de la «GPA» dans leur constitution. (ndlr : le 23 août dernier, un rapport de l’Onu soulignait de son côté que la «GPA» est une violence faite aux femmes et qu’elle doit être «éradiquée sous toutes ses formes»)
Vous semble-il que les gens se laissent berner par ces « tartufferies langagières»?
Une bonne partie de l’opinion publique ne mesure pas pleinement la gravité de l’acte, par méconnaissance de la puissance des liens d’attachement existant entre un bébé et sa mère biologique. Le microchimérisme materno-fœtal nous a appris qu’on retrouve des cellules de l’enfant dans le corps de sa mère, et vice-versa, jusqu’à 27 ans après la naissance. Un bébé séparé de sa mère régule moins bien ses émotions et son stress. On ne peut pas d’un côté demander à la mère de faire très attention à ses comportements pendant la grossesse, car ils peuvent avoir des implications réelles à vie sur son bébé, et dans le même temps faire comme si arracher un nourrisson à la femme qui l’a porté pendant neuf mois n’avait aucunes conséquences… Cela n’a aucun sens, mais c’est pourtant ce que certains tentent de nous vendre avec un discours bien ficelé sur des bons sentiments pseudo inclusifs. Jusqu’à six mois, un bébé ne fait pas de différence entre son corps et celui de sa mère. Les enfants nés de «GPA» se construisent de leur mieux sur une amputation fondatrice. Mais, comme le montre le cas d’Olivia Maurel (ndrl : lire son livre choc «Où es-tu, Maman? : Le témoignage poignant d’une femme née par «GPA»», 2025, édition du Rocher), ce n’est pas anodin. Chacun a besoin de connaitre sa filiation. Sans juger les parents d’intention et en dépit de tous leurs efforts d’éducation, ne faisons pas passer pour de l’altruisme ce qui demeure de manière factuelle la location d’un utérus et la vente d’un enfant.
«Un enfant est un devoir! Qu’on l’accueille ou qu’on l’adopte, on n’a de droit ni sur lui ni à lui, mais uniquement des devoirs.»
Que dire de la violence faite aux mères dites «porteuses » dans les «GPA»?
Tout d’abord, ces femmes agissent avec un discernement qui est altéré par la misère. Elles louent leur utérus pour survivre. La grossesse est un évènement imprédictible. Parfois la mère croit s’être engagée dans un processus relativement anodin psychiquement, mais au final, elle s’est tellement investie qu’abandonner son petit à la naissance lui devient insupportable. Ces femmes sont mal vues socialement dans leur communauté. Elles sont aussi soumises à des injonctions paradoxales délétères. D’un côté, elles doivent être dévolues corps et âme pendant neuf mois au bébé, et dans le même temps ne pas trop l’investir émotionnellement. Ce «travail» implique que 24h sur 24, leur sexualité, leurs déplacements ou encore leur alimentation et leur sommeil soient comme sous contrôle de leurs «clients » et «employeurs». De plus, il y a aussi des risques pour leur santé physique. On constate en effet que des complications qui n’existaient presque plus dans des grossesses naturelles ressurgissent lors de « GPA».
Votre point de vue sur la «GPA» vous vaut-elle des problèmes?
L’insulte, la calomnie ou la tentative de disqualification font parties des risques qu’on prend lorsqu’on s’expose médiatiquement. Pour moi, le psychologue a de toute façon un devoir déontologique de rappeler certaines réalités. Et si le débat public est infiltré par de l’hystérie et des attaques de militants, c’est regrettable mais c’est finalement leur problème. Je continuerai quoi qu’il en soit à dire ce que j’ai appris, puis vérifié dans ma pratique et dans mon expérience personnelle de mère : à savoir qu’un petit bébé humain a besoin, dans la mesure du possible, de ne pas être séparé trop vite de sa mère. Quand certains militants pro «GPA» m’insultent, c’est surtout la preuve qu’ils n’ont pas d’arguments solides. Mais en réalité, dans la rue, les gens me disent surtout merci et cela me touche. Merci de remettre l’église au milieu du village. Merci de dire tout haut ce que tout le monde pense tout bas. Merci de rappeler des évidences…
Finalement, vous rappelez effectivement souvent des évidences, par exemple que la «GPA» n’est pas une réponse valable à l’infertilité…
Le néo-progressisme nous parle en permanence du bien, de l’égalité et de la tolérance. Mais il coupe l’homme de ses racines animales et de ses ailes spirituelle, et il est pourtant en train d’instrumentaliser la science pour rendre possibles des choses qui ne sont pas médicales, en les faisant passer pour médicales. La « GPA» n’est effectivement pas un traitement tout court. Notons aussi que sa légalisation dans certains pays met des médecins en position de renier leur serment d’Hippocrate, lequel dit «d’abord ne pas nuire».La «GPA» est sous-tendue par l’idée que l’enfant est un droit. Que dire sur ce point central?
