Discours de Poutine sur la famille et la patrie
Source : medias-presse.info – 10 decembre 2025 – Pierre-Alain Depauw
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La Famille et la Patrie au centre de la politique russe
Lors de la cérémonie de remise des médailles « Etoile d’Or » aux militaires qui ont reçu le titre de héros de la Russie, le président russe Vladimir Poutine a tenu un discours au cours duquel il souligné l’importance de la Famille.
« Tout se forge dans la famille. C’est dans la famille qu’un individu se construit physiquement et moralement, tout est ancré dans la famille. C’est pourquoi toute notre politique s’articule autour des familles. (…) l’objectif global, le vecteur de développement global s’articule autour de la famille. Et autour de la Patrie, car la patrie est notre grande, immense, soudée famille. », a-t-il déclaré.

Défi démographique
La veille, Vladimir Poutine avait également évoqué longuement l’importance de la Famille lors d’une réunion du Conseil du développement stratégique et des projets nationaux qui se tient à la fin de chaque année afin d’évaluer les progrès accomplis dans le cadre d’un effort conjoint majeur visant à atteindre les objectifs de développement national.
» Je commencerai par les données démographiques. L’objectif était de surmonter les tendances démographiques négatives et de stimuler le taux de natalité.
Le gouvernement a approuvé une stratégie d’action à long terme sur ce sujet et a lancé un nouveau projet national, « Famille ». Depuis cette année, les chiffres du taux de natalité sont pris en compte dans l’évaluation des performances des chefs de région.
De nouvelles mesures de soutien aux familles avec enfants, notamment une allocation familiale, sont prévues. À compter de 2026, les familles à faibles revenus élevant deux enfants ou plus pourront bénéficier de cette allocation.
Une norme démographique pour les entreprises a été introduite cette année. Elle permet d’accroître la participation des entreprises à la réalisation des objectifs démographiques. Ainsi, à compter du 1er janvier 2026, le montant qu’un employeur pourra verser à un salarié à la naissance d’un enfant, exonéré d’impôt sur le revenu et de cotisations sociales, sera porté à un million de roubles. Auparavant, ce montant était plafonné à 50 000 roubles.
J’encourage les entreprises à tirer pleinement parti de ces opportunités et à se laisser guider par les principes de responsabilité sociale. Nous aborderons ce sujet séparément lors de notre traditionnelle réunion de fin d’année avec le monde des affaires.
Voici ce que je souhaite dire. Les mesures de développement démographique déjà adoptées ne semblent pas suffisantes. Malheureusement, la tendance négative persiste et le taux de natalité continue de baisser. Il existe bien sûr des raisons objectives à cela, notamment les tendances démographiques mondiales et l’impact récurrent des vagues démographiques négatives du milieu et de la fin du XXe siècle , qui se font à nouveau sentir. Des facteurs externes influent également sur la démographie.
Parallèlement, et c’est essentiel, notre objectif historique à long terme est de préserver et d’accroître notre population. Malgré la situation actuelle et les difficultés objectives, nous devons maintenir le cap. Un taux de natalité plus élevé, le soutien aux familles avec enfants et une vie plus longue et en meilleure santé constituent des axes prioritaires de nos efforts communs.
Comme je l’ai mentionné précédemment, tous les projets nationaux doivent contribuer, directement ou indirectement, à la résolution des problèmes de développement démographique, viser à créer de nouvelles opportunités pour les personnes de tous âges et améliorer le bien-être des familles avec enfants. Les aspects démographiques ont été pris en compte dans les projets nationaux. Nous verrons comment ces décisions se concrétiseront.
Pour inverser la tendance à la baisse du taux de natalité dans tout le pays, nous devons renforcer les mesures existantes à tous les niveaux. Plusieurs entités constitutives de la Fédération montrent l’exemple en relevant ce défi. À titre indicatif, je peux vous informer qu’au 1er novembre, 18 régions de la Fédération de Russie atteignaient ou dépassaient les objectifs fixés. Onze régions affichaient des taux supérieurs aux objectifs concernant le troisième enfant et les suivants.
