Sexe et déconstruction : analyse d’une idéologie progressiste

Par François Dubois

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François Dubois est ex-gradé de la Gendarmerie nationale, officier de police judiciaire, instructeur et formateur de formateur dans les écoles de Gendarmerie. Dans son livre « Alice au Pays de Lucifer » publié chez KA’éditions, il analyse les dimensions philosophiques et théologiques du périple épique d’Alice et livre une véritable autopsie des paraboles auxquelles elle va se heurter, dévoilant par la même occasion, les mécanismes de l’inversion des valeurs qui mettent en péril notre société.

Pourquoi faire de la sexualité une question idéologique ?

L’inclination actuelle de notre société à ne se construire qu’au travers des idéologies est symptomatique d’un totalitarisme naissant.

Une idéologie est un système prédéfini d’idées, appelées aussi catégories, à partir desquelles la réalité est analysée. De fait, elle ne peut être que subjective et n’exprimer qu’un point de vue déformé par les prismes du postulat et de la catégorisation. L’idéologie, dont les fondements reposent sur l’opinion, impose une logique de système ; elle offre une réponse sociétale aux problèmes des hommes, réfutant l’idée que ces derniers ne puissent guider leur conduite qu’en fonction d’une morale émanant d’un ordre immuable.

Par conséquent, l’idéologie favorisera la prééminence du droit positif sur le droit naturel. Aussi privilégiera-t-elle l’exercice du droit comme un principe extérieur découlant de la seule volonté de l’Homme, le droit positif étant un droit sociétal qui évolue au gré des mœurs.

Le droit naturel n’est pas incompatible avec la mise en œuvre d’une idéologie, mais il peut s’en retrouver fortement fragilisé. Son exercice induit l’existence de règles qui, dans une logique d’appartenance à l’humanité, sont préalablement acquises et immuables, relevant d’un caractère parfois immanent (lié à la nature inhérente, universelle et inaltérable d’un être, laquelle est impossible à modifier), parfois transcendant (qui suppose un ordre de réalités supérieures à la seule volonté humaine, lesquelles sont impossibles à remettre en question).

Le droit naturel duquel découlent, par exemple, les droits à la vie, à la santé, à la liberté ou encore à la propriété peut donc être envisagé comme un frein majeur au totalitarisme qui, le plus souvent, utilise l’idéologie comme moteur de destruction de ces acquis (nous subissons actuellement les conséquences de cette attaque du droit naturel [1].

Il est paradoxal de constater que l’idéologie encourage souvent celui qui l’adopte à se sentir libre, car le subjectivisme qu’elle autorise lui permet de prendre des libertés qui ne seraient pas permises par des déterminismes auxquels il devrait se conformer. Par essence, l’idéologie a tendance à se soustraire à la morale et à la vertu, car elle cherche exclusivement à résoudre les problèmes de l’humanité sur le plan social.

En ce sens, le totalitarisme pourra exploiter cette flexibilité que lui offre l’idéologie qu’il promeut, puisque cette dernière le libère des contraintes d’un ordre de réalités supérieures, susceptibles de brider ses modes d’action.

La liberté de construction intellectuelle qu’offre l’idéologie, parce qu’également sujette au rejet des réalités objectives, est de facto constitutive du « terreau psychotique » dans lequel se développe l’adhésion des masses, bernées par le spectacle.

En d’autres termes, pour exercer sa mainmise, le totalitarisme s’enrobe toujours d’une narration spectaculaire, et l’idéologie est le mécanisme intellectuel qui institutionnalise son spectacle. Ce dernier, par l’illusion qu’il entretient, écarte parfois le spectateur du réel au point de le faire basculer dans la psychose. Voici pourquoi l’idéologie est invisible pour celui qui la partage : elle fonde sa façon de voir le monde.

Notre sexualité ne déroge pas à cette règle, et le sexe, en général, est désormais à considérer comme une nouvelle catégorie du prisme idéologique progressiste par lequel notre perception du réel se retrouve altérée.

