Le fascisme comme révolution culturelle : entretien avec Lucien Jaume
Source : sciencespo.fr – 11 mai 2026 – Lucien Jaume
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Illustration : Mario Sironi, Paysage urbain avec camion
Dans La vraie nature du fascisme. La révolution culturelle de Mussolini, publié chez Tallandier (mai 2026), Lucien Jaume, directeur de recherche émérite (CNRS/CEVIPOF) revisite l’histoire du fascisme italien loin des caricatures habituelles. Son enquête montre que le mussolinisme ne fut pas seulement un régime autoritaire fondé sur la violence et le culte du chef, mais aussi un projet intellectuel et culturel ambitieux visant à transformer la société en profondeur.
Héritier paradoxal de certains courants révolutionnaires de gauche autant que du nationalisme radical, le fascisme entendait façonner un « homme nouveau » à travers l’école, les arts, la propagande et l’encadrement social. Dans cet entretien, Lucien Jaume revient sur les racines idéologiques du fascisme, le rôle central de la culture dans son projet politique et les raisons pour lesquelles cette histoire continue d’éclairer les débats contemporains.
Votre ouvrage revient en profondeur sur la pensée de Benito Mussolini. Qu’est-ce qui rend, selon vous, son parcours intellectuel et politique particulièrement décisif pour comprendre la spécificité du fascisme italien ?
Lucien Jaume : Contrairement à l’image publique qu’il a soin de donner, notamment dans ses discours depuis le balcon de la place de Venise, Mussolini ne se réduit pas à ce personnage à l’allure brutale, menton en avant, roulant des yeux agressifs et vociférant force discours : c’est là son succès devant les foules, il est le « Duce », du latin dux, le chef. Et contrairement également au livre d’apologie du condottiere, écrit par sa maîtresse Margherita Sarfatti (elle-même intellectuelle raffinée), Dux, publié à des millions d’exemplaires, traduit en 17 langues. Comme l’a bien écrit un ambassadeur, Mussolini est un acteur, un comédien « qui tenait tour à tour avec aisance tous les rôles ».
S’il adopte plusieurs visages, tout part de l’adolescence pauvre et aventureuse, d’un autodidacte qui apprend tout seul l’anglais, le français et l’allemand (il conversera sans effort avec Hitler), qui lit les philosophes (Nietzsche surtout, qu’il évoquera toute sa vie) et participe très tôt à des revues littéraires et nationalistes de qualité. Au pouvoir, c’est un homme qui correspond avec toute l’Europe cultivée, appuie l’école de peinture créée par sa maîtresse Sarfatti (Novecento), écrit des nouvelles, des pièces de théâtre, des scénarios de films, etc. D’ailleurs, en France, Gallimard lui propose un contrat d’écrivain – dont la condition était : pas de politique, seulement la littérature. Il ne donnera pas suite, comme il ne prolonge pas son inscription universitaire de jeunesse pour un doctorat sur Machiavel.
A 21 ans, ce jeune homme marginalisé, d’allure débraillé, sale et mal habillé est pris en mains par la révolutionnaire russe Angelica Balabanoff, qui parle quatre langues, tient plusieurs meetings par jour et l’initie au marxisme. Sans elle, dira-t-il, « je serais resté un révolutionnaire du dimanche ». On est là en 1902-1904, en Suisse, refuge de tous les révolutionnaires européens, et Mussolini a fui le service militaire. Angelina, brillante intellectuelle formée à la philosophie et à l’économie politique, deviendra tellement indispensable qu’il exigera en 1912 qu’elle partage avec lui la direction du journal socialiste
Avanti ! Non seulement Benito, renvoyé deux fois de l’école (un couteau dans la poche) et deux fois par la suite …enseignant de français (diplômé), se forme aux sciences sociales, à l’économie politique, à la pensée philosophique ou sociologique (Pareto notamment). Dès l’âge de 17 ans il entre au Parti socialiste italien, puis, durant le séjour en Suisse, il lance ou soutient des grèves chez les travailleurs du bâtiment, et milite dans l’aile d’extrême gauche du PSI. Tant et si bien qu’en 1912, il va être propulsé à la tête du Parti et dirigera l’Avanti !
