Pour notre confort, fermons les yeux

Source : reseauinternational.net – 19 mai 2026 – Olivier Field

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Hors le confort, il ne se trouve guère d’arguments pour notre cécité collective. C’est très naturel de privilégier son confort comme un intérêt supérieur et le coût reste modique : sa conscience. D’autant que les façons de fermer les yeux sont multiples. Le désintérêt forcé, le mensonge et le choix de le valider, la banalisation, le relativisme, le paravent de la neutralité…

Israël, après des décennies de crimes contre les autochtones du pays, l’enfermement, la mise en camp fermé autogéré (Gaza), le déni d’humanité pour cette population, a dépassé toutes les bornes hormis peut-être le massacre de 1994 au Rwanda. Sur un espace asphyxié pendant près de 20 ans, monitoré par une police de guerre, truffé de traîtres, collabos et de technologies de surveillance, fort de son impunité réelle démontrée pendant des décennies, Israël a lancé sa solution finale.

Des centaines de milliers de mort sur l’espace de 10 arrondissements parisiens, par une armée aguerrie au massacre, équipée de matériel de guerre à plusieurs dizaines de milliards de dollars, en contrôle de tout… oui c’est la «guerre israélo-palestinienne» !!?

L’omniprésence de propagande sioniste sur à peu près tous les médias occidentaux, l’uniformité de la parole, laissée libre de répandre des présentations biaisées, la collaboration zélée de l’essentiel des personnalités et gens de médias, tout montre un triomphe. Triomphe du mensonge, triomphe du pouvoir, triomphe du puissant sur la masse, triomphe du Mal sur la morale. Et combien de Leni Riefenstahl pour la mise en images…

Pourtant, comme certainement beaucoup, je ne peux m’y résoudre. Les arguments pour nous faire avaler cette horreur présente restent efficaces, certes. Le rappel des épreuves des juifs d’Europe, il y a 85 ans, dans une furie de destruction, de crimes, de vols et de souffrances dans un continent dévasté par une guerre que nos «élites» d’alors n’avaient su ni prévenir ni transformer en une paix sage en est le sommet. Les juifs d’aujourd’hui en Israël sont victimes d’être bourreaux ! Et pour tous les juifs, je crois qu’il est bon de savoir que si nous tous chantons la mélodie «le crime des crimes», au fond, cette horreur passée, ne nous affecte pas plus que la disparition de l’intégralité des Amérindiens, l’opération presque «réussie» d’extermination du peuple arménien de 1915, la folie collective de la guerre ethnique du Rwanda, et tant d’autres à travers les âges, mais pas moins. Sans la publicité quotidienne pour nous rappeler cet évènement en particulier, nous serions libres de nous offusquer du crime d’Israël, de leurs guerres contre tous, ses voisins, le monde entier… et sans leur contrôle objectif des médias, de la finance et de la politique des États-Unis, hégémon belliqueux et violent notre jugement serait clair. L’autre argument préféré de ces criminels est le stratagème de l’antisémitisme, toujours et partout, l’antisémitisme ! Tellement fonctionnel apparemment qu’il doit servir en toute occasion. Comment ne pas voir que tout ce travail de lutte contre, parfaitement mal intentionné avec le bel exemple de la loi Yadan, ne vise qu’à enfoncer l’iceberg (tout en le faisant grandir…). La partie visible diminue et la partie immergée ne fait que croître. Même des sionistes depuis toute leur carrière tel Renaud Girard finisse par lâcher que leur Némésis se rapproche. Le peuple juif saura t’il renoncer à sa quête de pouvoir pour se sauver ? Trouvera t’il la force interne pour mettre fin à ces comportements pathologiques, pas uniques mais omnipotents et transmis dans leur éducation ? Je leur souhaite.

Et nous, que faire ? Je m’efforce quotidiennement de me mettre en situation de communiquer avec d’autres assoupis, sur l’exceptionnalité de notre silence collectif face à l’inhumanité totale et actuelle de ces crimes. C’est peu, mais… Renoncer à son confort, sa lâcheté face à la crainte d’être sanctionné, ostracisé, calomnié ? Renoncer à son confort, sa position sociale, sa carrière sans heurts ?

Le pape Jean Paul II rappelait «N’ayez pas peur», repris par Klaus Schwab avec d’autres motivations dans son «il ne fô pas avoir peur». Oui il ne faut pas avoir peur… d’avoir peur ! Si nous laissons notre monde glisser vers la tolérance du mensonge, de l’injustice au nom d’un confort, de surcroît probablement très provisoire, nos enfants nous haïront. Ayons au moins peur de cela.

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