La question du sexe reste un pilier dans le rapport qu’entretient l’humain avec la vie et sa construction. Inter-sectionnelle, la sémantique de la sexualité permet à l’idéologie progressiste d’infiltrer subtilement les champs sociologiques, théologiques, anthropologiques, philosophiques, psychologiques, ainsi que celui du droit qui en est un mode d’expression.

L’idéologie progressiste utilise le sexe comme un outil pour influencer nos habitudes de consommation, remettre en question les déterminismes sociaux, altérer la perception de l’homme quant à sa place dans le monde et déformer sa perception de la réalité.

Un degré considérable d’influence qui explique l’impérieuse nécessité pour le progressisme de faire de la question de la sexualité une question idéologique centrale. Si la nature idéologique de la question sexuelle est trahie par sa surreprésentation médiatique, ce seul argument n’est pas suffisant pour comprendre les objectifs de sa théorisation en idéologie.

De manière plus pragmatique, il est important de comprendre l’objectif caché derrière les manifestations spectaculaires telles qu’un transsexuel exhibant fièrement une fausse poitrine à la Maison-Blanche, une chanteuse comme Héloïse Adélaïde Letissier, connue sous les noms de « Christine and the Queens » ou « Redcar », déclarant qu’elle souhaite être appelée « chanteur », une campagne publicitaire mettant en avant la notion de pénétration douloureuse, un spectacle d’écosexualité organisé par la mairie de Lyon, ou encore une manifestation LGBTQIA+ où des esclaves sexuels dénudés et encagoulés simulent un acte sexuel devant des enfants innocents passant par là.

Société hypersexualisée : derrière le spectacle et le faux sans réplique existe une réalité marchande !

L’hypersexualisation de la société occidentale est concomitante au besoin d’expression de liberté (libertarianisme), dont le capitalisme s’est servi pour promouvoir le libéralisme économique durant la guerre froide. De l’essor du mouvement hippie dans les années 60-70 en passant par la dépénalisation de l’homosexualité (loi Badinter de 1982), puis par l’émergence de « l’icône gay » dans ces mêmes années 80, on observe, durant cette période, un accroissement des phénomènes libertaires concomitant avec l’exercice d’un libéralisme économique de plus en plus débridé.

Si la pratique de l’homosexualité a toujours existé, sa pratique, en revanche, érigée en représentation spectaculaire (au sens médiatique) et surreprésentée comme la promotrice de l’égalitarisme, a été propre aux sociétés dites progressistes, laïques et modernes. Cette surreprésentation a eu vocation à fabriquer une acceptation consentie de cette pratique, afin qu’elle puisse rallier le sens commun. L’homosexualité a impliqué un changement radical du rapport à l’autre. Il s’agit alors d’aimer l’autre non plus parce qu’il est un autre, mais parce qu’il est un « même autre ».

Cette projection narcissique, qui était autrefois marginale et est maintenant présentée par l’idéologie comme centrale au sein du groupe, s’ajoute à une société qui, en parallèle, a progressivement privilégié l’avoir au détriment de l’être, ne se définissant plus que par l’apparence. Elle ne peut, par conséquent, que représenter une valeur importante pour le culte du marché narcissique, pour ne pas dire qu’elle en est une des expressions les plus prononcées.

Aussi existe-t-il un lien entre le porno, dont l’étymologie provient du grec porné, nom dérivé du grec pernemi,qui signifie « vendre », et ce culte du marché narcissique dont la surexposition spectaculaire et hypersexualisée de l’univers LGBTQIA+ est l’expression.

Cela explique en partie pourquoi les codes de la pornographie sont omniprésents dans les représentations spectaculaires de ces communautés. Comme je l’ai expliqué en début d’article, la logique subjectiviste d’une idéologie autorise, de surcroît, à se dispenser de la morale et de la vertu.