A l’approche de 1914, Mussolini reste un militant et un intellectuel révolutionnaire qui ne sait pas encore quelle révolution il recherche : elle doit être idéaliste (ensuite le philosophe Giovanni Gentile lui proposera « spiritualiste »), antilibérale, anticapitaliste et anticommuniste. Il participe à l’appel pour faire entrer l’Italie dans la Grande Guerre, il y va avec enthousiasme, et il fonde en 1919, à Milan, les « Faisceaux italiens de combat ». Ces fasci, terme rappelant à la fois le faisceau du licteur à Rome et des organisations paysannes anciennes, ont un programme nettement à gauche. Sept femmes participent à la rencontre de Milan, place San Sepolcro ; ce n’est encore qu’un rassemblement hétéroclite d’anciens combattants, de syndicalistes révolutionnaires, et d’intellectuels venus du mouvement artistique dénommé « futurisme ». Ils votent le suffrage universel, masculin et féminin, et diverses mesures sociales hardies. Le fascisme sera fidèle et infidèle à ce programme, qui resurgit dans la débâcle de la fin, à Salò, la République sociale italienne (RSI), protégée par les hitlériens. Lorsqu’en 1943, Mussolini, mis en minorité par le Grand Conseil du fascisme, est fait prisonnier sur ordre du roi, il passe le temps en traduisant un poète italien en vers allemands et en lisant la vie de Jésus (il ne nomme pas l’auteur, dans son journal de prisonnier). La légende d’un Mussolini« tête creuse, vide d’idées ou d’idéologies », comme dit encore un publiciste italien de nos jours, est inappropriée. Ce qui fait sa personnalité est un mélange d’intellectualité et de goût de la puissance et donc de la violence (qu’il déclarera « toujours morale »).
Vous montrez que le fascisme puise en partie ses racines dans des courants issus de la gauche révolutionnaire. Peut-on parler d’un conflit fondateur entre fascisme et gauche, ou plutôt d’une filiation paradoxale et détournée ?
Lucien Jaume : Il y a une filiation paradoxale, dans la mesure où le fascisme est une sorte de mutant « rouge et noir », à partir du nationalisme de droite et du révolutionnarisme de gauche. Il est significatif qu’après sa chute du pouvoir en 1943, Mussolini fonde (sous protection allemande désormais) une « République sociale italienne », qu’il voulait appeler « socialiste », ce à quoi Hitler s’oppose.
Pour le Duce, cette « République des travailleurs », antisémite et anticapitaliste, renouait avec le programme fondateur, en 1919, des « Faisceaux italiens de combat », nés de la rencontre place San Sepolcro. L’habileté de Mussolini, après la Grande Guerre, fut de transformer des syndicalistes révolutionnaires et même des syndicalistes anarchistes en cadres de l’Etat corporatiste (22 corporations) – lequel est défini comme « Etat totalitaire » (Stato totalitario) – une formule des opposants au fascisme, en 1923, que le philosophe officiel Giovanni Gentile et Mussolini son lecteur et ami acceptent avec enthousiasme. Ainsi, des intellectuels et des militants ouvriers, des salariés, qui sont opposés au parlementarisme, aux partis politiques, à la centralisation étatique – au profit de groupes de producteurs, autogérés, à inventer – deviennent les cadres d’un Etat qui absorbe tout : famille, économie, société, individus, de la naissance à la mort. C’est une sorte d’Eglise, avec une religion
politique spécifique. Mussolini stipule : « Tout est dans l’Etat, rien en dehors de l’Etat, rien contre l’Etat !».
Les ex-révolutionnaires, acteurs d’une nouvelle révolution (le fascisme), consentent à un Etat hyper-politique, centralisateur, hiérarchisé, guidé par unParti (PNF) qui vit dans le culte du chef et qui professe une religion rivale du catholicisme. Se voulant antilibéral, anticapitaliste, anticommuniste, le fascisme de Gentile et de Mussolini entend intégrer le peuple des villes, des usines et des campagnes dans un système tel que « le producteur remplace le citoyen- électeur » ; en théorie (jamais appliquée en fait) , les besoins de la société seront connus non par le vote et l’alternance au pouvoir, mais par la montée des demandes de la base socio-économique, par les conventions de travail passées entre employeurs – subsistant comme tels – et salariés, par tout ce que les dirigeants et les cadres du PNF, en haut, recevront comme messages à écouter.
