Rachid Achachi nous ouvre les portes de l’âme russe

Source : novembre 2025

https://www.egaliteetreconciliation.fr/Rachid-Achachi-nous-ouvre-les-portes-de-l-ame-russe-79559.html

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À l’occasion de la sortie de son livre Comprendre la Russie, des origines à nos jours chez Kontre Kulture, nous avons posé à Rachid Achachi onze questions, comme les onze tsars de Russie.

***

Comment expliquer aux Occidentaux, qui confondent tout, que Poutine n’est pas l’héritier de Staline ? Selon vous, Staline serait plutôt un Pierre Ier bis ou un Ivan III bis ?

S’il est question ici d’une certaine « élite » médiatique en occident, comme celle que l’on retrouve sur CNews, alors c’est peine perdue. Car ces derniers savent très bien que Poutine n’a rien d’un autocrate sanguinaire. Il suffit de voir son parcours depuis 1999 et même avant, pour se rendre compte qu’il s’agit en réalité de l’un des leaders russes les plus occidentalophiles.

Souvenez-vous de son désir exprimé à Bill Clinton de rejoindre le l’OTAN, ses bonnes relations avec Jacques Chirac, Gerhard Schröder et Berlusconi, le soutien apporté par Poutine à l’armée américaine dans sa guerre en Afghanistan après le 11 Septembre, les investissements massifs réalisés par la Russie à l’époque pour fournir l’Europe en énergie…

Poutine n’a jamais rêvé d’envahir l’Europe, mais il a toujours rêvé d’en faire partie. Et ce n’est qu’après plusieurs revers et humiliations qu’il s’est vu obligé d’admettre que jamais l’Occident ne considérera la Russie comme un égal. Elle sera toujours perçue par les élites politiques occidentales comme une nation de barbares, ou tout au plus comme des gallo-romains qui se doivent d’être soumis et assimilés.

Cela l’a obligé à accepter d’incarner sa destinée, celle d’être le chef d’une Russie souveraine sur le plan civilisationnel, mais qui se doit de composer avec un monde complexe, dominé aussi bien en interne qu’au niveau mondial par le paradigme occidental.

De ce point de vue, Poutine se rapproche davantage d’un empereur byzantin que d’un khan mongol ou d’un Staline.

Quant à Staline, il est évident que la figure dont il se rapproche le plus si l’on veut rester sur un registre russe, est celle d’Ivan IV. À la seule différence que Ivan IV avait, malgré sa cruauté, une conscience et une crainte de Dieu.

Mais personnellement, je le vois davantage de par sa ruse, son cynisme et sa cruauté, comme un khan mongol. De plus, n’oublions pas qu’il n’était pas slave mais géorgien.

Si elle ne l’est plus aujourd’hui, l’Église orthodoxe peut-elle être un contre-pouvoir ? Est-ce elle qui détient dans son coffre la fameuse âme russe ? Finalement, l’âme russe, n’est-ce pas tout simplement la foi ?

Elle ne le pourra que si le pouvoir russe le décide. Aujourd’hui, elle se rapproche davantage d’un instrument spirituel du pouvoir russe que d’un contre-pouvoir.

Pour comprendre comment on en est arrivé là, il faut remonter aux réformes de Pierre le Grand et la castration de l’Église qu’il voyait comme un frein et un obstacle à la modernisation et l’occidentalisation de la Russie. Sans oublier la parenthèse soviétique avec les persécutions massives contre l’Église, mais aussi l’entrisme réalisé par le KGB au sein de la hiérarchie de l’église. Bon nombre de patriarches furent des collaborateurs du KGB, et qui se devaient de veiller à ce qu’aucune dissidence n’émane au sein des fidèles.

C’était peut-être le prix à payer pour que l’Église continue d’exister sur la terre russe, mais le résultat est qu’elle a perdu de son autonomie et, d’une certaine manière, de son aura.

Quant à l’âme russe, elle est plus vaste et plus profonde que la foi orthodoxe. D’ailleurs dans ce livre, je fais une archéologie de cette âme en expliquant qu’elle est l’expression de plusieurs strates (slave, paganisme, byzantisme, orthodoxie…) qui continuent jusqu’à aujourd’hui de coexister de manière synchronique.