Ce monde du « paraître », commandé par un rapport narcissique à la société capitaliste marchande, contribue dans le même temps à entretenir l’illusion spectaculaire qui le renforce, créant chez ses détracteurs un terrible sentiment d’impuissance. Guy Debord disait du spectacle la chose suivante : « Le spectacle institutionnalise le faux sans réplique et l’illusion qu’il entretient comme l’affirmation omniprésente du choix déjà fait par le consommateur dans la production et de sa consommation corollaire. »

Il découle de cette analyse que l’hypersexualisation de la société est un symptôme du matérialisme croissant qui vide les êtres de leur substance spirituelle, les conduisant petit à petit vers la réification. Cette hypersexualisation se manifeste par la vulgarité pornographique de certaines tenues portées par la communauté LGBTQIA+ lors de ses manifestations, ou encore de celles portées dans la rue par certaines (trop) jeunes filles a priori hétérosexuelles. Aussi peut-on en déduire que ce n’est pas l’orientation sexuelle qui est le moteur de l’hypersexualisation de la société, mais bien le rapport désincarnant au matérialisme, à l’apparence et à la consommation. Nous observons ici un bouleversement anthropologique majeur conduit par cette idéologie. A contrario, les individus croyants et/ou pratiquants, plus centrés sur la spiritualité, ne répondent pas à ces codes.

Comme je l’expliquais dans mon précédent article, l’idéologie progressiste, pilotée, entre autres, par Davos, veut nous conduire à un néo-collectivisme, dont la finalité est de spolier nos richesses [2]. Paradoxalement, le néo-collectivisme se base sur une fragmentation des individualismes qui doit nous conduire au lissage sociétal compatible avec le mondialisme.

Certaines catégories d’individus ne dérogent pas à la règle. Les transsexuels, autrefois sociologiquement déviants, sont actuellement mis en avant par l’idéologie progressiste, allant jusqu’à faire la promotion de l’idéologie transgenre dans les écoles. Nous sommes ici confrontés à une situation parfaitement clivante en lien avec la protection de l’enfance. Comment juger l’initiative d’adultes qui interviennent à l’école pour expliquer aux jeunes enfants, qui n’ont pas encore atteint la puberté et qui ne connaissent rien de la sexualité, les choix d’orientation sexuelle ? Dans le cas présent, chez ces hommes, souvent grossièrement grimés en femmes, parfois assistés dans leur démarche par des interventions chirurgicales calamiteuses, l’utilisation de la déviance sociologique comme outil de fragmentation sociale est prégnante. L’étiquetage social au sens de Howard Saul Becker [3] prend ici tout son sens : il s’agit d’un biais cognitif dit « effet d’étiquetage » selon lequel les individus tendent à se conformer aux jugements qu’on plaque sur eux en adoptant des marqueurs sociologiques (tenue vestimentaire, maquillage, marques de vêtements spécifiques, ou tout autre symbole) ; ces individus reviendront difficilement dessus, car toutes leurs actions ultérieures seront alors sous l’influence de ces jugements. Ces revendications codifiées les enferment dans un cercle vicieux ou vertueux, créant une situation où ils se trouvent pris au piège et où ils s’identifient mutuellement. L’étiquetage social permet ainsi au déviant de se communautariser en suscitant soit l’adhésion, soit la répulsion. Dans sa logique paradoxale (ordo ab chaos), le néo-collectivisme davosien se nourrira de cette fragmentation en instrumentalisant les minorités actives et les communautarismes (qu’ils soient acceptés ou rejetés) pour toujours finir par rebondir en dernier lieu sur l’expression de besoin d’un vivre-ensemble globalisant.

L’idéologie transgenre et la déconstruction utile au néo-collectivisme :

L’idéologie transgenre, transcendance d’un idéal égalitariste absolu, est un conditionnement psychique qui transforme notre rapport à l’appropriation de l’identité. Ainsi, la question de l’appropriation de la propriété de l’identité ne doit plus être consubstantielle à une réalité biologique immanente, mais se doit désormais de découler d’un choix fantasmatique et, par voie de conséquence, dénué de repères matériels entretenant un ancrage avec le réel.