Il est intéressant de noter que l’indicateur sociologique reflétant la volonté des gens d’avoir des enfants s’est amélioré à l’échelle nationale, en particulier dans les régions de Kherson et de Zaporijia, ainsi que dans les républiques de Mordovie, de l’Altaï et de Kabardino-Balkarie.
Je vais énoncer une évidence : le système de soutien à l’enfance et à la naissance doit reposer sur les demandes et les besoins des personnes concernées, afin que les parents sachent à quel type d’aide et de soutien public ils peuvent prétendre pour leur premier, deuxième ou troisième enfant. Plus il y en a, mieux c’est, comme on dit. La naissance de chaque enfant supplémentaire doit rendre ce soutien plus conséquent et plus concret.
La famille repose sur le respect mutuel et la participation des deux parents à l’éducation des enfants ; par conséquent, outre le soutien à la maternité, il est essentiel de réfléchir à des mesures favorisant une paternité engagée et responsable. Concrètement, cela signifie encourager les hommes à s’impliquer davantage dans les responsabilités familiales, à participer aux décisions concernant la parentalité, à consacrer plus de temps à l’éducation des enfants, à adopter un mode de vie sain et à préserver leur santé reproductive le plus longtemps possible. Il convient de noter que ce rôle de l’homme au sein de la famille fait partie intégrante des traditions de la quasi-totalité des peuples de notre pays.
Il me semble important d’analyser les mesures de soutien démographique actuellement en vigueur dans les régions, de retenir les plus efficaces et de les généraliser sans délai à l’échelle nationale. Je demande au gouvernement et à nos collègues des entités constitutives de la Fédération de mettre à jour les programmes régionaux visant à améliorer le taux de natalité.
Je demande au gouvernement d’élaborer des solutions globales pour inverser la tendance démographique négative. Il s’agit de la première tâche systémique qui incombe au gouvernement et aux régions à l’horizon 2026, dans le cadre de la mise en œuvre des projets nationaux et de la politique de l’État en général. En juin prochain, nous convoquerons une réunion du Conseil pour examiner d’éventuelles mesures complémentaires.
Ensuite, nous devons améliorer le bien-être des familles russes et garantir des revenus individuels plus élevés. L’état de l’économie et sa croissance stable à long terme sont primordiaux à cet égard. Cette année, le rythme de croissance de l’économie russe a ralenti, comme prévu. L’inflation a diminué, tout comme la croissance du PIB. D’ici la fin de l’année, ces taux devraient avoisiner 1 %, tandis que l’inflation se situera autour, voire en dessous, de 6 %. Globalement, nous sommes en bonne voie d’atteindre cet objectif. «


Deux ou trois choses à savoir sur la Famille et la Patrie.
Les Césars romains ont voulu dominer le monde : ils ont créé la barbarie moderne et étouffé la civilisation antique. À mesure que la Rome brutale s’élevait, l’Esprit s’effondrait.
Toutefois, notons qu’une haute civilisation régnait en Italie avant la fondation de Rome. « Elle était due aux Etrusques ou Toscans, qui élevèrent des cités somptueuses, qui portaient des costumes splendides et qui ne furent jamais surpassés dans la civilisation et dans les arts », dit. Henri Martin (Histoire de France). L’Etrurie n’était qu’une colonie celtique, que l’on trouve vers le Xème siècle en Italie. Les Etrusques sont ceux qui, en Italie, gardèrent le plus longtemps le régime maternel.
Mais le Romain a fondé la Patrie en détruisant la Matrie, c’est là son crime.
Remarquons que, bien que Rome ait mit la Patrie à la place de la Matrie (et Patrice à la place de Matrice), on a toujours continué à dire la « Mère-Patrie ».
