La sagesse du « Shi » dans le monde multipolaire.

Par Hei Sing Tso

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Hei Sing Tso est un expert en stratégie traditionnelle chinoise. Il est président de Guiguzi Stratagem Learning. Ses analyses explorent souvent les liens entre les philosophies chinoises anciennes et les développements géopolitiques actuels. Il est l’auteur du livre « I Ching and 36 tricks » (Le Yi Jing et les 36 stratagèmes).

Le I-Ching ou Livre des Mutations est un ancien ouvrage de sagesse chinois. Presque
toutes les écoles de pensée, y compris le confucianisme et le taoïsme, sont
influencées par ce texte classique. Selon sa théorie fondamentale, le cosmos est
composé de deux forces polaires, le Yin et le Yang. Le Yin signifie la lune, la douceur,
la faiblesse, etc., tandis que le Yang signifie le soleil, la dureté, la force, etc. De plus,
le Yin et le Yang forment un tout dialectique. Le Yin se transforme progressivement
en Yang et vice versa. Il existe une sagesse particulière appelée « Mou Lue » (qui
signifie « stratagème ») qui a été fondée par le mystérieux Guiguzi pendant la
période des Royaumes combattants dans la Chine ancienne. Le Mou Lue met l’accent
sur la partie « Yin » de la cosmologie du I-Ching.
Il existe une théorie du « Shi » (勢) dans le Mou Lue chinois. Il s’agit d’un concept
très subtil. Littéralement, cela signifie « pouvoir », mais c’est bien plus que cela.
L’esprit du « Shi » est une condition invisible et dynamique de pouvoir et d’influence.
Toute personne, unité, organisation, nation ou alliance possède du Shi. Appliqué à la
géopolitique, l’hégémonie unipolaire peut être considérée comme un « Shi », tandis
que la multipolarité émergente est un « Shi » opposé. Je présente ici une stratégie
visant à dissiper/diluer le « Shi » de l’hégémonie unipolaire.
Guiguzi nous a enseigné cet art à partir d’un ours caché. Avant d’attaquer, l’ours se
cache quelque part près de sa cible, attendant que celle-ci se découvre. Lorsque
l’occasion se présente, nous devons consolider notre propre « Shi » pour passer à
l’action. À ce moment critique, nous pouvons attirer davantage d’adeptes, ce qui
aura pour effet de diluer/dissipater le Shi de l’ennemi. Dans le contexte de la
multipolarité, nous devons être attentifs aux faiblesses de l’hégémonie unipolaire
des États-Unis. Ces faiblesses peuvent être des divergences d’intérêts ou des
désaccords idéologiques. Les partisans de la multipolarité, notamment des pays
comme la Russie et la Chine, doivent immédiatement réagir de manière concrète, en
s’appuyant sur les principes de la multipolarité, afin de dissiper l’influence
hégémonique de l’ennemi. Au fil du temps, le Shi de l’ordre unipolaire s’affaiblira de
plus en plus. Il s’agit d’une stratégie d’accumulation. C’est également un exemple de
la cosmologie du I-Ching. Lorsque nous deviendrons forts, l’ennemi s’affaiblira, mais
nous devons agir au moment crucial. Néanmoins, la clé du succès de cette stratégie
dépend de la manière dont nous construirons et maintiendrons un « Shi »
multipolaire fort. Je pense qu’il y a deux niveaux. Le premier niveau est à long terme
et psychologique. À cet égard, nous devons continuer à lutter pour un changement
métapolitique en utilisant la guerre culturelle. L’autre niveau est international. La
Russie, la Chine, l’Inde, etc. doivent avoir un esprit fort pour attaquer l’hégémonie
lorsque l’écart de Shi apparaît. Comme je l’ai déjà mentionné, seul un Shi puissant
peut dissiper le Shi d’un adversaire. Si votre propre Shi est faible, cette stratégie
échouera.

Une pensée sur “La sagesse du « Shi » dans le monde multipolaire.

  • 15 janvier 2026 à 13 h 34 min
    Permalink

    LE YI KING (2ème Livre sacré des Chinois)
    Ce livre, très curieux, ne contient que des lignes. On les appelle les Trigrammes du Yi King.
    Ces lignes sont une représentation symbolique des deux principes de la philosophie chinoise : l’un masculin et ténébreux, le Yin, l’autre féminin et lumineux, le Yang.
    Souvent le Yin est placé sur une bande obscure, le Yang sur une bande claire. Ces deux principes, base de tout ce qui est social, se retrouvent partout chez les Chinois. Le principe masculin est divisé, ce sont les deux vies de l’homme (spirituelle et sexuelle) ; le principe féminin est indivis.

