Echec prévisionnel de la doctrine « Donroe »

Par Jean-François Geneste

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Donald Trump a ravivé la flamme de la doctrine Monroe et nous allons voir pourquoi cela ne marchera
pas.
Commençons par une perspective historique. À l’effondrement de l’Empire romain naquirent les
royaumes européens, qui passèrent par le féodalisme et finirent par s’écrouler dans le bruit des
événements de 1789.
La révolution industrielle vint bientôt, accompagnée d’un capitalisme sauvage. D’autant plus que la loi
Le Chapelier avait interdit les syndicats et qu’il fallut attendre près de 100 ans avant que ces derniers
ne pussent se constituer (loi Waldeck-Rousseau, 1884) et encore bien timidement, car les
gouvernements d’alors n’hésitaient pas à faire donner la troupe contre les manifestants et ce n’étaient
pas, à l’époque, des Flash-Balls, mais bien des balles réelles et les morts n’étaient, hélas, pas rares.
La Première Guerre mondiale se déclencha et permit l’avènement du communisme avec la révolution
bolchevique et la création de l’URSS.
La Deuxième Guerre mondiale obligea, un temps, à rompre le cordon sanitaire qui avait été mis en
place en 1919-1920 contre cette entité géopolitique. Mais, très vite, le rideau de fer retomba. Les
États-Unis, dans le camp des vainqueurs, abordèrent donc la deuxième moitié du XXe siècle en
détenant environ 50 % de la puissance industrielle globale. C’était un privilège exorbitant, mais, d’une
certaine façon, ils l’avaient gagné.
Néanmoins, la guerre froide s’établissant, l’enjeu de la maîtrise de la planète, cher aux aventures de
James Bond, battait son plein. Le mode fut découpé, de fait, en deux factions adverses.
Quand on se gargarisait de démocratie à l’ouest, il fallait bien quand même faire un minimum. Le
capitalisme sauvage concéda donc des avancées sociales sérieuses de façon à pouvoir faire passer une
propagande importante au camp antagoniste. On vivait mieux en Occident, on y était plus libre et,
effectivement, le reste du monde nous enviait.
Mais si tout semblait bien aller, tel n’était pas toujours le cas. L’avers de la médaille était quelque peu
terni. Ainsi, l’étalon dollar-or disparut-il en 1971 avec la fameuse formule de Nixon : « le dollar, notre
monnaie et votre problème ». Et l’Occident avait désespérément besoin de cette devise pour acheter
son pétrole. Les pays qui, plus tard, voulurent le vendre autrement en ont payé le prix fort à l’instar de
l’Iraq et de la Lybie.
Néanmoins, cela ne suffisait pas. L’ennemi était l’URSS et Nixon alla donc voir Mao, pour prendre
son rival en sandwich. Accord fut passé et, même si l’Empire du Milieu eut des débuts plutôt lents,
tout cela se précipita à une vitesse incroyable jusqu’à 2014, année où, en parité de pouvoir d’achat, il
dépassa les États-Unis. Depuis non seulement l’écart continue de se creuser, mais il y a de surcroît une
accélération du phénomène.
En parallèle, dans les années 80 du siècle dernier, on donna écho aux produits dérivés que l’on autorisa
officiellement en 1987. Le casino arrivait : on pouvait parier tant à la hausse qu’à la baisse sur tous
types de biens et services, on pouvait utiliser des effets de levier énormes, etc. C’était le début de l’ère
de la finance.

