Bonne année (quand même) !

Source : Janvier 2026 – Fiorella Bertetto

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Pas évident de se soumettre à la frivolité d’un tel vœu en 2026 quand on sent bien que l’on se fait un méchant remake des années 20.
En pire, peut-être ?

Trump à gauche, Poutine à droite, Netanyahu en bas, la Chine partout.
Et nous, Européens, au centre. Tel un spectateur à Roland-Garros, bien assis sur le strapontin de la passivité, à tourner la tête de gauche à droite pour suivre la balle et savoir au plus vite quel vainqueur il nous faudra acclamer.

Balle de match.

Quels sont les espoirs qu’il nous reste ?
Qu’est-ce qui pourrait nous ôter de l’inquiétude de filer droit vers les années 30 ?

Il nous faudrait croire que les idées nationalistes ne s’insinuent pas davantage dans les discussions. Qu’elles ne se banalisent pas dans les rues, désignant « un autre » comme la source de toutes nos faiblesses.

Il nous faudrait ne pas opposer un silence coupable au nationalisme, cette dernière branche à laquelle nos économies malades peuvent encore s’accrocher (*), tant nous serions tétanisés par la sidération et l’impuissance.

Il nous faudrait sentir que notre vieux continent n’est ni trop faible ni trop dépendant pour avoir la liberté de choisir entre ses valeurs fondamentales et l’opportunisme médiocre de céder aux menaces les plus urgentes.

“For sure…”

Comprenez-vous mes hésitations à nous souhaiter une belle année ?

L’Europe discute, commente, se gausse d’avoir des valeurs, au premier rang du match.
On a une histoire, on a du style et des Ray-Ban. Mais peut-on encore vraiment défendre ces valeurs ?

Comment pourrions-nous les défendre ?
Avec des armes qui se verrouillent et se déverrouillent selon les bons vouloirs de la nation qui nous les fournit (**) ?
Avec des clouds et des logiciels sous surveillance ?
En louant la souveraineté comme un horizon idéologique, tandis qu’en sous-main nous bradons nos industries stratégiques au plus offrant (***)?
Avec une armée commune dirigée par qui ?

Sans pouvoir.
Sans dissuasion.
Sans souveraineté.
Sans cohésion.

Ça en fait des problèmes, hein.
Nous courons droit vers une catastrophe, mais nous ignorons encore laquelle.

Il ne nous reste qu’à ajuster nos Ray-Ban sur le bout du nez et attendre la fin du match.
À nous adonner au plaisir du débat, au raffinement de la théorie, quand d’autres plongent, tête baissée, sans peur et la rage au ventre, dans des rapports de force triviaux.

Mais je ne vous laisserai pas avec des vœux si tristes pour 2026.
Je vais nous souhaiter, à nous autres Européens, qu’il nous arrive ce qui doit nous arriver.
Et que ce soit bon ou mauvais, que nous ayons la force de le surmonter et l’envie de le transformer.

Bonne année à vous.

Note :

Ce texte est le produit de lectures nombreuses et volontairement hétérogènes.
Je lis des auteurs de droite, de gauche, des extrêmes, d’époques et de traditions différentes. Non par goût du mélange, mais parce qu’il est impossible de penser juste en ne lisant qu’un seul camp.

Je citerai parfois ces lectures, pour celles et ceux qui préfèrent le doute au confort d’avoir raison.

(*) À lire : “La nouvelle internationale fasciste” de Ugo Palheta.

(**) A regarder : “La dépendance militaire européenne”

(***) A lire : Le gouvernement a autorisé le rachat de 131 entreprises sensibles par des investisseurs étrangers en 2022”

Derrière mes Ray-Ban, depuis mon strapontin : regarder le monde s’effondrer

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