Réflexions sur l’avenir de la France au jour de la Saint Louis
Source : edouardhusson.substack.com – 25 aout 2025 – Edouard Husson
Abonnez-vous au canal Telegram Strategika pour ne rien rater de notre actualité
Pour nous soutenir commandez les livres Strategika : “Globalisme et dépopulation” , « La guerre des USA contre l’Europe » et « Société ouverte contre Eurasie »
Notre pays traverse des heures sombres. Mais pourquoi perdre espoir en cette fête de la Saint Louis 2025?
La fête de la Saint Louis, le 25 août, jour anniversaire de la mort du roi capétien en 1270, coïncide avec l’anniversaire de la Libération de Paris, en 1944.
J’imagine qu’il y ait à nouveau un président de la République se préoccupant des Français et défendant leurs intérêts: le 25 août serait l’occasion d’une belle allocution, pour galvaniser nos concitoyens à quelques jours de la fin des vacances.
En fait, nous sommes à la fin d’une décade qui unit profondément l’ancienne France et la République: le 15 août, la France commémore aussi bien le vœu de Louis XIII, confiant, en 1638, le Royaume en guerre à la protection de la Vierge; que le débarquement de Provence, pour libérer le territoire par le sud, en 1944.
La France de nos rois et celle de nos chefs républicains, sont unies par la profonde continuité romaine, qui tient ensemble notre pays de siècle en siècle.
Saint Louis était, selon l’expression des juristes médiévaux, “empereur en son royaume”; et quand le Général de Gaulle parlait de la République, il pensait d’abord à la “res publica” romaine, à cet Etat, dont les Romains nous ont montré le modèle, dont l’Eglise a conservé précieusement le corpus juridique et l’a transmis aux rois capétiens. Ceux-ci ont construit l’Etat. Il leur a survécu tant les révolutionnaires se voulaient “plus Romains que les Romains”.
Notre pays va mal lorsque ses chefs trahissent l’Etat et lorsqu’est oublié l’idéal civique qui nous distingue fondamentalement du monde anglo-germanique.
https://www.youtube-nocookie.com/embed/u5_Lgly-c9U?rel=0&autoplay=0&showinfo=0&enablejsapi=0
Eloge de la Res Publica
Ce sont d’énormes sujets et je ne voudrais pas les bâcler en les abordant aujourd’hui. Mais je suis spécialiste de l’Allemagne et, plus j’observe notre grand voisin, plus je constate ce qui sépare “les Gallo-Romains” que nous sommes des “Germains”, dont la romanisation politique, civique, a été limitée. Comment ne pas être imprégné par les représentations du monde anglo-américain quand on avait trente ans en l’an 2000? Mais comment, aussi, ne pas voir tout ce qui nous sépare de la sphère culturelle anglophone; et tout ce que nous avons perdu en nous américanisant – ce qui veut dire en nous “déromanisant”.
Le citoyen de la philosophie antique ou de la Révolution française, ce n’est pas l’individu égoïste de la philosophie politique anglo-saxonne. L’unité de la cité souhaitée par Aristote ou Cicéron, c’est à l’opposé de la “lutte des classes” marxienne. La justice comme fondement de la république ne se résume pas à la séparation des pouvoirs chère aux anglomanes du XVIIIème siècle. Le cosmopolitisme des Stoïciens, ce n’est pas la mondialisation des globalistes.
Je reviendrai sur ces oppositions. Je me contente de constater, aujourd’hui, que la République française perd son âme quand elle substitue l’individualisme anglo-saxon au devoir civique cher à Cicéron. La Res Publica est bien plus que le contrat social: le citoyen a un devoir de servir et défendre sa cité, d’y participer activement à la vie publique. Vous plaignez-vous du manque de résistance des Français d’aujourd’hui à la tyrannie exercée par Olibrius Globalus Macro? Alors dénoncez l’oubli du civisme et du sens de l’Etat qui unissaient nos ancêtres par delà les changements de régime – et qui résultait d’une transmission jamais complètement interrompue, pendant vingt siècles, de la philosophie politique romaine. Un jour il me faudra analyser “1968” pour ce qu’a été ce triste événement: la tentative, dont nous récoltons les fruits amers, d’éradiquer la romanité française, d’imposer aux Français un modèle anglo-germanique utilitariste et ethnoculturel là où nos pères avaient appris le civisme et la centralité de la question sociale.
https://www.youtube-nocookie.com/embed/IrLOdv9fUGs?rel=0&autoplay=0&showinfo=0&enablejsapi=0
Remettre l’Etat sur ses pieds
La question de l’Etat ne se pose pas en France comme elle se pose dans la culture anglo-germanique. Chez nous l’Etat est inséparable de la construction de la nation. Supprimer l’Etat, c’est défaire la nation. Nous voyons bien le résultat catastrophique des “transferts de souveraineté” vers le niveau supranational de l’Union Européenne. Ou bien l’extinction lente de l’armée française, quel que soit le dévouement de ceux qui y servent, depuis que Jacques Chirac a préparé et Nicolas Sarkozy réalisé le retour dans le commandement intégré de l’OTAN.