Il n’y a pas de droit à l’enfant. L’utérus d’une femme n’est pas un Airbnb. Notre malheur ne justifie pas de réduire une autre femme au statut d’appartement de location. Si la souffrance de l’infertilité ou tout autre souffrance était un argument valable pour obtenir des droits sur d’autres êtres humains, on rentrerait dans une compétition victimaire. Un enfant est un devoir! Qu’on l’accueille ou qu’on l’adopte, on n’a de droit ni sur lui ni à lui, mais uniquement des devoirs. Rappelons d’ailleurs au passage que réparer un abandon par l’adoption et programmer d’arracher un bébé au ventre qui l’a porté, ce n’est pas du tout la même chose! Car, cela ne semble pas être évident pour tout le monde…
Qu’ajouter pour conclure?
Que la «GPA» est une aberration anthropologique et également une attaque contre les mères et les femmes. On est en train de décorréler sexualité et reproduction et de retirer la maternité à la mère. La Nature a voulu que les femmes mettent au monde les enfants et assurent leur survie et celle de l’espèce avec leur corps. Et maintenant, on nous dit que la vie peut naitre dans un utérus artificiel au cœur d’un labo. On s’achemine vers un totalitarisme et un bio pouvoir au sens de Hannah Arendt, c’est-à-dire qu’on veut que «l’homme soit superflu dans l’homme». On veut lui retirer sa dimension animale et humaine pour les remplacer par de la technologie. Pourtant, la liberté humaine ne consiste pas à négocier les conditions de son existence, telle que le sexe ou la grossesse, mais à voir ce que je peux faire avec ce que la réalité m’impose.
Pour vous, le sigle «GPA» est déjà problématique en soi. En quoi?
Cet acronyme escamote la réalité. Le «pour autrui» relève d’un glissement sémantique manipulateur. Cette appellation génère une image positive d’une pratique consistant en réalité à louer une femme et à acheter un bébé. Sur cette thématique comme sur celle de l’euthanasie ou d’autres, les mots sont utilisés pour imposer des positionnements idéologiques. De nombreux médias suivent malheureusement sans recul et recouvrent parfois de confiture «gnangnan» et sentimentaliste des exceptions pour les maquiller en belles histoires. Malgré cela, la «GPA» reste une pratique obscurantiste, ne tenant pas la route sur les plans juridique, médical, éthique, philosophique, anthropologique et humain.
Et que dire de l’étiquetage «GPA éthique»?
Lorsqu’on adosse l’adjectif «éthique» à une chose, c’est souvent précisemment parce qu’elle ne l’est pas. La dignité humaine est inaliénable et on ne peut pas dire «je loue ton utérus et je te respecte». Dès lors, il n’y a pas de «GPA éthique» possible. Cette pratique s’inscrit d’ailleurs dans un vertige de toute puissance, où l’homme veut tout contrôler de la vie à la mort. Dans une «GPA», le contrat est parfois rompu. Il arrive par exemple qu’on oblige une mère qui attend des jumeaux à avorter, car les parents d’intention ne voulaient qu’un seul enfant. C’est un esclavage moderne abject avec des femmes qui parfois se suicident après, avec des enfants qu’on n’est pas allé chercher dans des «fermes à bébé », comme cela est arrivé pendant le covid. Ces dérives sont si intolérables que beaucoup de pays inscrivent l’interdiction de la «GPA» dans leur constitution. (ndlr : le 23 août dernier, un rapport de l’Onu soulignait de son côté que la «GPA» est une violence faite aux femmes et qu’elle doit être «éradiquée sous toutes ses formes»).