Soyons clairs et simples. Au début, même malgré les déboires de LTCM, la « recette » ne pouvait que
marcher ou presque, car le monde était en croissance rapide et le cœur des transactions se trouvait dans
l’univers anglo-saxon, qui, de fait, se mit à gagner des sommes folles… En ne faisant rien !
Cela, très vite, tua la population productive occidentale qui devint un fardeau : trop payée, trop
revendicative, trop exigeante en termes de soins, de conditions de travail, etc. En bref, pas assez
« esclavagisable ». Cela se traduisit par la fermeture de très nombreuses entreprises et par des
délocalisations, pour l’essentiel, en Chine.
Dès lors, l’Ouest vivait en rentier, mais il y en avait qui étaient bien plus rentiers que d’autres, ne
pensant qu’à leurs revenus personnels au détriment de leurs concitoyens qu’ils trahissaient et
méprisaient. Cela créa alors une profonde fracture sociale qui, aujourd’hui, est béante.
Venons-en à la doctrine Monroe revue et corrigée par Donald Trump. Les choses sont extrêmement
simples. Les États-Unis ont kidnappé Nicolas Maduro, le président vénézuélien, et ont opté pour un
changement de régime. Il n’est pas complètement sûr que cela ait marché. Mais, ce qu’ils veulent
surtout, c’est bouter les Chinois hors du continent américain, lesquels Chinois ont leur projet de route
de la soie qui vise à enrichir tout le monde, étant entendu qu’ils se serviront en premier.
La doctrine américaine aurait une chance de réussir si elle était capable de promettre un avantage
social important à ses dépendances comme cela avait été le cas pendant la guerre froide. Mais cela ne
se peut. Les USA ne forment guère que des avocats et des financiers. La technologie est partie à l’est
et ne reviendra pas de si tôt. Ainsi, ceux qui seront sous le joug de l’oncle Sam dans la nouvelle
période que nous vivons n’auront quasiment aucun espoir d’avoir un sort meilleur que ceux du bloc
d’en face. Et encore est-ce un euphémisme. Il sera bien pis !
À ce propos, il n’est, a priori, pas dans la volonté chinoise de créer des blocs, mais la réalité guerrière
de Washington s’impose, hélas !
En conséquence, plus la pression de la doctrine Monroe sera forte sur le continent américain, plus
l’écart de niveau de vie va se creuser avec l’Orient et plus les peuples seront désespérés d’être mal
gouvernés. Mais les Sud-Américains ont le sang chaud. Ne doutons pas un instant que cela remettra en
selle les révolutions du passé, voire de nouvelles avec des visées autres, mais toujours ayant pour
objectif liberté et indépendance.
Ainsi, ce qu’il faut à l’Amérique, ce n’est pas une doctrine Monroe, c’est un développement
harmonieux où chacun respectera autrui. Une gageure pour Washington !
Nous terminerons par l’Europe, qui ne fait pas partie de ce jeu-là, mais qui est soumise. Là encore, les
masses voient déjà l’étendue des dégâts, et ce n’est pas fini. Reste à savoir quand les élections
arrêteront d’être truquées pour permettre des gouvernements qui auront à cœur l’intérêt de leurs
peuples. Ce n’est, hélas, plus le cas depuis très longtemps.

Une pensée sur “Echec prévisionnel de la doctrine « Donroe »