Les Anglo-Américains tentent depuis 1990 d’allumer des foyers nationalistes dans l’ex-empire russe (dit soviétique). Cela conduit la Russie à durcir son jeu, à se renforcer donc, et à s’éloigner de l’Occident. Les Anglo-Américains ont-ils pensé ce rapprochement avec la Chine ?

Quand durant les années 1990, les anglo-américains ont commencé à déstabiliser l’ancien espace soviétique, la Chine n’était pas encore ce qu’elle est aujourd’hui. De ce point de vue, un rapprochement entre Moscou et Pékin n’était pas perçu comme un danger. Bien au contraire. Puisque dans Le Grand Échiquier Zbigniew Brzezinski explique qu’en ôtant l’Ukraine à la Russie, le centre de gravité de la Russie se déplacerait vers l’Asie, ce qui l’empêchera à tout jamais de redevenir une puissance ou un empire. Cela révèle premièrement un racisme anti-asiatique latent de la part de ces élites anglo-américaines pour qui, l’Asie ne sera jamais qu’un atelier de l’Occident, et qu’il était impensable qu’un pays asiatique puisse prétendre un jour au leadership géopolitique mondial. Mais cela s’explique aussi par l’ivresse de ce moment unipolaire, qui fit croire à ces élites que l’hégémonie anglo-américaine sur le monde était désormais définitive.

La froideur des géopolitologues anglo-saxons ne doit jamais nous pousser à occulter le poids de la subjectivité et d’une certaine irrationalité dans leur vision du monde et leur analyse.

La Russie est-elle réduite à ce dilemme : censure médiatique ou libéralisme destructeur, autrement dit la fin de l’État fort ?

Pour le dire de manière laconique, une Russie sans État fort ça s’appelle l’Ukraine. C’est la dimension chaotique des Slaves qui, en l’absence d’un État fort, finissent par se fragmenter en clans, pour se réunifier à nouveau face un danger existentiel autour d’un leader fort. C’est là toute la cyclicité tragique de l’histoire russe. Et jusqu’à présent, les Russes n’ont toujours pas réussi à trouver un juste milieu et un paradigme stabilisateur, leur permettant en même temps d’avoir un État fort pour les défendre et les unir, mais aussi un espace d’épanouissement et de liberté pour les individus qui la composent. Ajoutons à cela la dimension multiethnique du pays qui complique davantage la chose.

Cependant, je pense profondément que Poutine a réussi à démontrer que cet équilibre était possible. Mais il ne le sera réellement qu’avec l’avènement définitif d’un monde multipolaire et un repli important de l’hégémonie anglo-américaine. Car il me paraît très compliqué de le faire dans un monde où les élites occidentales ont recours à tous les moyens possibles pour vous déstabiliser et provoquer votre implosion.

On voit dans l’histoire qu’une dilatation de la Russie coûte cher, humainement et diplomatiquement, mais qu’une contraction peut aussi être dangereuse (voir la pression actuelle de l’OTAN)… Quels sont les dangers pour l’État russe aujourd’hui ?

Les dangers auxquels est confronté l’État russe sont nombreux. Le premier est d’ordre démographique. La population russe est en déclin, et ce, malgré tous les efforts réalisés par les autorités pour encourager les naissances. Et la valorisation économique d’un territoire aussi immense que celui de la Russie, réclament une abondance de main-d’œuvre et une plus grande effectivité dans la gestion du pays.

Car factuellement, la Russie a les moyens de faire vivre ses citoyens mieux que les suédois ou les danois. Mais la corruption, le déclin démographique et les défis géopolitiques imposés par les anglo-américains, rendent la tâche difficile au clan des patriotes au sein de l’élite russe. Et si l’État russe se considère aujourd’hui comme eurasiatique, il en va tout autrement de la jeunesse russe, biberonnée depuis les années 1990 à la culture et au mode de vie occidentale. Certes, ils sont fiers de leur pays et refusent la soumission, mais il y a un vrai travail anthropologique à faire pour les ré-enraciner dans leur terreau civilisationnel, celui du monde russe, sans pour autant s’interdire de s’ouvrir à d’autres cultures.