Vous semble-il que les gens se laissent berner par ces « tartufferies langagières»?
Une bonne partie de l’opinion publique ne mesure pas pleinement la gravité de l’acte, par méconnaissance de la puissance des liens d’attachement existant entre un bébé et sa mère biologique. Le microchimérisme materno-fœtal nous a appris qu’on retrouve des cellules de l’enfant dans le corps de sa mère, et vice-versa, jusqu’à 27 ans après la naissance. Un bébé séparé de sa mère régule moins bien ses émotions et son stress. On ne peut pas d’un côté demander à la mère de faire très attention à ses comportements pendant la grossesse, car ils peuvent avoir des implications réelles à vie sur son bébé, et dans le même temps faire comme si arracher un nourrisson à la femme qui l’a porté pendant neuf mois n’avait aucunes conséquences… Cela n’a aucun sens, mais c’est pourtant ce que certains tentent de nous vendre avec un discours bien ficelé sur des bons sentiments pseudo inclusifs. Jusqu’à six mois, un bébé ne fait pas de différence entre son corps et celui de sa mère. Les enfants nés de «GPA» se construisent de leur mieux sur une amputation fondatrice. Mais, comme le montre le cas d’Olivia Maurel (ndrl : lire son livre choc «Où es-tu, Maman? : Le témoignage poignant d’une femme née par «GPA»», 2025, édition du Rocher), ce n’est pas anodin. Chacun a besoin de connaitre sa filiation. Sans juger les parents d’intention et en dépit de tous leurs efforts d’éducation, ne faisons pas passer pour de l’altruisme ce qui demeure de manière factuelle la location d’un utérus et la vente d’un enfant.
«Un enfant est un devoir! Qu’on l’accueille ou qu’on l’adopte, on n’a de droit ni sur lui ni à lui, mais uniquement des devoirs.»
Que dire de la violence faite aux mères dites «porteuses » dans les «GPA»?
Tout d’abord, ces femmes agissent avec un discernement qui est altéré par la misère. Elles louent leur utérus pour survivre. La grossesse est un évènement imprédictible. Parfois la mère croit s’être engagée dans un processus relativement anodin psychiquement, mais au final, elle s’est tellement investie qu’abandonner son petit à la naissance lui devient insupportable. Ces femmes sont mal vues socialement dans leur communauté. Elles sont aussi soumises à des injonctions paradoxales délétères. D’un côté, elles doivent être dévolues corps et âme pendant neuf mois au bébé, et dans le même temps ne pas trop l’investir émotionnellement. Ce «travail» implique que 24h sur 24, leur sexualité, leurs déplacements ou encore leur alimentation et leur sommeil soient comme sous contrôle de leurs «clients » et «employeurs». De plus, il y a aussi des risques pour leur santé physique. On constate en effet que des complications qui n’existaient presque plus dans des grossesses naturelles ressurgissent lors de « GPA».
Votre point de vue sur la «GPA» vous vaut-elle des problèmes?
L’insulte, la calomnie ou la tentative de disqualification font parties des risques qu’on prend lorsqu’on s’expose médiatiquement. Pour moi, le psychologue a de toute façon un devoir déontologique de rappeler certaines réalités. Et si le débat public est infiltré par de l’hystérie et des attaques de militants, c’est regrettable mais c’est finalement leur problème. Je continuerai quoi qu’il en soit à dire ce que j’ai appris, puis vérifié dans ma pratique et dans mon expérience personnelle de mère : à savoir qu’un petit bébé humain a besoin, dans la mesure du possible, de ne pas être séparé trop vite de sa mère. Quand certains militants pro «GPA» m’insultent, c’est surtout la preuve qu’ils n’ont pas d’arguments solides. Mais en réalité, dans la rue, les gens me disent surtout merci et cela me touche. Merci de remettre l’église au milieu du village. Merci de dire tout haut ce que tout le monde pense tout bas. Merci de rappeler des évidences…
Finalement, vous rappelez effectivement souvent des évidences, par exemple que la «GPA» n’est pas une réponse valable à l’infertilité…
Le néo-progressisme nous parle en permanence du bien, de l’égalité et de la tolérance. Mais il coupe l’homme de ses racines animales et de ses ailes spirituelle, et il est pourtant en train d’instrumentaliser la science pour rendre possibles des choses qui ne sont pas médicales, en les faisant passer pour médicales. La « GPA» n’est effectivement pas un traitement tout court. Notons aussi que sa légalisation dans certains pays met des médecins en position de renier leur serment d’Hippocrate, lequel dit «d’abord ne pas nuire».