  • 2 mars 2026 à 22 h 21 min
    Permalink

    Carl von Clausewitz (1780-1831), officier général et théoricien militaire Prussien, disait : « La guerre est l’acte de violence par lequel un État veut en réduire un autre à sa merci. La politique n’est que la simple continuation de la guerre par d’autres moyens. »
    La Finance c’est l’arme. La Politique, c’est « quand appuyer sur la gâchette ».
    La guerre ne peut avoir qu’un but légitime : Défendre le Droit, faire régner la Civilisation.
    On n’a inventé le militarisme que pour soutenir l’injustice et c’est l’envahissement progressif du régime de la force qui a fait régner partout la souffrance des masses. Le militarisme a pris sa forme moderne en 1558 ; cette date est celle de l’année où fut créé le premier régiment de France. Notons cependant que c’est Charles VII, le premier, qui prit en mains le commandement suprême des compagnies de guerre et imagina la création d’une armée nationale. Les armées furent d’abord composées de simples bandes de pillards de profession, ou de vilains. Aussi, c’est à partir de Louis XIV que les hommes reçurent une solde régulière et furent appelés « soldats ». On les appelait aussi « soudards », parce qu’ils étaient « soudoyés » ; c’était un métier méprisé. Et, en effet, quoi de plus méprisable que de recevoir de l’argent pour tuer des hommes ? C’est pour réagir contre le mépris que les souverains, qui avaient besoin de troupes pour les défendre, mirent l’idée d’honneur à la place de l’idée de mépris. C’est depuis que le militarisme fut organisé que l’on vit des monarques aller jusqu’aux derniers excès dans le mal.
    De nos jours, la captation monétaire par les « Puissances d’argent » leur a permis de générer de gros conglomérats économiques. Ces « groupes d’entreprises » sont contrôlés par des personnes privées et disposent, aujourd’hui, à l’instar des souverains d’hier, de la force de canon étatique, laquelle évolue de plus en plus souvent, au rythme de la décadence étatique, en milices privées : citons la PMC (Private Military Company) « Academi » précédemment connue sous le nom de « Blackwater ». Notons que « Academi » a été renommée « Xe Services » en 2009, puis a de nouveau été appelée « Academi» en 2011. En 2014, celle-ci a fusionné avec « Triple Canopy » pour former, présentement, la société militaire privée « Constellis Holdings Inc. ».
    Le poids des PMC et ESSD (Entreprise de Services de Sécurité et de Défense), surtout anglo-saxonnes, a été croissant depuis les années 1990. Notons, cependant, qu’une organisation paramilitaire de type PMC a vu le jour en Russie en 2014 : il s’agit du « Groupe Wagner ».
    L’armée et la monnaie sont les deux mamelles de la domination de l’oligarchie mondialiste.
    NB : L’INSTINCT MASCULIN
    C’est dans l’histoire de l’évolution physiologique de l’homme que nous trouvons l’origine et la cause de la guerre.
    La lutte est d’instinct masculin.
    Si l’homme aime les combats c’est parce qu’il possède des facultés motrices qui ont besoin d’emploi. C’est pour avoir le plaisir de batailler, bien plus que pour défendre telle ou telle cause, pour venger tel ou tel affront. Le motif de la bataille lui importe peu. C’est la bataille elle-même qu’il aime et qu’il cherche. Et ce qui le prouve c’est que le pugilat est, pour lui, un jeu amusant.
    Et ne voyons-nous pas, à chaque instant, les jeunes garçons se livrer sous nos yeux à des combats qui ont les motifs les plus futiles ou qui n’ont même pas de motif du tout ? L’instinct qui les pousse est le même que celui qui pousse les animaux à se poursuivre et à se battre, sans que leurs combats, qui sont leurs jeux, aient aucun motif. Du reste, les jeux du cirque, les combats de taureaux, les anciens tournois, simulacres de guerre, et tous les jeux (surtout video aujourd’hui) qui simulent une bataille, prouvent bien que, pour l’homme, la lutte est un plaisir, presqu’un besoin.
    Donc la guerre a eu, pour principe, la satisfaction de l’instinct masculin.
    C’est lorsque les hommes vieillissent et perdent leurs facultés motrices, si exubérantes dans la jeunesse, qu’ils changent de manière de voir. Ils reviennent alors à des idées plus pacifiques, l’expérience leur a montré les conséquences désastreuses de la guerre à l’âge où la lutte n’est plus, pour eux, un besoin physiologique. Alors, seulement, ils s’aperçoivent que les batailles n’ont jamais conclu aucun différend mais en ont, au contraire, créé de nouveaux, qui restent à l’état de menace dans les nations, attendant l’occasion qui doit faire naître de nouvelles guerres.
    Supposons deux nations, ou deux hommes, se battant pour prouver, chacun, qu’ils ont raison. Après la bataille si c’est le vaincu qui avait raison ce n’est pas parce qu’il aura été terrassé qu’il aura moins raison. La victoire ne fait qu’affirmer la Force et lui donner le pouvoir en condamnant la raison même, le droit même.
    Donc l’instinct de l’homme est de condamner la raison et d’affirmer la raison.
    Chaque fois que l’homme a eu le pouvoir il s’est servi de sa puissance pour lutter contre quelque chose ; généralement contre ce qu’il venait renverser. Il aime à manifester sa force pour la faire connaitre et pour se faire craindre. Dans les petites choses comme dans les grandes, dans le petit royaume de la famille comme dans les grands Etats, l’homme fait abus du pouvoir, il blesse la raison en soumettant ceux ou celles qui la représentent à des capitulations humiliantes, à des condescendances avilissantes. C’est la force morale humiliée par la force brutale.
    Donc, la puissance qui se base sur la Force est toujours une autorité illégitime.
    Nous ne voulons pas dire, cependant, que l’homme n’est jamais raisonnable, mais il y a des moments dans la vie de tout homme où la raison est obscurcie. C’est la conséquence de ses conditions sexuelles, la passion le domine, l’instinct triomphe de la raison.
    Aussi, les conditions d’une Paix durable sont, d’abord, le rétablissement d’une Autorité morale qui fasse contre-poids aux instincts brutaux de l’homme.
    « Le progrès social ne pourra s’estimer une réalité que quand la guerre deviendra incompatible avec l’esprit des peuples civilisés, n’obéissant qu’à la loi intellectuelle, loi qui n’est autre que celle de l’ensemble des connaissances humaines, dont l’application est une exhortation perpétuelle à la Paix. » (Olga de Bézobrazow)
    Lien : https://livresdefemmeslivresdeverites.blogspot.com/2017/07/introduction-livres-de-femmes.html

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