L’homme, ayant naturellement peur du vide, est alors amené à combler cette absence de repères par le recours à des artifices physiques qui lui serviront de marqueurs dans sa réalité subjective. Ici encore, l’expression du consumérisme est omniprésente. Elle renvoie au culte du marché narcissique. Il s’agit d’une opportunité très lucrative pour le marché qui peut proposer des solutions hormonales et chirurgicales de « transitions » extrêmement onéreuses.

L’idéologie transgenre va donc modifier notre perception du droit, en tuant la légitimité que nous conférait autrefois le droit naturel et en allant jusqu’à bouleverser anthropologiquement notre rapport à l’appropriation de notre identité au profit d’un subjectivisme qui, une fois profondément ancré dans nos psychés, nous incitera à relativiser notre rapport à la propriété en général.

Supprimer la propriété est un des objectifs majeurs de l’idéologie progressiste du « néo-collectivisme davosien ». Il existe une convergence des catégories idéologiques (transgenre, écologie, etc.) qui, sous l’impulsion d’une idéologie globale progressiste, entend nous conduire vers la dépossession. En témoigne l’émergence de l’écosexualité (ou écologie sexuelle), fusion récente qui s’opère entre la sexualité et l’environnement, domaines a priori sans points communs. En réalité, l’écosexualité catalyse deux axes idéologiques qui convergent vers cet objectif commun de dépossession [4].

Et c’est bel et bien par la révision des modes d’appropriation que le progressisme entend déstructurer les individus pour les rendre ainsi malléables à souhait. Dans un monde privé d’une légitimité que lui conféraient autrefois les déterminismes biologiques, l’enfantement naturel se voit également remis en question. Par conséquent, concevoir le fait qu’un enfant puisse provenir d’un ovule, qui serait mis dans le ventre d’une « porteuse rémunérée » et qui serait ensuite acheté par un couple dans un autre pays, relève d’un délire de toute-puissance consumériste, dont le fondement repose sur la levée de l’ensemble des contraintes biologiques fondamentales, au nom d’un principe de liberté et d’un égalitarisme absolu.

Dans le passé, la structure d’un groupe humain reposait sur les actes hétérosexuels qui étaient essentiels pour la reproduction de la vie et la survie de l’espèce. Ces actes assuraient la continuité du groupe et contribuaient à son évolution. Cependant, de nos jours, il est évident que la marchandisation du corps et de la création a remplacé les lois naturelles, entraînant la disparition de ce qui était autrefois notre réalité.

Le marché ayant redéfini le réel, ce dernier n’existe plus, car il a cédé sa place à une conception imagée dans laquelle les individus demandeurs incarnent un rôle de « parent un » et de « parent deux » au sein d’une famille qui est le fruit d’une construction fantasmée, parce que reproductive de la famille biologique hétérosexuelle. Il y a là quelque chose de profondément malsain, car la confusion du réel avec l’imaginaire est la définition même de la psychose. Il s’agit d’une profonde déconstruction de la définition biologique même de l’être humain, qui se pose comme le préalable nécessaire à l’acceptation du transhumanisme et de la réification.

Spectacle écosexuel dans les jardins publics lyonnais, campagne publicitaire sur le thème de la pénétration, ministre de l’Éducation nationale qui promeut l’idéologie transgenre à l’école : l’hypersexualisation de notre société est omniprésente, et surtout essentiellement exposée à nos enfants (public cible), car influençable à souhait. Notre gouvernance entend ici pouvoir formater les esprits et créer chez eux le schisme indispensable au rejet du modèle familial traditionnel qu’ils expérimentent encore dans leur quotidien. Le patriarcat a été sévèrement attaqué et affaibli, et il convient maintenant de terminer cet ouvrage destructeur en déstructurant ce qu’il reste de la conception de la famille traditionnelle. S’attaquer aux enfants, c’est modifier l’inconscient collectif de demain !