En fait, les négociations se sont faites dans le bureau du Duce, en présence de quelques grands patrons, de quelques syndicalistes (fascistes) et de divers hiérarques du régime. Le dépassement proclamé du libéralisme et de la démocratie bourgeoise (Mussolini s’affirme « anti-bourgeois ») aboutit en réalité à un autoritarisme rigide, où le sommet commande à la base. Le Conseil national des corporations, qui est présidé par le chef du gouvernement lui-même, est créé en 1930 : il a le vrai pouvoir d’orientation et de décision en matière de production et de relations de travail. Les délégués des travailleurs ? Une loi de 1934 stipule qu’ils seront nommés, et non élus. Le PNF et le Duce gardent la main, au bout de 20 ans de controverses sur le corporatisme et quelque chose comme 12 000 publications (livres, articles, discours).
De gauche ou de droite ? Le corporatisme, sans lequel, a écrit Mussolini, « le fascisme ne peut pas exister », a voulu réaliser ce que les doctrinaires du régime appellent « la troisième voie » entre le capitalisme et le communisme -, mais aussi une « révolution culturelle » pour changer les mœurs sociales et les rapports sociaux qu’il fallait soustraire définitivement à « l’égoïsme bourgeois individualiste ». Certains historiens (de talent) ne mentionnent jamais le corporatisme, qui fut pourtant à l’époque considéré comme un test essentiel : non seulement en Italie, mais aussi en Europe et dans les rencontres internationales de Genève (Bureau international du travail).
Le fascisme est souvent perçu comme un régime hostile à la culture et à l’intellect. Votre analyse nuance-t-elle cette idée ? Comment le fascisme envisage-t-il, en réalité, le rôle de la culture dans son projet politique ?
Lucien Jaume : Mussolini a conçu, dès 1923 (chef du gouvernement approuvé par le roi), une véritable industrie culturelle qui serait, pour la nation, éducatrice de l’esprit du fascisme. En peinture, il refusa tout art officiel, servi en cela par son amante Margherita Sarfatti, protectrice du groupe Novecento, et surtout par le futurisme, école qui inspira le surréalisme, le mouvement Dada et, pour une part, le cubisme. On peut voir en couverture de mon livre le tableau du grand peintre futuriste Dottori. Le leader du futurisme, Marinetti, anticipa de vingt ans les principes moteurs du fascisme par ces deux formules : « La guerre, seule hygiène du monde » et « Guerre et Révolution » – thèmes qui passeront dans le fascisme des années vingt. Marinetti accueille donc avec joie la guerre de 1914 (il s’y précipite littéralement et revient décoré), comme ensuite la conquête de l’Ethiopie, comme le front russe en 1942, à 66 ans… Ce poète, ce jeune dandy créateur de beaux vers symbolistes à Paris, où il réside un temps, entouré de toute l’intelligentsia des salons, prône ensuite l’ultra violence. Son autre thème, devenu fameux, est : « Tuons le clair de lune ! », ce qui symbolise – si je puis dire – la répudiation de sa jeunesse parisienne.
La production cinématographique fut particulièrement abondante et remarquable : l’institut Luce (« Union pour la cinématographie éducative ») a produit quantité de films propagandistes (héroïsme guerrier, patriotisme, histoire de la Rome éternelle, virilité, violence coloniale, etc.). Cinecitta est fondée en 1937, mais dès 1932 a lieu la première Mostra de Venise : ce que nous appelons aujourd’hui le Festival international du film de Venise.
Quant à la musique, selon Mussolini « elle touche directement le cœur des Italiens ». Verdi est porté au pinacle, tout comme pour la poésie, Dante, déclaré « père de la patrie ». Est créée la célèbre « Giovinezza », chantée au PNF, dans
les écoles, dans tous les défilés. Violoniste dans l’intimité, Mussolini a avoué à l’une de ses nombreuses maîtresses qu’il avait rêvé de devenir un grand musicien, puis un grand écrivain et que, faute de cela, il a placé son ambition dans la politique.
En fait, tous les arts (littérature y compris) sont mis au service de ce qu’on a pu appeler la « fabrique du consentement », en vue d’arriver, précisément, à un consensus – mais en situation de création surveillée (censure de la presse et des
écrits, police politique de l’OVRA, embrigadement des universitaires en syndicats spéciaux, etc.). La résistance ne s’exprime que dans les marges, de façon parodique ou codée.
