Les Français sur la liste d’Epstein : politique, finance et lobby sioniste

Par Cyrano de Saint Saens

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La récente publication d’une grande quantité de documents liés à l’enquête du ministère
américain de la Justice sur Jeffrey Epstein a également eu des répercussions en France, où
plusieurs personnalités éminentes de la vie culturelle, politique et économique apparaissent
dans les échanges d’e-mails et les documents rendus publics. Epstein, un financier américain
déjà condamné en 2008 pour avoir recruté une mineure à des fins de prostitution et décédé en
2019 dans une prison de New York alors qu’il attendait son procès pour trafic sexuel de
mineurs, continue d’avoir des conséquences posthumes sur le réseau de relations qu’il avait
construit au fil des ans. Les autorités américaines ont réaffirmé que la simple mention d’une
personne dans les documents n’équivaut pas à une accusation et n’implique pas
automatiquement une implication dans des activités illégales. Cependant, la dimension
publique du scandale a eu des effets immédiats sur l’image et la carrière de certaines des
personnes citées.
Parmi les personnalités françaises mentionnées figurent un ancien ministre de la Culture, une
productrice de cinéma, un chef d’orchestre, un réalisateur primé au niveau international et un
ancien conseiller présidentiel de haut rang. Les documents comprennent des courriels, des
références à des réunions, des propositions commerciales, des invitations à des dîners et des
échanges d’opinions qui, bien qu’ils ne constituent pas en soi des preuves d’infraction,
dessinent un réseau de relations parfois cordiales, parfois de nature professionnelle ou
financière.
En ce qui concerne l’ancien ministre de la Culture Jack Lang, figure historique de la gauche
française et protagoniste de la vie politique depuis les années 1980, certains courriels
montrent qu’en 2015, il aurait tenté de mettre Epstein en contact avec un ami intéressé par la
vente d’une propriété dans la région de Marrakech, au Maroc. Dans un échange, un prix de
plus de cinq millions d’euros est indiqué et il est fait référence à une négociation à discuter
directement. Lang, qui a occupé des postes de premier plan dans les gouvernements de
François Mitterrand, puis sous d’autres majorités, a déclaré avoir rencontré Epstein il y a
environ quinze ans par l’intermédiaire de Woody Allen et avoir été choqué lorsque les
accusations les plus graves contre le financier ont été révélées. Malgré les pressions
politiques et médiatiques, il a d’abord exclu l’hypothèse de démissionner de la présidence de
l’Institut du Monde Arabe, poste qu’il occupe depuis plusieurs années.
La fille de Jack Lang, Caroline Lang, productrice de cinéma, a également été indirectement
impliquée dans la controverse. Selon la presse d’investigation française, Epstein aurait fondé
en 2016 une société basée dans les Îles Vierges américaines et une partie importante des parts
aurait été enregistrée au nom de Caroline Lang. Cette dernière a déclaré qu’il s’agissait d’un
projet lié à l’achat d’œuvres d’art et que, bien qu’Epstein fût une connaissance et un soutien
financier potentiel, elle n’aurait jamais reçu de fonds ni tiré de bénéfices économiques
concrets de cette initiative. Malgré cela, la pression médiatique l’a conduite à démissionner de
la direction de l’Union des producteurs indépendants.