Cessons donc de considérer l’idée de Patrie comme un idéal supérieur, puisque c’est l’antithèse du droit naturel que représente la Matrie. Ce n’est pas un progrès de fonder une patrie ; c’est une décadence, puisque c’est la substitution du droit factice de la force au droit naturel de l’Esprit qui régnait dans les nations. La Nation (lieu où l’on a reçu le jour) est au-dessus de la Patrie (lieu où le père est né). L’unité des grands Etats sous un chef despote n’est pas un progrès, cela ne crée pas une civilisation, c’est un asservissement général, une décadence. Du reste, c’est toujours aux époques de décadence, comme nous le rappelle Emile-Jules Grillot de Givry, dans « Le Christ et la Patrie », que se manifeste cette hypertrophie du sentiment patriotique, lorsque les peuples ne croient plus à leurs dieux, à leurs mystères, à leurs prophéties, lorsqu’ils ont perdu le sens des légendes ancestrales, lorsqu’ils se rient du ciel et que la voix des initiés se perd dans le bruit des négations.
La civilisation est dans le morcellement des Etats, dans les petites républiques confédérées et gouvernées chacune par la plus haute puissance spirituelle qui y fait régner la vérité, la justice, le bien de tous. Une unité fédérative de tous les Etats du monde dans la vérité définitivement acquise, voilà le progrès, voilà la base de la grande civilisation, de la prospérité et du bonheur des Nations. Mais le pouvoir de la force et de l’audace ou du hasard de l’hérédité centralisée en une seule main, qui peut être despotique ou imbécile, c’est une cause de ruine, de souffrances générales et de guerres perpétuelles.
Toutes les guerres de l’Oligarch… de César ne sont qu’une suite d’attaques continuelles et d’attentats contre la vie et les biens de gens innombrables et inoffensifs, honnêtes et paisibles.
NB : La société actuelle est en proie à un malaise qui a comme origine, d’une part la lutte des classes, d’autre part la lutte des sexes. Ces deux questions se tiennent.
La lutte des sexes a précédé toutes les autres : elle a ouvert la porte à la violation du Droit naturel et d’injustice en injustice le désordre s’est propagé dans la société tout entière ; tous les faibles ont été sacrifiés et la force a régné, aidée par la ruse, par le mensonge, par la terreur.
La dissolution des Etats, c’est-à-dire le désordre, commença quand certains hommes, troublés par le mauvais esprit qui engendre l’orgueil, voulurent mettre leur personnalité au-dessus des autres, s’affranchir des lois établies et dominer les faibles. Cette révolte fut le commencement de l’erreur sociale, c’est-à-dire de l’injustice.
Les hommes des temps anciens se sont groupés pour lutter, non pas contre des dangers physiques, mais contre l’autorité maternelle, contre le droit naturel de la Femme, sur lequel s’était élevé la grande civilisation gynécocratique. Cette grande civilisation est celle que l’on appelle symboliquement l’« Âge d’Or », l’« Âge Edénique », le « Ciel sur la Terre », c’est-à-dire l’âge de la vie heureuse, et qui résultait partout de la première organisation sociale (Gynécocratie) représentée par la Maîtresse (ou Reine), de la première organisation religieuse (Théocratie) représentée par la Déesse (« Déesse » est le nom générique de toutes les femmes supérieures et qui n’indiquait alors que les qualités morales inhérentes au sexe féminin, rien de surnaturel), et de la première organisation familiale (Matriarcat) représentée par la Mère.
La grande révolte de l’homme contre la Femme ouvrit l’ère des discordes, qui devaient régner si longtemps.
L’histoire est remplie de la lutte qui résulte de ces deux évolutions contraires : celle de l’Esprit féminin qui veut monter toujours dans la voie du progrès infini ; celle de l’instinct masculin qui entraîne l’homme vers des plaisirs dégradants, qui troublent sa mentalité et lui suggèrent des mensonges et des ruses pour se justifier. Ce sont ces deux Principes qui furent, au début, appelés « le Bien et le Mal, l’Esprit et la Force ».