La «GPA» est sous-tendue par l’idée que l’enfant est un droit. Que dire sur ce point central?
Il n’y a pas de droit à l’enfant. L’utérus d’une femme n’est pas un Airbnb. Notre malheur ne justifie pas de réduire une autre femme au statut d’appartement de location. Si la souffrance de l’infertilité ou tout autre souffrance était un argument valable pour obtenir des droits sur d’autres êtres humains, on rentrerait dans une compétition victimaire. Un enfant est un devoir! Qu’on l’accueille ou qu’on l’adopte, on n’a de droit ni sur lui ni à lui, mais uniquement des devoirs. Rappelons d’ailleurs au passage que réparer un abandon par l’adoption et programmer d’arracher un bébé au ventre qui l’a porté, ce n’est pas du tout la même chose! Car, cela ne semble pas être évident pour tout le monde…
Qu’ajouter pour conclure?
Que la «GPA» est une aberration anthropologique et également une attaque contre les mères et les femmes. On est en train de décorréler sexualité et reproduction et de retirer la maternité à la mère. La Nature a voulu que les femmes mettent au monde les enfants et assurent leur survie et celle de l’espèce avec leur corps. Et maintenant, on nous dit que la vie peut naitre dans un utérus artificiel au cœur d’un labo. On s’achemine vers un totalitarisme et un bio pouvoir au sens de Hannah Arendt, c’est-à-dire qu’on veut que «l’homme soit superflu dans l’homme». On veut lui retirer sa dimension animale et humaine pour les remplacer par de la technologie. Pourtant, la liberté humaine ne consiste pas à négocier les conditions de son existence, telle que le sexe ou la grossesse, mais à voir ce que je peux faire avec ce que la réalité m’impose.


Manu (ou Manou) chez les hindous, comme la « Ma » celtique ou « Ména » (devenue Menés) chez les Egyptiens, signifie « Mère ». Les Mères sont les premiers législateurs car, en effet, c’est la Mère seule qui règne et qui fait des lois dans la première famille. La racine sanscrite « Mâ » qui veut dire « mesurer », forme le mot « Mâtri » qui veut dire « Mère », et qui signifie « celle qui mesure » ou « dispense », « ce dont procède », « ce qui engendre ». Dans la langue celtique, le mot « Ma », répété, a fait « Mama ». Ce mot « Ma » a servi de racine au mot « Mère » dans toutes les langues (Mâtri, Mater, Madre, Mama, Mamoushka, Maman, 媽媽 phonétique = Mama en chinois, etc.).
L’importance du rôle joué par le « Principe-Mère » dans les premières conceptions des Hindous explique le respect religieux dont fut entourée la Femme au temps des Védas et de l’ancien Manou.
Le régime Matriarcal s’explique par ce fait que le Père naturel ne s’attache pas à la Mère et à l’enfant, ne connaît, du reste, pas l’enfant né de lui ; et l’enfant qui ne porte que le nom de sa Mère, qui est le nom de la tribu, ne connaît pas son Père, ne sait même pas qu’il en a un. En effet, les premiers rapprochements n’ayant pas eu de résultat immédiat, les hommes ne pouvaient pas se figurer qu’il pût y avoir dans leurs jeux sexuels le germe d’une conséquence aussi éloignée et aussi inattendue ; longtemps ils ignorèrent la loi de la génération, c’est-à-dire le rapport qui existe entre la cause et l’effet, et, du reste, ne s’en préoccupèrent pas ; ce n’est que dans la période que l’on peut appeler moderne, c’est-à-dire historique, que cette cause a été connue.