Derrière cette volonté manifeste d’atomisation de la famille se cache une ambition déstructurante de déracinement de l’individu. Si on parvient à retirer des esprits que la famille est le fruit d’une construction biologique émanant de l’union d’un homme et d’une femme, tout en instillant l’idée qu’un homme peut-être une femme et inversement, alors c’est la fin de la généalogie conventionnelle. L’arbre familial qui, naguère, faisait l’histoire est aujourd’hui tronçonné par l’idéologie progressiste.

Prenons l’exemple hypothétique d’un enfant né d’une mère porteuse ukrainienne (ayant souhaité conserver son anonymat) qui sera adopté, après moult tractations financières, par un « parent un », homme, et par un autre « parent deux », homme transformé en femme, mariés de leur état, le tout, sans que son genre ne soit mentionné à sa naissance dans son état civil (ce qui est parfaitement envisageable dans un futur plus ou moins proche). Cet enfant, lorsqu’il sera adulte, sera beaucoup moins enclin à se sentir attaché par ses racines à un État-nation ayant fait l’histoire. Venu au monde dans un univers qui serait devenu normé de façon à découler d’une construction aussi subjective qu’artificielle, qui lui laisserait par ailleurs l’opportunité de s’inventer son propre genre, cet enfant serait sans doute prédisposé à développer un syndrome d’hubris [5] des plus compatibles avec les attentes consuméristes du système qui l’a engendré. Mentionnons que cet exemple exclut bien évidemment le schéma de l’adoption traditionnelle dans une famille hétéronormée, pour ne se concentrer que sur les conséquences de la généralisation d’un phénomène devenu idéologique, marchand et anthropologiquement bouleversant.

Cet exemple repose pourtant sur la reconstitution inconsciente par un couple homosexuel transgenre du schéma de reproduction d’un couple hétérosexuel attiré par des différences biologiques complémentaires à vocation reproductive… Cependant, ce dernier paramètre n’étant plus déterminant pour justifier l’union entre deux êtres, nous sommes en droit de nous demander quelle illégitimité aurait à ajouter « un parent trois » ou « un parent quatre » à la « famille » ? Aussi voit-on déjà émerger des articles relatifs au « trouple » ou au « polyamour » dans la presse mainstream.

Une « tabula rasa » [6] qui met en perspective un lissage universaliste globalisant, tueur d’histoires, que les pays prônant la multipolarité rejettent en masse. La Russie a, par exemple, réagi très explicitement en adoptant, il y a peu, un projet de loi visant à interdire les interventions médicales visant au changement de sexe et de l’enregistrement à l’état civil des changements de sexes sans interventions médicales. Évoquant la justification de cette loi, Piotr Tolstoï, l’un des auteurs du projet, fera la déclaration suivante : « […] nous préservons la Russie avec ses valeurs culturelles, ses fondements traditionnels pour nos descendants et nous créons une barrière pour empêcher la pénétration d’une idéologie occidentale anti-familiale. »

Catholicisme et idéologie transgenre

Le concile Vatican II de 1962 représente un événement majeur pour comprendre les orientations progressistes qui ont suivi. Par le biais des réformes qu’il a mises en place, il a jeté les bases nécessaires pour rendre le catholicisme compatible avec le progressisme, notamment en favorisant une réconciliation contre-productive entre le catholicisme et le judéo-protestantisme.

C’est cette Église décomplexée qui accouche aujourd’hui d’un pape appelant à soutenir l’idéologie transgenre en s’exhibant fièrement avec une écharpe arc-en-ciel sur les réseaux sociaux. Ce qui, à une époque pas si lointaine, aurait été interprété comme un signe radical d’apostasie est devenu, un concept aussi subtil que pervers.

Il existe une corrélation entre l’ouverture du catholicisme du concile Vatican II à l’universalisme mondialiste et sa main tendue au Judaïsme [7] dont les fondements reposent sur un tribalisme apatride. Pis encore, lorsqu’il brandit une écharpe ou porte une croix aux couleurs arc-en-ciel, le pape a parfaitement conscience que le symbole est double. L’arc-en-ciel, symbole de l’idéologie gay puis transgenre, est aussi le symbole du noachisme.