L’Église orthodoxe russe a-t-elle encore aujourd’hui ce rôle de ferment spirituel et de calmant pour le peuple ?

Tout dépend de la génération. Pour les personnes âgées de plus 50 ans, cela est relativement vrai. Mais pour les autres, ce fut le vide spirituel jusqu’en 2022, avec l’opération militaire spéciale en Ukraine, qui a créé un vitalisme au sein de la société russe, qui aujourd’hui, commence même à gêner l’État. Car si pour le pouvoir, cette guerre est avant tout une guerre défensive et un instrument pour rééquilibrer les rapports de forces avec l’Occident et affirmer la souveraineté russe, pour les « Zdistes » comme on les appelle en Russie, c’est devenue quasiment une religion, avec un Z en lieu et place du crucifix.

Le bon côté des choses c’est que cela a permis de réveiller le peuple russe en le sortant de sa torpeur et de son ancrage occidental. Mais le danger réside dans le fait que leur force, leur engagement et leur importante, pourrait compliquer la tâche de l’État russe dans ce nouveau grand jeu géopolitique mondiale, puisque, quoi qu’en puisse dire les médias occidentaux, le pouvoir russe est réaliste, rationnel et ne veut aucunement d’un Armageddon ou d’une guerre totale face à l’Occident.

La Russie balance depuis toujours entre Occident et Orient. Où est son centre de gravité ?

Son centre de gravité, elle n’a pas à le chercher bien loin. Il réside en elle-même. Pour le dire plus clairement, il réside dans sa capacité à intégrer son ombre pour reprendre un vocabulaire jungien, et à intégrer ses archétypes slaves, byzantins, mongols et européens. Car à chaque étape de son histoire, ce fut toujours un archétype qui dominait et écrasait les autres, avant de céder la place à un autre archétype. Pour cela, elle doit sortir de cette lecture binaire entre Occident et Orient, et raisonner en termes de syncrétisme. Ce que d’ailleurs Poutine a commencé à faire à partir de son discours de Munich [2007], et davantage à partir de 2014.

Le pouvoir de Poutine devient de plus en plus byzantin, là où au niveau du peuple ce n’est encore pas tout à fait clair.

Peut-on vraiment expliquer la méfiance russe actuelle envers des juifs par l’ancienne traite des esclaves due aux marchands juifs (Radhanites ou Khazars) ?

Il y a bien sûr plusieurs facteurs qui expliquent cette méfiance. La traite massive des Slaves organisée par les juifs radhanites en fait incontestablement partie. D’autant plus qu’elle fut caractérisée par une cruauté innommable. Bien entendu, il est évident que la plupart des Russes aujourd’hui ne savent pas qui étaient les Radhanites et n’ont jamais entendu ce nom. Mais dans l’inconscient collectif le plus profond du peuple russe, ce traumatisme est toujours présent, mais de manière inconsciente.

Il y a aussi l’orthodoxie chrétienne, pour qui les juifs sont un peuple déicide, et l’hérésie de Novgorod, où une secte juive rationaliste a réussi par son entrisme à infiltrer jusqu’à l’entourage d’Ivan III et la haute hiérarchie de l’Église russe, avec pour finalité de détruire cette dernière.

Au début de la guerre de 2022, les médias français (et occidentaux) ont parlé d’une armée dépassée, quasiment équipée de chars des années 40. L’OTAN a fait la même erreur que la Wehrmacht : pourquoi se trompe-t-on si souvent sur la Russie ? Est-elle à ce point difficile à cerner ?

On en revient au racisme latent des élites occidentales, qui les amènent souvent à subir des biais cognitifs de ce genre. Et là, je parle surtout des médias et des élites politiques et intellectuelles occidentales. Quant aux services de renseignement et aux états-majors occidentaux, le biais est d’une tout autre nature. Car factuellement, ils avaient raison de douter de la capacité de l’armée russe à sortir victorieuse de cette guerre par proxy. En effet, les réformes Serdioukov ont été une catastrophe pour l’armée russe. Et au niveau de la R&D, la Russie n’a plus les moyens financiers de l’Union Soviétique pour investir massivement dans le développement de nouvelles technologies et de nouvelles armes.