Dans la primitive humanité, lointaine (très lointaine), les premières naissances, qui devaient beaucoup occuper les femmes, ont laissé, dans les sciences antiques, l’empreinte de la sollicitude qui les entourait. Partout nous retrouvons l’enfant entouré de soins incessants par les « Fées », les « Marraines », les « Anges gardiens », etc. Ces préoccupations nouvelles dans la vie des femmes durent amener de grands changements dans les relations des deux adolescents primitifs. Chez la femme, ce fut l’éveil de l’amour maternel qui succéda à l’étonnement, à la curiosité des premiers moments, amour fait d’intérêt pour ce petit être qui surgissait d’une façon si imprévue et de la tendresse qui résultait, surtout, du contact intime de cette vie qui cherche l’abri maternel, la chaleur et le lait de la Mère. Ce sentiment grandissait et devenait bientôt cette affection profonde qui domine toute la vie de la Mère et lui inspire un dévouement sans borne. Quant à l’homme, il eut sans doute aussi un mouvement de curiosité, même d’intérêt et d’affection pour ce petit être que sa « sœur » naturelle venait de mettre au monde, mais cela ne l’empêcha pas de suivre les impulsions de sa nature, qui étaient autres, et, en voyant se prolonger cette préoccupation nouvelle de la Femme qui lui créait un amour dont il n’était pas l’objet, un commencement de jalousie naquit et ce fut le germe de discordes futures.
La base légitime et idéale du pouvoir de la Femme réside dans sa nature spirituelle et maternelle. Elle produit l’œuvre de la création. Elle fait naître l’enfant, elle le guide, elle le soutient, elle est la source de la lumière qui l’éclaire. En dehors de cette cause idéale, il n’en existe aucune qui légitime la domination du monde. Par la vertu de cette cause naturelle, tout enfant créé bénéficie de la nature bienfaisante maternelle, réelle, vraie, connue.
Aussi, le mot « Patar », dans le sanscrit primitif, ne signifie pas « celui qui féconde », mais « celui qui protège ». C’est le frère de la Mère. C’est pour cela que longtemps c’est lui, l’oncle, qui s’occupe surtout de l’enfant, et, quand les hommes de cette époque parlaient de la descendance, ils ne disaient pas « nos fils », ils disaient « nos neveux ». L’enfant grandissait dans sa famille naturelle, qui était sa famille maternelle, n’ayant, quand il était homme, ni responsabilité, ni charges ; donc, pas non plus cette hypocrisie née avec les devoirs factices imposés dans le monde masculiniste (suprématie du Père qui aboutira au fameux « droit paternel »).
C’est en Egypte, sous les Ptolémée, que sera établit le « droit paternel » qui donnera un coup mortel au régime maternel. C’est Ptolémée IV dit « Philopator » (« qui aime son père »), ainsi surnommé parce que c’est lui qui, deux siècles avant le Christianisme (en 222), établira le « droit paternel » par un simple décret royal, le « prostagma de Philopator ». À partir de là, la famille agnatique (paternelle) se substituera à la famille utérine (maternelle).
L’autorité brutale que l’homme a voulu exercer sur la femme et sur l’enfant, sous prétexte de paternité, a apporté le malheur dans le monde et désorganisé la famille. C’est la grande erreur sociale des temps masculinistes.
De plus, rappelons que le « mariage » tel qu’il a été institué à l’origine, c’est-à-dire la femme asservie dans une union monogame (ou plutôt monoandre, soit l’union exclusive avec un seul homme), qu’on allait bientôt appeler « con-jugale » (littéralement : « avec joug »), n’a été introduit dans les mœurs que lorsque le régime gynécocratique a été complètement détruit. L’institution sociale du « mariage » ne pouvait pas exister, dans les temps primitifs, et avant le règne de l’homme, car l’union n’était pas imposée, réglementée par des lois, mais seulement par l’amour et le libre choix de la femme éclairée par la science.
Introduit progressivement au cours des derniers siècles précédents notre ère, le système du « mariage » sera accepté et légalisé définitivement qu’avec le Droit romain et le Catholicisme.