En dehors de la pure propagande, le fascisme scolaire, associatif et religieux (une religion politique spécifique) a développé ce que j’appelle l’inculcation. Si, selon un texte de Giuseppe Bottai (dirigeant éminent) « le fascisme est une révolution intellectuelle » on doit mettre celle-ci en œuvre de façon patiente et méthodique : l’école, les groupes juvéniles de 5 à 18 ans (avant l’entrée au PNF), les activités de loisir et d’instruction populaire, y compris pour les femmes (notamment au sein du le Dopolavoro) travaillent à faire naître « l’homme nouveau », dit encore « l’homme régénéré » (comme dans la Révolution française des Jacobins). Ce nouveau type humain devra faire preuve d’héroïsme, de sacrifice de soi, d’obéissance absolue, de foi dans l’Etat et son chef – et aussi, dit Mussolini, « de cruauté ». Le Duce, durant la guerre d’Espagne, pourtant sanglante, peste contre cette « race de moutons » que constitue encore le peuple italien. Le mot d’ordre « Croire, obéir, combattre » est dans le Décalogue (ainsi nommé) de la milice, du PNF, des organisations de jeunesse.
Curieusement, la notion de « révolution culturelle », évoquée par tous les dirigeants, se retrouve ensuite dans le mouvement, en Chine, des Gardes rouges maoïstes. Plus encore : « Mettre la politique au poste de commande » et « Changer l’être humain dans ce qu’il a de plus profond », sont deux mots d’ordre apparus en italien et en chinois. Quant à l’axiome célèbre de Mao, « Le pouvoir est au bout du fusil », il aurait pu être de Mussolini, conformément à la volonté de puissance qu’il revendiquait dans ses lectures de Nietzsche et dans le long texte qu’il a consacré à ce dernier à 25 ans.


De « phallus » à « fascisme » en passant par le faisceau des licteurs…
Dans « La solitude du nombre Un », Solange Sudarskis écrit : « Le philosophe juif Flavius Josèphe, en 37, résume la conception traditionnelle qui s’imposait aux époux dans la législation rabbinique qui remonte à l’Antiquité : La femme, dit la Loi, est inférieure à l’homme en toute chose. Aussi doit-elle obéir, non pour s’humilier, mais pour être dirigée, car c’est à l’homme que Dieu a donné la puissance. Le Talmud va jusqu’à esquisser une théorie de la présence universelle du masculin et du féminin en toutes choses, ce qui tend à les ériger en puissances cosmogoniques. Cette différence perdure dans la sexualisation hiérarchique du ciel et la terre. L’identité sexuelle détermine également une série de comportements, d’inclinations, d’attitudes physiques ou mentales et d’aptitudes rigoureusement répertoriées et distribuées différentiellement entre les sexes. Le destin des femmes appartient au père, puis au mari auprès duquel elle est juridiquement traitée comme sa fille, selon l’expression juridique « loco filiae ». C’est un schéma que l’on retrouve presque partout depuis la plus haute Antiquité jusqu’à nos jours. Le fait d’être une femme suppose un état d’infériorité, de dépendance, de soumission, qui revêt même parfois une signification infâmante. Dans les fragments retrouvés du Satyricon de Pétrone, on y lit : « les femmes sont des vautours ou des pots de chambre. L’amour qui dure est considéré comme un chancre » (cancer en latin). Bien avant les quatre évangiles qui reprennent sa doctrine et ses enseignements, Paul, le véritable forgeron de l’église catholique, écrivait dans son épître aux Corinthiens : « Que les femmes se taisent dans les assemblées, il ne leur est pas permis de prendre la parole. » Pas étonnant parce qu’à cette époque, pour les romains, tout ce qui est actif, tout ce qui fait lever le « fascinus », est hautement noble. Le mot « phallus » n’est jamais employé en latin. Les Romains appelaient « fascinus » ce que les Grecs nommaient « phallos ». Du sexe masculin dressé, c’est-à-dire du fascinus, dérive le mot de « fascination », c’est-à-dire la pétrification qui s’empare des animaux et des hommes devant une angoisse insoutenable. Les « fascia » désignent le bandeau qui entourait les seins des femmes. Les « fascies » sont les faisceaux de soldats qui précédaient les Triomphes des imperator. De là découle également le mot « fascisme », qui traduit cette esthétique de la fascination. »
Soulignons au passage que la croix n’est devenue le signe du Christianisme qu’au VIIème siècle de notre ère, lors du Concile de Constantinople qui eut lieu de 680 à 684. Jusque-là, la religion nouvelle, c’est-à-dire le second Christianisme (le faux), celui qui triompha sous Constantin au Concile de Nicée (en 325), et qui s’édifia sur les ruines du premier (le vrai), avait pour insigne trois phallus enlacés (représentant la Trinité catholique). Le culte du « Saint Graal », « Vase sacré » des Mystères, et le « Secret de Bismillah », semblent une réaction contre ces trois phallus.