Mais le biais cognitif de ces experts, réside dans le fait de voir les Russes tout simplement comme des Occidentaux moins bien armés que l’Occident au niveau qualitatif. Or, les Russes ne sont pas des Occidentaux, et ils sont toujours capables d’être animés, quand la situation devient existentielle, par des sentiments et des idéaux supra-individuels. C’est d’ailleurs aussi le cas pour les Ukrainiens. Tous, Russes et Ukrainiens, se battent comme des Slaves. C’est-à-dire héroïquement et jusqu’à la mort, et souvent, dans des conditions inimaginables pour un Occidental contemporain. Cet héroïsme combiné à un certain nihilisme romantique, est la variable qui est souvent occulté par les analystes Occidentaux.

Pologne, Lituanie, Suède, les acteurs – menaçants – d’il y a plusieurs siècles sont toujours là : la nouvelle Russie les menace-t-elle vraiment ?

Concernant la Pologne, pas du tout. Pour les pays Baltes, c’est une tout autre histoire. En effet, l’adhésion de la Finlande et de la Suède à l’OTAN, menace d’annihiler trois siècles de sacrifices et de guerres menées par le Tsarat puis par l’empire russe, pour s’offrir une fenêtre et un accès à la mer du Nord. Désormais, cette mer risque de ressembler à un lac de l’OTAN. Chose que la Russie perçoit comme une menace vitale. D’autant plus que depuis l’invasion mongole puis l’émancipation de la Russie de ce joug, la Russie se vit comme un pays menacé d’envahissement, assiégé et enclavé. Et souvent, elle le pense à raison. Sans oublier le corridor de Suwalsky, qui connecte la Russie à l’exclave de Kaliningrad en passant par la frontière lituano-polonaise, et que la Lituanie menace souvent de fermeture.

Mais sachant que les pays baltes font partie de l’OTAN, une invasion frontale semble exclue. Cependant, une guerre de type hybride est très probable. Des régions importantes de ces pays sont encore composées d’une majorité de russophones, qui, factuellement, sont combattues par les autorités des différents pays baltes dans leur identité russe. Ainsi, il n’est pas exclue que, dans les années à venir, apparaissent des revendications indépendantistes dans ces régions, avec l’autoproclamation de nouvelles républiques autonomes comme dans le scénario ukrainien, et pourquoi pas, avec l’apparition de ceux qu’on appellent les « petits hommes verts », comme ce fut le cas en Crimée en 2014.

La Russie a appris la leçon, et sait maintenant comment se défendre. Et jusqu’à présent, ce sont des bases américaines qui se trouvent à quelques centaines de kilomètres de Moscou, et non pas des bases russes au Mexique ou au Canada…

Les vigies antirusses de notre Système politico-médiatique ont-elles raison de dénoncer un nouvel appétit impérial russe ?

L’ironie de la chose, est qu’ils prétendent stigmatiser un empire fantasmé, l’empire russe, comme pour cacher un vrai empire, l’empire anglo-américain.

La Russie n’a en aucun cas des prétentions impériales. Premièrement, parce qu’elle n’en a pas les moyens. Sa démographie et son économie ne le permettent pas. Deuxièmement, parce que toute la politique extérieure menée par la Russie depuis l’incursion militaire en Géorgie en 2008 jusqu’à aujourd’hui, n’a jamais visé une extension du territoire russe (je pense qu’avec plus de 17 millions de kilomètres carrés, ils n’en ontn pas vraiment besoin), mais à déjouer la stratégie d’étouffement imposée par les Américains.

Et le pire, c’est que ces cerbères médiatiques de l’empire judéo-anglo-américain savent qu’ils mentent ouvertement, et que leurs mensonges, contribuent à la marge à prolonger une guerre qui a jusqu’à présent coûté la vie à des centaines de milliers de Slaves, pour servir les intérêts des élites à Washington et à Londres.

Le seul espoir réside dans le fait qu’une partie importante des citoyens européens, comprend la manipulation mais n’ose pas encore ouvertement la dénoncer.