Au commencement de cette lutte, il était déjà des hommes dont l’esprit s’était obscurci, dont le caractère s’était altéré, des hommes déjà engagés sur la pente fatale de la dégénérescence. Ils évoluaient maintenant de haut en bas, et, dans cette descente, perdaient la spiritualité et se laissaient entraîner dans l’erreur, que la Femme abhorre, dans la brutalité qu’elle redoute, dans la luxure qui lui fait horreur.
Cet entraînement des passions poussait les hommes à supporter avec impatience toute autorité morale qui voulait les contraindre à remplir des devoirs, et, pour s’en libérer, ils s’insurgeaient contre la famille primitive et quittaient la tribu. Ces révoltés s’en allaient par les chemins, vaguant à l’aventure. Ce sont des vagabonds, des « enfants prodigues » obligés souvent de revenir au bercail, poussés par les nécessités de la vie, que l’homme isolé ne peut satisfaire et que la famille lui assure.
Cette rupture des liens familiaux faisait entrer l’homme dans un monde inférieur, où la Femme ne pouvait le suivre qu’en subissant d’affreux tourments. Quand il arrivait ainsi à secouer ses devoirs, Elle le considèrait comme marchant vers « la mort de l’âme ». Il n’était plus pour Elle qu’une ombre (ou umbra, ou sombra : qui est sombre et qui sombre). Et de ce mot « ombre » on fera « hombre », « homo », « homme ».
Chez les Étrusques, les hommes séparés des tribus régulières sont « perdus ». On les appelle des mânes (d’où « man »). Ce sont des êtres déchus vivant dans les limbes, c’est-à-dire dans un monde sans lumière. Dans le « Li-Ki » des Chinois, il est dit des hommes : « Ceux qui avaient perdu le sentiment du devoir étaient considérés comme des hommes morts ».
C’est quand les hommes sont arrivés à cet état qu’ils fuient la société des Femmes et font leur monde à part, le « Monde Masculin » où régnent les luttes, les ruses, le mensonge et l’injustice.
Ces dégradés vont former chez les Hindous une classe à part : les « parias çoûdras ». « On les considéra, dit Fabre d’Olivet, comme des hommes insociables, dont on ne pouvait fléchir le caractère opiniâtre, et on les relégua dans le désert comme des sortes de parias impurs. » (« L’Etat social de l’homme »). Les parias sont partout les « réprouvés ». On leur interdit de vivre dans la société des autres hommes. D’abord vagabonds, ils finissent par se réunir et par former des troupes nomades, c’est ce qui leur donne de la force et de l’audace. Les Edomites formaient des troupes nomades (« Edom », c’est l’homme comme « Esaû » ; « Edom » ou « Esaû » est le nom du peuple masculiniste, opposé à « Jacob » ou « Israël », nom du peuple féministe). Les historiens, pleins d’indulgence pour ces vagabonds, les appellent des « guerriers ». Et en effet ils bataillent, ils tuent, ils pillent.
Les parias ne possédaient rien, n’étant stables nulle part et ne travaillant pas. L’immutabilité de la propriété territoriale était le principe même de la famille régulière dans laquelle s’accomplissait un travail collectif qui donnait au terrain sa valeur.
Manu (ou Manou) chez les hindous, comme la « Ma » celtique ou « Ména » (devenue Menés) chez les Egyptiens, signifie « Mère ». Les Mères sont les premiers législateurs car, en effet, c’est la Mère seule qui règne et qui fait des lois dans la première famille. La racine sanscrite « Mâ » qui veut dire « mesurer », forme le mot « Mâtri » qui veut dire « Mère », et qui signifie « celle qui mesure » ou « dispense », « ce dont procède », « ce qui engendre ». Dans la langue celtique, le mot « Ma », répété, a fait « Mama ». Ce mot « Ma » a servi de racine au mot « Mère » dans toutes les langues (Mâtri, Mater, Madre, Mama, Mamoushka, Maman, 媽媽 phonétique = Mama en chinois, etc.).