    ‒‒ ‒ ‒
    Yang Yn

    Puis ces deux principes se divisent et vont former quatre images. La division féminine se fait par en haut, la division masculine par en bas.
    Ces lignes se combinent par 3 et forment 8 trigrammes. Par association, ces 8 trigrammes donnent naissance aux 64 hexagrammes qui constituent le Yi-King.
    Plusieurs savants se sont occupés de donner une signification à ces lignes, auxquelles les lettrés témoignent un profond respect en avouant, cependant, qu’ils n’en comprennent pas le sens.
    « Avouons simplement, disait Carl Gustav Jung qui lisait comme beaucoup la signification inversée de ces symboles, que nous comprenons mal l’immense portée psychologique du détachement du Monde professé dans le Yi King, ce livre qui fonde la trame millénaire de la pensée et de la sagesse chinoise. L’intellect devient un ennemi de l’âme quand il veut capter le lumineux héritage de l’esprit. »
    Quelques-uns font servir ces symboles aux pronostics et à la magie. Un lettré en a fait un instrument de musique. Tous en font grand mystère.
    Ce King, qui est appelé Livre des transformations, a été attribué à Fo-hi, le premier roi.
    On dira de lui « qu’il succéda au Ciel et sortit de l’Orient, qu’il était orné de toutes les vertus et qu’il réunissait ce qu’il y a de plus haut et de plus bas ».
    Il y eut donc deux opinions sur son compte : celle des hommes et celle des femmes.
    C’est à lui qu’on attribue le Livre qui explique la loi des sexes ; c’est le Trigramme du Yi King qui est devant lui et dont il indique les huit Koua.
    Faut-il ajouter que Fo-hi a renversé les sexes et mis le masculin à la place du féminin ; ce qui a fait dire dans le Yi King :
    « Le dragon s’est révolté, il a lieu de s’en repentir ; l’orgueil l’a aveuglé ; il a voulu monter dans le ciel et il a été précipité dans les abîmes ».
    C’est l’éternelle légende d’Icare.
    NB : Trois doctrines morales règnent en Chine :
    Celle de Confucius, adoptée par les gens instruits, les masses intellectuelles.
    Celle de Lao-Tseu, suivie par la bourgeoisie moins instruite, mais plus attachée aux traditions. Elle représente l’idéalisme, le spiritualisme philosophique.
    Et celle, de Fo, forme du Bouddhisme qui est suivie par les multitudes ignorantes. C’est un culte grossier comparable au Catholicisme.
    Une science très ancienne a précédé en Chine ces 3 doctrines.
    Confucius, que l’on croit, à tort, un auteur, ne fit que mettre dans un ordre nouveau les anciens documents de l’histoire primitive de la Chine, qui remontaient à plus de quinze siècles avant lui, et il vivait au VIème siècle avant notre ère ; la preuve, c’est qu’on parle du mari et de la femme et que le mariage n’existait nulle part dans les temps primitifs.
    Dans la rédaction masculine de Confucius, on sent régner la préoccupation d’effacer le plus possible le rôle de la femme, surtout celui de la mère.
    Adoptant les idées d’Hermès, il trouvait aussi que « la femme est devant l’homme comme le cheval est devant la voiture », c’est-à-dire pour le servir.
    Rappelons que le mot « Hermès » (prêtre) désigne le terme générique de la fonction nouvelle que l’homme prendra lorsqu’il renversera la religion primitive en Egypte.
    Partout on voit les noms masculins substitués aux noms féminins, le père à la mère dans la famille, et on insiste avec force sur le respect du fils pour le père. On sent que l’idée d’affirmer la paternité domine là, comme nous la verrons dominer dans tous les pays, à la même époque. C’est le droit paternel imposé et dont on fait déjà, alors, la base du régime social, sentant bien que c’est ainsi que l’on arrivera le plus sûrement au règne de l’homme.
    Les Livres réformés par Confucius n’eurent pas une longue existence. Au 3ème siècle avant notre ère, la Chine vit surgir un de ces hommes audacieux et énergiques, tels les César et les Napoléon, qui, tout d’un coup, s’imposent au pays, en l’agrandissant.
    Thsin-Chi-Hoang-ti fut ce brutal fondateur de l’unité chinoise.
    Il prit le titre de « 1er souverain absolu de la dynastie des Thsin ». C’est à partir de cette époque que les souverains de la Chine portent le titre d’Empereur, Ti. Jusque-là ils étaient appelés chefs (Héou) ou rois (Wang ou Ouang).
    C’est le nom du primitif petit Etat de Thsin qui resta au pays : Thsina (Chine).
    Ce règne de l’homme a valu à la Chine, comme à tant d’autres nations, une suite de troubles et de révolutions, qui venaient de ce que les empereurs ont toujours abusé du pouvoir et n’ont jamais considéré la puissance suprême dont ils s’étaient investis que comme un moyen de se livrer à toutes leurs « passions ».
    LIEN : https://livresdefemmeslivresdeverites.blogspot.com/2017/07/chineetjapon.html

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