Le terme « noachide » fait référence aux « descendants de Noé », et le noachisme est à la fois un courant religieux dans le judaïsme et une religion à part entière pour le reste de l’humanité. D’origine talmudiste, il établit un lien entre le peuple juif, qui suit la Torah avec ses six cent treize lois de Moïse, et les non-juifs, qui ont le choix de suivre les sept lois noachides (ce qui les fait considérer comme les justes des nations selon Maïmonide) [8]. Le peuple juif est considéré comme le peuple prêtre dans ce contexte.

Dans le noachisme, l’arc-en-ciel est le symbole de l’Alliance entre Dieu et l’humanité, en référence à l’échange entre Dieu et Noé tel que décrit dans la Genèse 9, 8-13 : « Dieu dit encore : “Voici le signe de l’alliance que j’établis entre moi et vous, et avec tous les êtres vivants qui sont avec vous, pour les générations à jamais : je place mon arc dans les nuages, et il sera le signe de l’alliance entre moi et la terre.” »

Relevons ainsi la structure contractuelle du noachisme, à vocation universaliste, qui le prépositionne idéalement comme l’alliance illicite, décrite par Saint Jean dans Apocalypse 17, qui s’est instituée entre les peuples (symbolisés par les eaux) et la grande prostituée, afin de les détourner de la foi réelle [9]. Une religion universelle fédératrice est la clé sans laquelle le mondialisme ne peut aboutir. Mais quand on évoque le sujet du noachisme, il ne s’agit pas non plus de la foi en Dieu. Alors que les sept commandements noachides prohibent l’idolâtrie, la foi en Dieu, implicite, n’est jamais explicitement imposée. De fait, il existe une convergence réelle avec l’idéal laïcisant actuel, tout comme il existe une mystique de la laïcité, cette dernière étant historiquement le fruit d’une pensée dont les fondements sont ésotériques [10].

Enfin, c’est de ces branches ésotériques, telles que la franc-maçonnerie, que découlent les concepts d’égalitarisme et de laïcité qu’est née l’entreprise de destruction du mariage. François Hollande, premier président français en exercice à avoir visité officiellement le siège du Grand Orient de France, institue le mariage homosexuel, qui vient complémenter le PACS mis en place en 1999 sous le gouvernement Jospin.

On retrouve ici la notion d’alliance illicite parce que privée de sa dimension spirituelle au profit d’une dimension exclusivement contractuelle, donc matérielle. Le mariage devient désacralisé, un mariage homosexuel ne pouvant pas être célébré par l’église catholique, il ne se réduit plus qu’à la signature d’un contrat suivie d’une célébration païenne.

Un rituel instrumentalisé par la société du spectacle qui, dans sa grande logique consumériste, a fini par mettre en scène à la télévision des compétitions entre mariages afin de sélectionner quelle sera la démonstration matérielle la plus ostentatoire et la plus esthétique à récompenser par de l’argent ou un voyage.

L’idéologie transgenre et l’hypersexualisation de la société, promues par le progressisme, sont perçues comme des éléments infiltrés du totalitarisme mondialiste. Elles représentent peut-être la plus vaste entreprise de déconstruction de l’humanité jamais entreprise jusqu’à présent. Si personne ne s’y oppose, elles risquent d’entraîner des bouleversements anthropologiques profonds et sans précédent à une échelle considérable. En plus de nous priver des fondements qui nous construisaient en tant qu’individus, le « transgénérisme » et l’hypersexualisation nous vident également de l’essence qui nous rend des êtres spirituels, en allant jusqu’à remettre en question la transcendance sacrée, noble et spirituelle de l’amour entre deux individus…

Sous couvert d’égalitarisme laïcisant, le progressisme distille un poison avilissant qui nous mène tout droit vers une radicalisation des rapports d’exploitation régis par le capital et encouragés par le culte de la marchandise, faisant de nous des êtres désincarnés et psychotiques, outils marchands déconnectés du réel et du sens moral. Son idéologie nous conduit de fait à la grande entreprise de spoliation des peuples avec comme objectif un lissage sociétal et religieux universalisant, pendant indispensable à la mise en œuvre du modèle économique néo-collectiviste et d’une gouvernance mondiale.