L’importance du rôle joué par le « Principe-Mère » dans les premières conceptions des Hindous explique le respect religieux dont fut entourée la Femme au temps des Védas et de l’ancien Manou.
Les légendes hindoues ont gardé et consacré le souvenir des fondatrices des premières familles. On les appelle « Maharchis » ou « grands Richis » (ou Rishis). Les sept premiers Richis de l’Inde sont considérés comme les ancêtres de l’humanité. Et comme à cette époque reculée le père n’apparaît pas dans la constitution de la famille naturelle, il est bien évident que ce sont les Mères seules qui sont ces ancêtres primitives.
Le régime Matriarcal s’explique par ce fait que le Père naturel ne s’attache pas à la Mère et à l’enfant, ne connaît, du reste, pas l’enfant né de lui ; et l’enfant qui ne porte que le nom de sa Mère, qui est le nom de la tribu, ne connaît pas son Père, ne sait même pas qu’il en a un. En effet, les premiers rapprochements n’ayant pas eu de résultat immédiat, les hommes ne pouvaient pas se figurer qu’il pût y avoir dans leurs jeux sexuels le germe d’une conséquence aussi éloignée et aussi inattendue ; longtemps ils ignorèrent la loi de la génération, c’est-à-dire le rapport qui existe entre la cause et l’effet, et, du reste, ne s’en préoccupèrent pas ; ce n’est que dans la période que l’on peut appeler moderne, c’est-à-dire historique, que cette cause a été connue.
Dans la primitive humanité, lointaine (très lointaine), les premières naissances, qui devaient beaucoup occuper les femmes, ont laissé, dans les sciences antiques, l’empreinte de la sollicitude qui les entourait. Partout nous retrouvons l’enfant entouré de soins incessants par les « Fées », les « Marraines », les « Anges gardiens », etc. Ces préoccupations nouvelles dans la vie des femmes durent amener de grands changements dans les relations des deux adolescents primitifs. Chez la femme, ce fut l’éveil de l’amour maternel qui succéda à l’étonnement, à la curiosité des premiers moments, amour fait d’intérêt pour ce petit être qui surgissait d’une façon si imprévue et de la tendresse qui résultait, surtout, du contact intime de cette vie qui cherche l’abri maternel, la chaleur et le lait de la Mère. Ce sentiment grandissait et devenait bientôt cette affection profonde qui domine toute la vie de la Mère et lui inspire un dévouement sans borne. Quant à l’homme, il eut sans doute aussi un mouvement de curiosité, même d’intérêt et d’affection pour ce petit être que sa « sœur » naturelle venait de mettre au monde, mais cela ne l’empêcha pas de suivre les impulsions de sa nature, qui étaient autres, et, en voyant se prolonger cette préoccupation nouvelle de la Femme qui lui créait un amour dont il n’était pas l’objet, un commencement de jalousie naquit et ce fut le germe de discordes futures.
La base légitime et idéale du pouvoir de la Femme réside dans sa nature spirituelle et maternelle. Elle produit l’œuvre de la création. Elle fait naître l’enfant, elle le guide, elle le soutient, elle est la source de la lumière qui l’éclaire. En dehors de cette cause idéale, il n’en existe aucune qui légitime la domination du monde. Par la vertu de cette cause naturelle, tout enfant créé bénéficie de la nature bienfaisante maternelle, réelle, vraie, connue.
Aussi, le mot « Patar », dans le sanscrit primitif, ne signifie pas « celui qui féconde », mais « celui qui protège ». C’est le frère de la Mère. C’est pour cela que longtemps c’est lui, l’oncle, qui s’occupe surtout de l’enfant, et, quand les hommes de cette époque parlaient de la descendance, ils ne disaient pas « nos fils », ils disaient « nos neveux ». L’enfant grandissait dans sa famille naturelle, qui était sa famille maternelle, n’ayant, quand il était homme, ni responsabilité, ni charges ; donc, pas non plus cette hypocrisie née avec les devoirs factices imposés dans le monde masculiniste (suprématie du Père qui aboutira au fameux « droit paternel »).