Quand l’homme substitua la famille paternelle à la famille maternelle, quand il « vola », pour ainsi dire, une femme pour l’avoir à lui seul et la soumettre à ses caprices (rappelons que, selon la légende, l’amour à Rome s’inaugura par « l’enlèvement des Sabines »), ce fut le triomphe de tous les mauvais instincts de la nature masculine, le triomphe de sa jalousie, le triomphe de son instinct despotique, le triomphe aussi de sa paresse, car il se fit servir par celle qu’il choisissait. Il s’affranchit du même coup de la loi morale et, en même temps, de l’obligation du travail ; il exerça sur les enfants une domination despotique qui les terrorisa, et, par là, provoqua dans le monde la ruine de la vraie famille, la terreur des faibles et le désordre économique. Ce fut le premier mot de l’isolement moral, de l’abandon des impuissants, des vieux, des inutiles, le malheur de tous.
Qu’elle est loin déjà, la brillante civilisation matriarcale de l’Inde, de l’Egypte, de la Celtide, qui avait été l’œuvre grandiose de la Femme divine !
Profitons de ce « passage » en Égypte pour rappeler que le grand révolutionnaire qui bouleversa l’Egypte (vers 1350, dit-on, mais c’est une date incertaine) est Ramsès II que les Grecs appelleront Sésostris (Ramsès est un nom masculin, il signifie « disciple de Ram ») ; le nom de « Sésostris » fut formé de celui de sa Mère, Séti/Seth (Seth est le nom masculinisé de la Reine Séti), que les Grecs mirent au masculin, « Sethos », suivi du chiffre « tris » (trois). Seth, ou Seti, a une légende entourée de merveilleux, mais les historiens mettent son nom au masculin naturellement. C’est après le règne de Séti que commencent les luttes séculaires soutenues pour établir un pouvoir nouveau, celui de la force, dans un pays qui voulait garder ses anciennes institutions.
Précisons que Séti est représentée par la Reine du jeu d’échecs, inventé à cette époque. L’homme, c’est le Roi du même jeu, son pouvoir est limité.
Le Droit Maternel n’est pas l’apanage d’un peuple ou d’une race, mais régit toute une époque et est déterminé par l’uniformité des mêmes lois primitives.
Rappelons ces vers d’un poème intitulé l’Amour fraternel, inséré dans le Chi King (3ème Livre sacré des Chinois) :
L’union affectueuse entre la femme et les enfants
Est semblable à la musique du luth et de la harpe ;
Lorsque la concorde règne entre les frères,
L’harmonie est délicieuse et durable.
C’est la famille matriarcale, sans l’intervention du père, qui, alors, ignorait sa paternité.
Concluons ce long commentaire en empruntant ce court extrait à l’ouvrage de Marie de Flavigny, Comtesse d’Agoult, « Esquisses morales » :
« La maternité est une révolution dans l’existence de la femme, et c’est le propre des révolutions de susciter toutes les puissances de la vie. Il faudrait supposer une bien complète déchéance pour qu’en cette crise douloureuse de la nature créatrice la femme ne sentit pas l’enthousiasme du dévouement palpiter dans son sein. Le premier vagissement de son enfant est l’oracle qui lui révèle sa propre grandeur ; et le fer qui détache de ses flancs une créature immortelle en qui elle se voit revivre la détache du même coup des puérilités et des égoïsmes de sa jeunesse solitaire. Cette rude étreinte des forces génératrices, ce labeur étrange imposé à sa faiblesse, ces espérances, ces angoisses, ces effrois inouïs qui l’oppressent, l’exaltent, et éclatent en un même gémissement ; puis cette convulsion dernière à laquelle succède aussitôt le calme auguste de la nature rentrée dans sa paix après avoir accompli son œuvre suprême, tout cela n’est point, comme on l’a dit, le châtiment ou le signe de l’infériorité de tout un sexe. Loin de là ; cette participation plus intime aux opérations de la nature, ce tressaillement de la vie dans ses entrailles, sont pour la femme une initiation supérieure qui la met face à face avec la vérité divine dont l’homme n’approche que par de longs circuits, à l’aide des appareils compliqués et des disciplines arides de la science. »
NB : Quand on élève un enfant, pas quand on l’éduque, mais quand on « l’Élève », ce qui n’est pas la même chose, la femme doit faire le travail « Intérieur » et l’homme le travail « Extérieur ».
