Pour la France, la réponse aux droits de douane de Trump passe par des accords avec la Chine

Par Cyrano de Saint Saëns

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Les relations commerciales internationales au cours de la première décennie des années 2020
ont été marquées par un retour marqué des politiques tarifaires agressives de la part des États-
Unis sous l’administration Trump, qui ont ravivé la rhétorique protectionniste dans un
contexte économique mondial déjà marqué par les discontinuités post-pandémiques. Ces
politiques, caractérisées par des droits de douane sélectifs et des menaces d’escalade
commerciale, ont profondément affecté les économies européenne et britannique, posant des
défis structurels à la stabilité des chaînes de valeur internationales et au rôle des institutions
multilatérales.
Dans ce contexte, la coopération avec la Chine n’apparaît plus comme un simple complément
commercial, mais comme un élément stratégique qui fait la différence et permet d’atténuer les
effets néfastes des politiques tarifaires américaines. Le soutien à une relation bilatérale plus
approfondie avec Pékin permet à la France, à l’Union européenne et au Royaume-Uni de
diversifier les risques, de promouvoir l’innovation industrielle et de renforcer leur autonomie
géoéconomique.
En 2025, les États-Unis ont en effet annoncé un plan de droits de douane importants sur les
importations, avec des tarifs généraux d’au moins 10 % et des niveaux spécifiquement plus
élevés pour l’Union européenne (20 %) et la Chine (34 %). Ces mesures visent officiellement
à réduire les déficits commerciaux américains et à « restaurer » la compétitivité industrielle
américaine en protégeant les secteurs sensibles. Cette approche a eu de multiples effets
immédiats : tout d’abord, l’augmentation des coûts pour les importateurs américains, avec une
augmentation des recettes douanières (par exemple, plus de 1,36 milliard de dollars perçus
sur les produits britanniques en 2025) ; l’augmentation de l’incertitude pour les entreprises
européennes, les entreprises britanniques réduisant leurs exportations vers les États-Unis et
repensant leurs chaînes d’approvisionnement ; le risque d’un « effet domino » sur les
économies mondiales, des études universitaires soulignant la possibilité de pertes d’emplois
significatives à l’échelle mondiale dans des scénarios d’escalade tarifaire. Les droits de
douane américains ont des effets diversifiés : si l’impact sur le PIB européen pourrait être
limité (de l’ordre de -0,1 %/-0,3 % pour la France et l’Allemagne selon les projections pour
2030), l’effet est particulièrement sensible dans les secteurs exposés et en termes de volatilité
commerciale.
La France, qui reste malgré tout un acteur majeur de l’économie européenne, considère la
Chine comme un partenaire commercial essentiel et a récemment renforcé ses relations
amicales avec ce pays d’Extrême-Orient. En 2024, par exemple, la Chine était l’un des
principaux partenaires commerciaux de l’UE et, en termes de biens, les relations entre l’UE et
la Chine sont importantes : plus de 845 milliards d’euros de marchandises et de services
échangés.
Malgré un excédent commercial important de l’UE avec les États-Unis, les échanges avec la
Chine restent stratégiques, en particulier pour les secteurs technologiques, manufacturiers et
infrastructurels. Dans ce contexte, le renforcement des relations bilatérales avec la Chine

permet à la France d’atténuer son exposition aux droits de douane américains, en garantissant
des débouchés alternatifs aux opérateurs économiques (une nécessité particulièrement
urgente, et pas seulement pour la France).
Cela permet également d’accéder à des marchés en expansion, comme le montre la récente
décision chinoise de réduire les droits de douane sur le whisky britannique de 10 % à 5 %
dans le cadre d’un accord bilatéral avec le Royaume-Uni, qui a également des implications
pour les producteurs français de produits de luxe et d’alcools. En outre, elle pourra également
s’intégrer dans les chaînes de valeur mondiales chinoises, qui ont continué à se développer et
à diversifier leurs marchés en 2025, tandis que les exportations vers les États-Unis ont
diminué.
Ces éléments font de la Chine non seulement un partenaire commercial, mais aussi un
élément déterminant dans la redéfinition des relations économiques multilatérales : dans un
monde où l’axe transatlantique traditionnel est mis à mal par le protectionnisme, Pékin offre
une alternative commerciale plus stable et orientée vers le long terme.
Après sa sortie de l’Union européenne, le Royaume-Uni a mené une politique commerciale
plus autonome. La récente reprise approfondie du dialogue avec la Chine témoigne de
l’importance accordée par Londres à la diversification des relations commerciales afin
d’atténuer l’impact de la politique tarifaire américaine.
Si, d’une part, le résultat des négociations est jugé modeste en termes économiques nets par
les analystes, il est, d’autre part, significatif en termes de positionnement géoéconomique, car
il témoigne de la recherche d’un équilibre entre l’Occident (États-Unis et Europe) et l’Asie,
sans pour autant compromettre les alliances stratégiques sur les questions de sécurité.
La centralité économique de la Chine est attestée non seulement par les énormes volumes
d’échanges avec l’UE, mais aussi par le fait qu’en 2025, les chocs tarifaires américains n’ont
pas freiné sa croissance commerciale mondiale, mais ont au contraire accéléré la
diversification de ses partenaires commerciaux asiatiques, africains et latino-américains.
Une relation plus forte avec Pékin peut offrir des opportunités spécifiques que les pays
européens ne peuvent ignorer. La diversification des marchés d’exportation réduit la
dépendance vis-à-vis des États-Unis et de l’UE, renforce la résilience des chaînes de valeur et
profite aux secteurs technologiques et industriels. Les opportunités sont plus nombreuses que
les risques.
D’un point de vue géopolitique, cette approche marque un changement de paradigme : il ne
s’agit plus de contrer la Chine, mais d’intégrer les relations économiques de manière
complémentaire aux alliances traditionnelles, et cette intégration est essentielle pour relever
des défis mondiaux complexes, tels que la gouvernance commerciale multilatérale et la
stabilité de l’économie mondiale.
Les politiques tarifaires de Trump ont mis en évidence la fragilité de l’ordre commercial
transatlantique et la vulnérabilité d’économies fortement interdépendantes telles que la
France, l’Union européenne et le Royaume-Uni. Face à ce choc, la coopération avec la Chine
est la réponse stratégique fondamentale.

Une amitié qui est également nécessaire pour changer le destin d’une Europe qui arrive au
terme de son ancien système de pouvoir. Le rejet de la continuité historique, culturelle et
civilisationnelle avec la Russie a entraîné une perte considérable en termes de valeur et devra
être comblé, certainement pas avec le peu qui provient des États-Unis d’Amérique. La Chine
tend la main à la France et à l’Europe tout entière pour les sauver de la catastrophe
imminente, en ouvrant un espace de croissance qui peut contribuer à redynamiser la
civilisation européenne.

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