C’est en Egypte, sous les Ptolémée, que sera établit le « droit paternel » qui donnera un coup mortel au régime maternel. C’est Ptolémée IV dit « Philopator » (« qui aime son père »), ainsi surnommé parce que c’est lui qui, deux siècles avant le Christianisme (en 222), établira le « droit paternel » par un simple décret royal, le « prostagma de Philopator ». À partir de là, la famille agnatique (paternelle) se substituera à la famille utérine (maternelle).
L’autorité brutale que l’homme a voulu exercer sur la femme et sur l’enfant, sous prétexte de paternité, a apporté le malheur dans le monde et désorganisé la famille. C’est la grande erreur sociale des temps masculinistes.
De plus, rappelons que le « mariage » tel qu’il a été institué à l’origine, c’est-à-dire la femme asservie dans une union monogame (ou plutôt monoandre, soit l’union exclusive avec un seul homme), qu’on allait bientôt appeler « con-jugale » (littéralement : « avec joug »), n’a été introduit dans les mœurs que lorsque le régime gynécocratique a été complètement détruit. L’institution sociale du « mariage » ne pouvait pas exister, dans les temps primitifs, et avant le règne de l’homme, car l’union n’était pas imposée, réglementée par des lois, mais seulement par l’amour et le libre choix de la femme éclairée par la science.
Introduit progressivement au cours des derniers siècles précédents notre ère, le système du « mariage » sera accepté et légalisé définitivement qu’avec le Droit romain et le Catholicisme.
Quand l’homme substitua la famille paternelle à la famille maternelle, quand il « vola », pour ainsi dire, une femme pour l’avoir à lui seul et la soumettre à ses caprices (rappelons que, selon la légende, l’amour à Rome s’inaugura par « l’enlèvement des Sabines »), ce fut le triomphe de tous les mauvais instincts de la nature masculine, le triomphe de sa jalousie, le triomphe de son instinct despotique, le triomphe aussi de sa paresse, car il se fit servir par celle qu’il choisissait. Il s’affranchit du même coup de la loi morale et, en même temps, de l’obligation du travail ; il exerça sur les enfants une domination despotique qui les terrorisa, et, par là, provoqua dans le monde la ruine de la vraie famille, la terreur des faibles et le désordre économique. Ce fut le premier mot de l’isolement moral, de l’abandon des impuissants, des vieux, des inutiles, le malheur de tous.
Qu’elle est loin déjà, la brillante civilisation matriarcale de l’Inde, de l’Egypte, de la Celtide, qui avait été l’œuvre grandiose de la Femme divine !
Profitons de ce « passage » en Égypte pour rappeler que le grand révolutionnaire qui bouleversa l’Egypte (vers 1350, dit-on, mais c’est une date incertaine) est Ramsès II que les Grecs appelleront Sésostris (Ramsès est un nom masculin, il signifie « disciple de Ram ») ; le nom de « Sésostris » fut formé de celui de sa Mère, Séti/Seth (Seth est le nom masculinisé de la Reine Séti), que les Grecs mirent au masculin, « Sethos », suivi du chiffre « tris » (trois). Seth, ou Seti, a une légende entourée de merveilleux, mais les historiens mettent son nom au masculin naturellement. C’est après le règne de Séti que commencent les luttes séculaires soutenues pour établir un pouvoir nouveau, celui de la force, dans un pays qui voulait garder ses anciennes institutions.
Précisons que Séti est représentée par la Reine du jeu d’échecs, inventé à cette époque. L’homme, c’est le Roi du même jeu, son pouvoir est limité.
Le Droit Maternel n’est pas l’apanage d’un peuple ou d’une race, mais régit toute une époque et est déterminé par l’uniformité des mêmes lois primitives.
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