Bien que nous combattions par tous les moyens cette idéologie, il est probable que le monde occidental ait besoin d’une aide extérieure salvatrice pour vaincre la menace de la Bête.

ADJ (e.r.) François Dubois

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Notes du texte :

[1] et [2] Les objectifs de l’attaque du droit naturel au profit du droit positif sont expliqués dans mon précédent article, de même que la spoliation organisée par le néo-collectivisme : https://strategika.fr/2023/05/22/davos-vers-la-revision-de-lappropriation-et-du-droit-de-propriete-francois-dubois/

[3] Howard Saul Becker est un sociologue américain né le 18 avril 1928 à Chicago dans l’Illinois. Il est un des héritiers de la tradition de l’École de Chicago et s’inscrit ainsi dans le courant de l’interactionnisme symbolique.

[4] Le narratif du domaine environnemental doit nous conduire à la dépossession des ressources naturelles disponibles et à l’accélération du transfert de nos richesses vers les grandes entreprises multinationales. Ainsi deviendra-t-il de plus en plus compliqué et réglementé de posséder son propre potager, d’arroser ses plantations ou d’élever soi-même ses poules (ce qui est un non-sens écologique). L’eau est objet de spéculations financières en devenir. 

[5] Les personnes atteintes du syndrome d’hubris ont un comportement orgueilleux et une vision du monde caractérisée par la démesure et la toute-puissance. Leur penchant de mégalomane prend racine dans un profond besoin d’être reconnu et admiré.

[6] Concept philosophique controversé, notamment par la psychologie évolutionniste, selon lequel l’esprit humain naîtrait vierge et s’imprimerait par la seule expérience.

[7] Aussi, le concile a déclaré que l’on ne pouvait attribuer, « ni indistinctement à tous les Juifs vivant alors ni aux Juifs de notre temps », la responsabilité de la mort du Christ aux Juifs de l’époque ou aux Juifs contemporains. Cette affirmation vise à rompre avec l’antisémitisme religieux historiquement nourri par cette thèse. Le concile a également exprimé sa désapprobation vis-à-vis des haines, des persécutions et de toutes les formes d’antisémitisme, soulignant que ces actes condamnables ont été perpétrés contre les Juifs, quelles que soient l’époque et les personnes impliquées, y compris des chrétiens.

[8] Moshe ben Maïmon, plus couramment connu en français sous le nom de Moïse Maïmonide, est un rabbin séfarade du xiie siècle, né à Cordoue le 30 mars 1138, et mort à Fostat, le 13 décembre 1204, considéré comme l’une des plus éminentes autorités rabbiniques du Moyen Âge.

[9] Pour plus de détails sur les symboles relatifs à la grande prostituée, je vous renvoie à mon ouvrage Alice au pays de Lucifer publié chez KA’ Éditions, pp. 258 à 262.

[10] Youssef Hindi Mystique de la laïcité, publié chez Sigest.