Une pensée sur “Rachid Achachi nous ouvre les portes de l’âme russe

  • 29 novembre 2025 à 12 h 13 min
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    « Le communisme soviétique a été l’œuvre de très hautes sociétés secrètes. Est-ce à dire que ce régime politique constitue leur objectif dernier, l’état définitif dans lequel elles abandonneraient le monde, comme si elles bornaient là leur ambition ? Certainement pas. Malgré la menace de le voir se retourner contre elles, elles ne voient en lui qu’un instrument de désorganisation du vieux monde, et de l’Occident en particulier, pour organiser sur ses ruines leur gouvernement mondial. » (Pierre Virion)
    Tout comme lors de la Guerre de 1914-1918, qui a permis au communisme de prendre le pouvoir en Russie, la deuxième Guerre mondiale permettra au communisme (de Staline) d’étendre son emprise, avec l’approbation (et le soutien) de la haute finance. Puis, après Khrouchtchev, qui succèdera à Staline et qui sera l’artisan d’une « déstalinisation » de l’URSS (il dénoncera les crimes de Staline au Congrès du PC en 1956), et d’une « Détente » avec les USA, une nouvelle phase débutera au milieu des années 1980 avec l’arrivée, à la Direction du Parti Communiste, de Mikhail Gorbatchev, futur prix Nobel de la Paix (comme Barack Obama) qui, de 1985 à 1987, mettra en œuvre un programme de « réformes » économique et politique, appelé « Perestroïka » (Restructuration), et qui aboutira à la désintégration de l’URSS, conséquence indispensable à la mise œuvre d’une plus grande « efficacité économique » et d’une « démocratisation des institutions ». « Pour faire une révolution, disait Julian Huxley, l’alternative démocratique est la plus désirable et la plus permanente ; la méthode totalitaire s’autodétruit à la longue. ».
    Ainsi, l’économie soviétique gorbatchévienne se libéralisera grâce aux injections massives de la Haute Finance, et, dans le même temps, l’économie occidentale poursuivra à rythme soutenu sa socialisation.
    Mikhail Gorbatchev, qui démissionnera en décembre 1991, laissera place à Boris Eltsine, évidente « marionnette » intérimaire et fortement alcoolisée, qui sera élu, dorénavant au suffrage universel, Président de la nouvelle « République Fédérative de Russie » (afin de se donner une image de sobriété, Boris Eltsine inaugura son mandat avec une campagne musclée contre la consommation de vodka qui, d’ailleurs, fut l’une de ses mesures les plus controversées). Il tiendra ce rôle jusqu’en décembre 1999, lorsqu’il démissionnera à son tour. Son incapacité pour raison de « santé » (Eltsine sombrait de plus en plus dans l’alcoolisme) et son incompétence, qui seront mises à la disposition des projets des globalistes, permettront de préparer l’avènement et le long règne d’un nouvel acteur politique majeur, et plus « moderne » : Vladimir Poutine.
    C’est ainsi que le 31 décembre 1999, au moment où la guerre en Tchétchénie interdisait tout débat sérieux, quelques oligarques organisèrent une discrète passation des pouvoirs d’Eltsine à Poutine, sans élections à la clé. Pour beaucoup aujourd’hui, Vladimir Poutine est devenu une sorte de « Superhéros » luttant contre le « Nouvel Ordre Mondial », à l’instar de son homologue étasunien, et milliardaire, actuel, Donald Trump, tant vanté et glorifié, lui aussi, par une dissidence peut-être un peu trop naïve. Ancien Officier du KGB, les Services de renseignements soviétiques, et donc issu du « système » (Poutine a passé 17 ans au KGB avant que Boris Eltsine fasse de lui, en 1998, le directeur du FSB, ex-KGB), rappelons que le premier geste de Vladimir Poutine en tant que président fut de signer la loi qui mettait son prédécesseur à l’abri de toute poursuite judiciaire, que ce fût pour des actes de corruption ou pour les assassinats de manifestants en faveur de la « démocratie » commis par l’armée pendant qu’il était au pouvoir. De plus, bien que figure centrale de l’exécutif de la nation Russe depuis 1999, rappelons également qu’une commission