Un autre nom a été mentionné, celui du chef d’orchestre Frédéric Chaslin. Dans certains
courriels datant de 2013, Chaslin écrit à Epstein qu’il a trouvé une jeune femme pour son
séjour à Paris, la décrivant comme une étudiante en philosophie de 21 ans et soulignant sa
maîtrise de plusieurs langues. Ces formulations ont suscité des interrogations et des critiques,
mais le musicien a fermement rejeté toute insinuation, affirmant qu’il s’agissait simplement de
la recherche d’une interprète pour accompagner Epstein lors de visites culturelles dans la
capitale française. Chaslin a déclaré n’avoir jamais eu connaissance d’activités illégales et
avoir agi de bonne foi.
Dans le monde du cinéma, Michel Hazanavicius, réalisateur oscarisé pour le film The Artist,
a admis avoir rencontré Epstein à deux reprises, présenté comme un ami de Woody Allen,
lors d’un dîner à Paris en 2012 et dans d’autres circonstances par la suite. Il ressort des e-mails
qu’Epstein avait proposé plusieurs rencontres entre Paris et New York, mais Hazanavicius
aurait souvent décliné en raison d’engagements professionnels. Le réalisateur a raconté que sa
compagne Bérénice Bejo l’avait mis en garde lorsque Epstein lui avait demandé s’il
connaissait une jeune femme « jolie et intelligente », le poussant à interrompre toute
fréquentation. Là encore, Hazanavicius a affirmé qu’il n’était pas au courant de l’ampleur
réelle des activités criminelles du financier au moment des rencontres.
Sur le plan politique, la figure d’Olivier Colom est particulièrement importante. Diplomate de
formation, Colom a été l’un des plus proches collaborateurs de Nicolas Sarkozy pendant son
mandat présidentiel de 2007 à 2012. Diplômé de l’Institut d’études politiques de Paris et de
l’École nationale d’administration, pépinière traditionnelle de la haute fonction publique
française, Colom a construit sa carrière au sein du ministère des Affaires étrangères, où il
s’est occupé des affaires européennes, de la coopération internationale et des relations
bilatérales.
Avant d’arriver à l’Élysée, il a occupé divers postes diplomatiques à l’étranger, acquérant une
expérience dans les négociations multilatérales et les politiques de développement. Pendant la
présidence Sarkozy, M. Colom a joué le rôle de conseiller diplomatique et de sherpa pour les
sommets internationaux, une fonction cruciale dans le système français.
Le terme « sherpa » désigne le représentant personnel du chef de l’État chargé de préparer et
de négocier à l’avance les dossiers qui seront ensuite discutés lors des sommets du G8, du
G20 et d’autres réunions multilatérales. À ce titre, M. Colom participait aux travaux
préparatoires, coordonnait les positions françaises sur les questions économiques, financières
et environnementales et entretenait des contacts avec ses homologues étrangers afin de
trouver des compromis avant les réunions officielles.
Sa fonction le plaçait au cœur de la machine diplomatique de l’Élysée, avec un accès direct au
président et aux principaux décideurs politiques. Outre la préparation des sommets
internationaux, M. Colom s’occupait des stratégies d’influence et des relations avec les
acteurs économiques mondiaux. À cette époque, la France était engagée dans des discussions
cruciales sur la réglementation financière après la crise de 2008, la gouvernance économique
mondiale et les politiques climatiques. Son rôle consistait également à faire le lien entre les
priorités présidentielles et le travail des ministères concernés, en assurant la cohérence entre
la diplomatie économique et les orientations politiques internes. Après la fin du mandat de
Sarkozy en 2012, M. Colom est passé dans le secteur privé, occupant des postes dans le
domaine bancaire et dans le conseil stratégique international.

Il a travaillé pour le groupe Edmond de Rothschild, puis a fondé sa propre société de conseil,
spécialisée dans les relations internationales, les investissements et le développement
économique, avec un accent particulier sur les marchés africains. Cette transition du service
public vers le secteur financier n’est pas inhabituelle pour les hauts fonctionnaires français,
mais elle a contribué à renforcer son profil d’intermédiaire entre la politique et les affaires.
Les documents liés à l’enquête sur Epstein contiennent des courriels échangés entre M.
Colom et le financier entre 2013 et 2018, période pendant laquelle M. Colom n’occupait plus
de fonctions gouvernementales mais travaillait dans le secteur bancaire et le conseil. Ces
échanges porteraient sur l’organisation de réunions, la création de réseaux de contacts et des
conversations parfois informelles. Certaines communications contiennent des blagues jugées
inappropriées, qui ont alimenté la polémique. Cependant, aucune accusation formelle n’a été
portée contre lui et aucune preuve de son implication dans des activités criminelles n’a été
trouvée. Sa présence dans les documents reflète avant tout la dimension relationnelle de son
travail, basé sur la construction de réseaux internationaux entre la politique, la finance et
l’entrepreneuriat.
Toute cette affaire montre que le réseau de relations construit par Epstein au fil des ans a
traversé les frontières nationales et des domaines professionnels très différents, impliquant
des personnalités qui, dans de nombreux cas, affirment l’avoir connu dans des contextes
sociaux ou professionnels sans avoir connaissance de la gravité des accusations qui pesaient
contre lui.
La publication des documents a ravivé les questions sur la perméabilité entre les élites
politiques, culturelles et économiques et sur la responsabilité en matière de réputation qui
découle également de simples fréquentations. Bien qu’il n’y ait pas eu d’accusations directes à
l’encontre des personnalités françaises citées, l’écho médiatique a montré à quel point
l’équilibre entre la présomption d’innocence et le jugement de l’opinion publique peut être
fragile.
En particulier, le cas d’Olivier Colom soulève des questions sur le rôle des anciens hauts
fonctionnaires lorsqu’ils passent dans le secteur privé et continuent à opérer dans des réseaux
internationaux de haut niveau, où les frontières entre diplomatie, affaires et relations
personnelles peuvent devenir moins nettes. En définitive, cette affaire est un exemple
emblématique de la façon dont un scandale mondial peut avoir des répercussions, même des
années plus tard, sur les institutions et les carrières individuelles, même en l’absence de
responsabilité pénale avérée.

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