Cop 27 : petit vade-mecum climato-réaliste

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Source : climato-realistes.fr – 28 octobre 2022 – M.D.

https://www.climato-realistes.fr/cop-out/

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« cop-out : se défiler, faux-fuyant, dérobade », etc.

En prévision de l’imminente COP27, voici un petit vade-mecum qui pourrait utilement être distribué aux congressistes. Il n’en sera évidemment rien car les données climatiques factuelles ne sont pas toutes politiquement correctes, et il ne faut surtout pas ébranler les convictions avant le prêche.
Tentons tout de même l’exercice. Rappelons que la fameuse COP21 réunie fin 2015 à Paris constitue une référence universelle en raison des « engagements » solennels qui ont été pris à cette occasion.  C’est pourquoi il est intéressant de comparer les données qui étaient connues à l’époque avec les dernières données en date (octobre 2022). On nous objectera que huit années d’observations ne constituent pas une tendance. Certes, mais nous rétorquerons que, par les temps qui courent, tout événement météorologique sortant de l’ordinaire suffit à ameuter le microcosme scientifique, politique et médiatique. Match nul.

Pour plus de clarté, dans les graphiques qui suivent, les observations relevées au cours de cet intervalle de huit ans seront généralement mises en évidence en gras.

Températures globales

(depuis 1979année origine des relevés par satellites et ballons-sondes).
Les données sont exprimées en « anomalies » par rapport à des périodes de références. Elles proviennent de quatre organismes bien connus utilisant des méthodes différentes : Hadley CenterRemote sensing system (RSS), University of Alabama à Huntsville (UAH), GISS (NASA).

Les quatre séries de données se distinguent par leurs périodes de références, mais les allures générales sont à peu près concordantes. Voici le détail des huit dernières années (octobre 2014-septembre 2022).

Sur cette dernière période, on peut vérifier que toutes les droites de tendance sont rigoureusement horizontales.

Comparaison avec les projections du GIEC.

A l’époque de la COP21 on pouvait trouver dans le cinquième rapport du GIEC (AR5, fig. TS14, p.87) un graphique d’évolution des températures jusqu’en 2050 projetées par 138 « modèles » scientifiques basés sur quatre hypothèses d’évolution des concentrations en CO2. Il n’y a pas l’équivalent dans le dernier rapport (AR6) mais on peut reprendre le graphique AR5 en lui superposant l’évolution des températures selon HadCRUT5, (avec l’ancienne série HadCRUT4 indiquée pour mémoire en tireté) (pour 2022, extrapolation à partir des 9 premiers mois).

Jusqu’à présent les températures réelles observées s’inscrivent à l’intérieur du faisceau projeté par les modèles, mais en partie basse.

Températures par grandes zones de la planète.

Hadley center fournit des indicateurs séparés pour les océans (HadSST4) et les terres émergées (CRUTEM5) dans chacun des deux hémisphères.

Depuis 1979, les terres se sont réchauffées plus que les océans, et par conséquent l’hémisphère nord plus que l’hémisphère sud (très majoritairement océanique). Les températures des terres émergées présentent une grande variabilité interannuelle, contrairement aux océans, notamment du fait d’une plus grande inertie thermique (rappelons qu’ils occupent 70% de la surface de la planète).
Voici le détail des huit dernières années (octobre 2014-septembre 2022).

Niveau de la mer.

Les séries marégraphiques les plus récemment mises à jour sont celles de l’université d’Hawaï (UHSLC) (les échelles d’altitudes sont conventionnelles). Voici à titre d’exemple l’une des plus longues séries historiques, la station de Brest.

Et pour l’anecdote la station située aux antipodes exactes de Brest, l’ile de Chatham (Nouvelle-Zélande).

Le niveau de la mer augmente à peu près partout dans le monde depuis l’origine des mesures, au rythme d’environ 2 à 2,5 mm par an, sans signe d’accélération durant ces dernières années. On pourrait faire la même observation sur de nombreux autres exemples.

Précipitations.

Séries longues selon le KNMI néerlandais. Voici l’évolution de la hauteur moyenne mondiale des précipitations.

Les écarts interannuels peuvent être notables, mais aucune tendance n’est discernable.

Couverture neigeuse.

Cet indicateur est suivi par l’Université Rutgers. Voici l’évolution des surfaces enneigées en période hivernale (décembre-février) dans l’hémisphère nord.

Glaces de mer.