Comme nous ne pouvons pas nous passer de l’Etat, il s’est opéré, depuis cinquante ans, un glissement pervers. Nous n’avons plus d’Etat capable de défendre la souveraineté du pays; en revanche nous avons une bureaucratie proliférante, censée protéger la société des conséquences catastrophiques de la disparition de l’esprit capétien ou gaullien, comme vous voudrez, au sommet de l’Etat. Les élites françaises se sont converties au néoconservatisme/néolibéralisme et elles ont acheté la paix sociale en France, au moins un temps, par du socialisme.
C’est le contraire qu’il faut faire! L’Etat doit remplir ses missions appelées justement régaliennes – défense, diplomatie, justice – pour qu’à l’abri de frontières bien défendues, nous puissions être libre de faire ce que nous voulons. Evidemment, il est plus facile d’acheter la paix sociale à coup d’endettement que de poursuivre une action persévérante de protection du pays contre les intérêts étrangers. C’est plus reposant de s’adonner au capitalisme de connivence que de faire comme les rois capétiens, qui combattaient les grands féodaux et savaient mettre fin aux tentatives de prise de contrôle de l’Etat par les grandes fortunes (voir Jacques Cœur ou Fouquet). Plus récemment le Général de Gaulle a montré la voie d’un Etat encourageant l’économie de marché et la compétitivité des entreprises françaises mais barrant la voie à toutes les tentatives étrangères de s’emparer des actifs de la France, de fausser la liberté du commerce ou de manipuler la monnaie.
C’est ce modèle français, profondément romain, que nous devons redécouvrir. Puisque c’est la saint Louis, prenons le temps de méditer sur l’histoire de France et reprenons espoir!
https://www.youtube-nocookie.com/embed/o9OHGcCz3sQ?rel=0&autoplay=0&showinfo=0&enablejsapi=0
Quelques réflexions sur « Saint » Louis pour l’avenir de La France.
L’idée de l’Inquisition fut conçue par le pape Innocent III. Elle n’est devenue réelle que sous l’un de ses successeurs, Grégoire IX (qui fut pape de 1227 à 1241). Proposée d’abord comme institution temporaire, l’Inquisition fut transformée en établissement régulier et permanent par le Concile de Latran en 1215 et par celui de Toulouse en 1229. C’est à Toulouse que fut établi le premier tribunal inquisitorial ; c’est l’évêque de cette ville qui le présida ; et c’est grâce à Louis IX, « Saint Louis » dit « le Prudhomme », que cette institution se créa.
XIIIème siècle : à propos des Couvents :
Depuis que le Catholicisme régnait, c’est-à-dire depuis mille ans, la Femme était traquée dans sa sexualité.
Étrange persécution d’un sexe contre l’autre ! L’homme veut la femme, il la prend même de force, et cependant, quand elle se donne à lui, elle devient un objet de mépris, de raillerie, d’infamie.
Au moyen âge, les femmes pauvres n’avaient que deux ressources : le couvent ou la prostitution. Elles y faisaient la même chose, et cependant le prêtre béatifiait les unes et damnait les autres.
Les évêques vendaient aux curés le droit d’avoir des concubines ! (Réthoré, Science et Religion, p. 322.)
Mais, si une femme se vendait elle-même, elle était la dernière des misérables. Déjà alors, ces indépendantes étaient réglementées.
Saint Louis avait parqué « les filles folieuses de leur corps » dans des bourdeaux ou clapiers qui ne s’ouvraient qu’au point du jour et ne se fermaient qu’au coucher du soleil, après le couvre-feu, « à peine de prison et amende de vingt sols ».
Dans un des clapiers de Ribauderie, les plus renommés de Paris, les rues portaient des noms qui ont beaucoup intrigué les historiens de Paris. Il y avait la rue Baille-hoë (aujourd’hui Brise-Miche), la rue Taille-pain, la rue Gratte-cœur.
Dans un journal de Paris, nous lisons : « Le bon peuple de Paris, goguenardier et paillard, ne prononçait pas les mots de Baille-hoë et de Taille-pain sans ajouter une grimace malséante.
Saint Louis fonda la maison des Filles-Dieu, colossal couvent, pour y recevoir les pécheresses qui, pendant leur vie, avaient abusé de leurs corps.
Elles allaient, vaguant dans la Cité, en criant : « Du pain pour notre Sire Jésus ».
On sait que ce monarque faisait suivre sa cour, en voyage, d’une compagnie de ribaudes inscrites sur le rôle tenu par la dame des Amours publics.
Il ne faut pas s’étonner si, dans ces conditions, l’expédition de saint Louis fut désastreuse, quoique ce saint roi ne manquât jamais de dire tous les jours l’office de la Sainte Vierge.
Heureusement pour lui, il avait une femme, Marguerite de Provence, qui, elle, était la véritable sainte ; du reste, il ne faisait rien sans la consulter. Seule, cette princesse sut trouver la rançon royale exigée pour le retour de son époux en France. Veuve, elle vainquit Charles d’Anjou qui, en son absence, s’était saisi de son duché de Provence, qu’il fut forcé de lui rendre et qu’elle gouverna à merveille.
NB : L’immense Crise des besoins humains a pour point de départ le besoin de Vérité.
Avant de pouvoir dire : Voilà ce qu’il faut, il faut pouvoir dire : Voilà ce qui est.