2 pensées sur “Sexe et déconstruction : analyse d’une idéologie progressiste

  • 28 juin 2023 à 8 h 20 min
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    LE PÉCHÉ ORIGINEL : L’homme subit, par cela seul qu’il naît homme, les conséquences d’un ordre de choses contre lequel, pour se sauver lui-même, il doit lutter.
    « L’homme est un Dieu tombé qui se souvient des cieux », dit Lamartine.
    La déchéance est certaine, elle suit la faute dont les conséquences pèsent, non seulement sur l’homme coupable, mais sur toute sa descendance. Cette condamnation contre laquelle les modernes protestent et qui leur semble une injustice absurde, est le résultat de l’hérédité. L’homme transmet à sa descendance ses facultés comme il lui transmet ses organes. S’il diminue ses conditions psychiques individuelles, il donne à ses enfants des facultés amoindries. Les rationalistes modernes disent : Chacun est responsable de ses fautes. Oui, quand ces fautes n’atteignent pas l’organisme ; mais quand la faute est de nature à modifier le fonctionnement physiologique de l’homme et à lui imprimer une tare qui est héréditaire, la faute retombe sur la postérité.
    Le péché originel (le premier acte sexuel) a diminué la valeur morale de l’homme, il a donc été une cause de déchéance pour l’humanité tout entière.
    Les conséquences premières de la chute, accumulées par la répétition de cette action dans chaque individu, à travers les générations, ont pris des proportions effroyables et mené les races à la dégénérescence finale.
    Le mystère de la « Chute » a une importance capitale, c’est le nœud de notre condition qui prend ses replis et ses retours dans cet abîme. Une preuve de plus de notre dégénérescence morale est celle-ci : L’ordre est partout, l’homme seul fait exception. L’Univers entier est ordre, l’homme seul est désordre.
    Un choc perpétuel existe entre sa raison et son cœur, entre son entendement et son désir. Quand il atteint au plus haut degré des civilisations, il est au dernier degré moral ; il s’appauvrit en idées, en même temps qu’il s’enrichit en sentiments.
    L’homme est tombé dans la conception misérable du fini, alors qu’il était né pour l’infini.
    C’est le problème fondamental, le problème humain et divin. C’est le dogme intérieur de l’humanité. Une crise terrible fermente en ce moment, parce que le dogme de la chute masque les plus grands problèmes philosophiques.
    « La métapolitique et la métaphysique du sexe offrent d’autres reflets de l’Unité primordiale antérieure et supérieure à la diversité du monde physique : ce sont respectivement la synthèse de l’autorité spirituelle et du pouvoir temporel, et le mythe de l’androgyne auquel la tradition chrétienne fait allusion par les voix de saint Luc, Saint-Matthieu et Scot Erigène. » (J. Cologne, Julius Evola, René Guénon et le Christianisme)
    NB : Tout le monde connaît la légende biblique du serpent et de la pomme, mais personne ne sait comment cette histoire a été inventée. Dans l’original du livre fameux, cette histoire n’existe pas. Elle a été introduite dans la version grecque faite deux siècles avant notre ère, on ne sait par qui, quoique l’on nous dise qu’elle fut faite par 70 docteurs, en réalité 72 (comme le nombre de grammairiens ayant révisé les poèmes homériques, œuvres originales de la déesse Hemœra), mais on préféra admettre un nombre rond, d’où son nom de Version des Septante.
    Il s’agissait de cacher sous un langage équivoque un épisode se rapportant à la vie sexuelle. L’original disait brutalement que l’ardeur sexuelle, qui régnait dans toute la nature, tourmentait les hommes. C’est de cela qu’on fera le serpent, l’esprit tentateur qui va séduire Eve et l’entraîner avec lui, vers ses œuvres basses. Mais tout cela va être retourné : c’est la femme qui sera la tentatrice, ce n’est plus l’homme, c’est elle qui va l’inviter à mordre à la pomme de luxure. Pourquoi cette pomme ? Parce que, dans le texte primitif, le péché de l’homme entraîne une déchéance morale, trouble son cerveau, l’incite au mal. Tout cela est exprimé en latin par le mot Malum. Ouvrez un lexique latin et vous verrez que ce mot signifie mal, péril, fléau, calamité, malheur, châtiment, peine ; malum habere (être puni du plaisir) ; tort, dommage, préjudice, faute, vice, pernicieux, funeste, etc. Mais, si malum veut dire tout cela, il signifie aussi pomme. « Malum punicum », grenade ; et en général graines, semence contenue dans la pomme (Malus, arbre, pommier).
    C’est sans doute parce que cette graine, sacrifiée par l’homme, a été l’origine de toutes sortes de malheurs, que Malus (pomme) est devenu le symbole de la discorde, Malum discordiæ, mais aussi la source de la Mélancolie.
    « Celui qui a été bien guidé, dit le Coran (XVII. 17), l’a été uniquement vers lui-même, et celui qui s’est égaré, s’est égaré uniquement loin de lui. »
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