Cette notion désigne les surfaces de la mer où la concentration en glace est supérieure à 15%. Les extensions minimales sont observées en septembre dans l’hémisphère nord et en février dans l’hémisphère sud.

On constate ces dernières années une baisse importante dans l’Antarctique, contrairement à l’Arctique qui semble s’être stabilisé après une baisse régulière dans les années 1990-2000.

Catastrophes naturelles.

La chronique des catastrophes naturelles est tenue à jour par l’organisme EMDAT (l’exhaustivité du recueil des statistiques semblant avoir trouvé sa maturité au tournant des années 2000). Comme l’année 2022 n’est pas achevée, elle a été figurée en tireté. Voici les nombres d’évènements répertoriés à ce jour.

Et voici les nombres de décès : compte tenu de l’extrême variabilité des chiffres, on a fait choix d’une échelle logarithmique (une graduation en ordonnées correspond à une multiplication par 4).

Aucune tendance claire ne se manifeste.

Cyclones.

Ces données sont notamment publiées par l’université du Colorado. Voici l’évolution des nombres de cyclones de catégories supérieures à 3 (plus de 178 km/h au maximum).

Et voici l’énergie cumulative des cyclones tropicaux (accumulated cyclone energy ou ACE), indicateur traditionnel calculé à partir des vitesses maximales observées lors des cyclones tropicaux.

La saison cyclonique 2022 n’est pas achevée dans certains océans, mais elle semble devoir être peu différente de celle de 2021.

Production de céréales.

La FAO fournit les données depuis la campagne 2013-2014.

La campagne 2022-2023 se situe dans la moyenne des toutes dernières années.

Concentrations en CO2.

Variations mensuelles.

Ces concentrations sont notamment mesurées par la NOAA (station de Mauna Loa, Hawaï). Le graphique ci-dessous met en évidence les variations saisonnières au cours de l’année avec un maximum vers mai et un minimum vers septembre.  L’unité de mesure classiquement utilisée est le ppm (partie par million en volume).

On peut comparer la concentration en CO2 lors d’un mois donné de l’année n avec le même mois de l’année précédente n-1, ce qui donne l’évolution par année glissante.

La concentration en CO2 augmente à un rythme irrégulier mais maintenant centré sur environ +2 à +2,5 ppm par an (soit environ +0,5% par an rapporté à la concentration actuelle d’environ 420 ppm).

Emissions anthropiques de CO2.

Après la baisse conjoncturelle de 2020, ces émissions ont retrouvé leur croissance antérieure.

Conclusions.
Les indicateurs précédents ne constituent qu’un échantillon des innombrables données disponibles relatives au climat. Chacune d’elles justifierait des analyses plus développées (quelques-unes ont déjà été esquissées sur ce forum). Toutefois, l’impression générale qui se dégage à première vue est celle d’une certaine stabilité des évolutions, au moins pendant les huit années sous revue et parfois depuis beaucoup plus longtemps. L’année 2022 qui s’achève a connu son lot habituel de phénomènes météorologiques régionaux – encore frais dans les mémoires – mais dans l’ensemble n’aura pas été spécialement marquante.

L’« objectif » (sic) fixé par la COP21 de 2015 était surtout que les températures globales se stabilisent. Par le plus grand des hasards, c’est bien ce qui s’est produit jusqu’à présent. Est-ce un simple répit ou l’amorce d’une tendance ? Personne n’en sait évidemment rien. Dans l’intervalle, les émissions et la concentration en CO2 ont continué à augmenter inexorablement sans égard aux objurgations officielles. Apparemment « le climat » n’en a eu cure.

Climatiquement parlant, l’année 2022 aura surtout été celle des extravagances verbales en tous genres [1]. L’échauffement a surtout été celui des esprits, les tempêtes ont surtout été sous les crânes et le seul véritable « emballement » aura été médiatique et politique. Un matraquage incessant qui a commencé à produire des effets néfastes notamment chez les jeunes générations. Ce saccage organisé ne présage rien de bon. On attend avec inquiétude ce que la COP27 va nous sortir de son chapeau.


[1] Une des dernières en date qui vaut son pesant de CO2 : le chef de l’Organisation météorologique mondiale (OMM ou WMO) de l’ONU a déclaré que la guerre d’Ukraine était une bénédiction (« blessing ») pour le climat. Quant au secrétaire général de la même ONU, on aura la charité de ne pas reproduire ses innombrables excès de langag

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