Rappelons que, chez les Romains, l’homme prenait une si haute dignité que l’on donnait au fils qui naissait quatre noms, le neuvième jour de sa naissance : nomen, praenonien, cognomen (surnom), agnomen (second nom).
Quant aux filles, on leur donnait seulement un numéro d’ordre.
Salomon et Mussolini : les « Alpha » et « Oméga » du règne de l’homme seul.
À propos du mot « Salomon » (ou « Soliman »), précisons qu’il s’agit d’un nom générique et symbolique : il est le nom générique des vainqueurs de la femme, et il indique une ère nouvelle : le règne de l’homme seul !
On veut lui faire signifier la Paix, alors qu’il inaugure le règne de la guerre.
NB : Dans son dictionnaire étymologique des noms géographiques, André Cherpillod dit que le nom de « Nuremberg » (Nürnberg, dérivé du vieux haut allemand Nuremberc : NEU-ROM-BERG) signifie « la Montagne de la Nouvelle Rome » ; une « Montagne » contre laquelle Isaïe mettait en garde lorsqu’arriverait la fin des temps (Is II.2). Aussi, qu’est-ce donc que cette « Nouvelle Rome » issue de « Nuremberg », cette parodie de justice, si ce n’est la « City », sans oublier d’y annexer sa pure création, l’ONU, ainsi que la fondation de l’État d’Israël ? Au sujet de ce dernier, citons l’ouvrage de Marcel Bulard, intitulé « Le Scorpion, symbole du peuple juif dans l’art religieux des XIVème, XVème, XVIème siècles » : L’auteur, parti de l’examen de peintures de la chapelle Saint-Sébastien de Lans-le-Villard (Savoie), a rassemblé tous les documents similaires qu’il a pu découvrir, et il en a fait une étude très détaillée, accompagnée de nombreuses reproductions. Il s’agit de figurations du scorpion, soit, sur l’étendard porté par la Synagogue personnifiée, soit plus fréquemment, dans la représentation de certaines scènes de la Passion ; dans ce dernier cas, René Guénon écrit (Formes traditionnelles et cycles cosmiques) que « l’étendard au scorpion est généralement associé à des étendards portant d’autres emblèmes et surtout les lettre S P Q R, manifestement pour indiquer à la fois la participation des Juifs et celle des Romains. On pourrait remarquer aussi, ajoute-t-il, que ces mêmes lettres, disposées dans un autre ordre (S Q R P), évoquent phonétiquement le nom même du scorpion. Quant à l’interprétation de ce symbole, écrit encore Guénon, l’auteur, s’appuyant sur les « Bestiaires », ainsi que sur la poésie dramatique de la fin du moyen âge, montre qu’il signifie surtout fausseté et perfidie ».
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Je suis profondément convaincu, disait l’écrivain et poète italien Pier Paolo Pasolini (1922-1975), que le vrai fascisme est ce que les sociologues ont trop gentiment nommé « la société de consommation », définition qui paraît inoffensive et purement indicative. Il n’en est rien. Si l’on observe bien la réalité, et surtout si l’on sait lire dans les objets, le paysage, l’urbanisme et surtout les hommes, on voit que les résultats de cette insouciante société de consommation sont eux-mêmes les résultats d’une dictature, d’un fascisme pur et simple.
Le fascisme avait en réalité fait (des Italiens) des guignols, des serviteurs, peut-être convaincus, mais il ne les avait pas vraiment atteints dans le fond de l’âme, dans leur façon d’être. En revanche, le nouveau fascisme, la société de consommation, a profondément transformé les jeunes ; elle les a touchés dans ce qu’ils ont d’intime, elle a donné d’autres sentiments, d’autres façons de penser, de vivre, d’autres modèles culturels. Il ne s’agit plus, comme à l’époque mussolinienne, d’un enrégimentement superficiel, scénographique, mais d’un enrégimentement réel, qui a volé et changé leur âme. Ce qui signifie, en définitive, que cette « civilisation de consommation » est une civilisation dictatoriale. En sommes, si le mot de « fascisme » signifie violence du pouvoir, la « société de consommation » a bien réalisé le fascisme.
« Le Fascisme, c’est la fusion des grandes entreprises et de l’État. » (Bénito Mussolini)
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