C’est la femme qui créée toute la spiritualité chez l’homme, toute la réflexion intérieure ; l’homme prend l’enfant, l’amène dans le monde, et lui fait voir ce qu’il y a à l’extérieur.
Si l’on regarde dans la langue des Oiseaux, et que l’on écrit les mots « HOMME » et « FEMME », la première chose que l’on constate, c’est qu’il n’y a que les deux premières lettres qui changent.
Le « M » veut dire « la Création » et le « E » c’est « le Monde ». Les lignes horizontales figurant, de bas en haut, dans la lettre E, c’est d’abord le matériel, puis le spirituel et enfin le divin, toutes trois reliées à une ligne verticale représentant l’Unité. C’est pour ça que le E c’est le Monde. D’ailleurs, si l’on retire la « matière » du E (du monde), il reste le « F », le « Feu ».
Donc, ça veut dire que la Femme, c’est le « F » (le « Feu ») et le « E » (le Monde). Donc, c’est la Femme qui amène le Feu dans le Monde, c’est-à-dire l’Esprit, le « Spiritus ». C’est pour ça que la Femme est toujours l’intercesseur entre les hommes et les Dieux.
Aussi, quand l’homme s’est rendu compte que c’était un pouvoir, il l’a pris pour lui. Mais à l’origine, ce sont les femmes qui sont l’intercesseur, voire les Vesta, les Pythies, etc.
Dans le mot « HOMME », le « H » c’est l’Équilibre et le « O » c’est le Corps et l’Esprit ; l’élément O est le corps dans la totalité.
En conclusion, le principe est le suivant :
« FE » c’est la Femme qui fait descendre le Feu (F) dans le Monde (E) ;
« HO » c’est l’Homme qui récupère ce Feu, fait l’Équilibre (H), et grâce à son Corps et son Esprit (O), le met dans la Matière.
Autrement dit : dans le Monde, la FEmme amène le « Feu » et l’HOmme « a chaud ».
(…)
On attribue à Paul Diacre la composition de l’hymne chrétienne Ave Maris Stella et de l’hymne de saint Jean-Baptiste : Ut queant laxis resonare fibris.
C’est à partir de la première syllabe de chacun des six premiers hémistiches de cette œuvre qu’au XIème siècle Guido d’Arezzo nommera les notes de Ut à La pour son système de solmisation :
UT queant laxis (Que tes serviteurs chantent)
REsonare fibris (D’une voix vibrante)
MIra gestorum (Les admirables gestes)
FAmuli tuorum (De tes actions d’éclat)
SOLve polluti (Absous des lourdes fautes)
LAbii reatum (De leurs langues hésitantes)
Sancte Iohannes. (Saint Jean)
La note SI, qui est composée des deux initiales du dernier vers de l’hymne, Sancte Iohannes, ne sera ajoutée qu’à la fin du XVIe siècle.
Paul Diacre avait conçu la gamme musicale avec pour point de départ non pas la syllabe DO (Dominus pour Jésus), mais UT, point de départ de l’homme tel qu’il est né de la femme dans toute son imperfection. Il choisit ainsi la syllabe UT, du mot Uterus, organe de la gestation, précisément pour souligner la condition imparfaite, commune à tous les fidèles comme à tous les hommes, afin de les orienter sur les traces de saint Jean, au sujet duquel Jésus a dit : « en vérité je vous le dis, parmi ceux qui sont né de femmes, il n’en est point paru de plus grand que Jean-Baptiste ». Ainsi, UT (Uterus) symbolise la porte de la naissance selon la chair, et SI la porte de la deuxième Naissance, celle selon l’Esprit, sans laquelle l’homme ne peut pas voir le royaume de Dieu. La gamme ascendante de Paul Diacre comprend donc une octave de régénération, allant de la naissance sur la terre à la naissance dans les cieux.
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