parlementaire britannique a publié en mai 2018 un rapport alertant sur le fait que la « City » serait devenue un centre de blanchiment d’argent pour les hommes d’affaires russes et pour Vladimir Poutine et son entourage, ce qui a valu à la capitale britannique le surnom de « Londongrad ». Enfin, notons qu’en hâtant l’effondrement de l’empire américain, Donald Trump (à l’instar de M. Gorbatchev en URSS) agit comme un allié objectif des intérêts globalistes de la « City » dont le seul objectif est l’avènement d’un gouvernement mondial. Car précisément, le gouvernement mondial ne pourra voir le jour que sur les décombres des États, tout empires soient-ils.
    Sur « META TV », en juin 2015, l’ancien présentateur Tepa recevait Pierre Hillard à l’occasion de sa préface publiée dans la réédition du livre de Carroll Quigley « L’histoire secrète de l’Oligarchie Anglo-Américaine ».
    Au cours de l’interview, Pierre Hillard rappelle que lors de son discours du 24 octobre 2014 au « club de discussion Valdaï », Vladimir Poutine reconnaissait la nécessité d’un « Nouvel Ordre Mondial », la création de puissantes unions régionales, ainsi que des règles commune acceptées par tous et permettant la stabilité et la sécurité entre les centres régionaux, interdisant, par la même, la politique d’un « cavalier seul », sous-entendu les Anglo-Saxons qu’il accuse de vouloir gouverner le monde « selon leurs seuls intérêts ».
    Il ressort donc de ceci que Poutine ne souhaite pas détruire le « Nouvel Ordre Mondial », mais simplement le gérer à sa manière.
    Dans le cadre d’un mondialisme « mou », Poutine semble donc vouloir mettre en place une gouvernance mondiale et des unions régionales : « Il vaut mieux des règles communes, même contraignantes, dit-il lors de son discours de Valdaï en 2014, que pas de règle du tout. Il faut arriver à se mettre d’accord sur des Règles communes.»
    Vladimir Poutine et ses « alliés » veulent une union Eurasienne. « Mais là où ça coince c’est avec l’Ukraine, dit Pierre Hillard, car le monde Anglo-Saxon veut prendre l’Ukraine sous sa coupe, ce qui est inadmissible pour la Russie. »
    Au sujet de l’Ukraine, Pierre Hillard rappelle qu’une grande partie de ce pays fait partie de l’ancien territoire Khazar.
    Pierre Hillard précise encore que Poutine, qui souhaite étendre sa zone d’influence, proposa lors d’une réunion Russie/Union Européenne à Bruxelles (en janvier 2014), la création d’un bloc continental allant de Lisbonne (Portugal) à Vladivostok (ville Russe près de la mer du Japon).
    « Cette proposition, dit Pierre Hillard, fit hurler d’horreur les élites Anglo-Saxonnes », car si un tel bloc eurasiatique (politique et économique) unifié voyait le jour, cela sonnerait le glas du grand marché transatlantique Anglo-Saxons et celui, par conséquent, de ses multinationales ; sans parler du gigantesque projet chinois, la BRI (« Belt & Road Initiative » ou « Initiative de la Ceinture et de la Route de la Chine »), concernant la nouvelle « route de la soie » économique, maritime et numérique du XXIème siècle.
    Toujours en janvier 2014, lorsque Vladimir Poutine proposa une énième fois la création de ce bloc continental, la réponse Anglo-Saxonne ne se fit pas attendre : dès février 2014 surgissait la révolution de Maïdan, ou « révolution de Février », en Ukraine… dont les effets durent encore.
    NB : Quasar, astre d’apparence stellaire et de très grande luminosité, dont le spectre présente un fort décalage vers le rouge.
    « Mille ans avant la naissance de l’actuel État d’Israël, un Royaume juif existait sur les marches orientales de l’Europe, à cheval sur les plaines baignées par le Don et la Volga …»
    Ainsi commence le célèbre ouvrage de l’auteur juif américain Kevin Alan Brook : « The Jews of Khazaria ».
    « L’histoire semi fictive des Khazars a fait d’autant plus fantasmer de nombreux auteurs, et les documents historiques réels concernant cette nation indo-turquo-slave sont si minces, que durant des siècles l’immense royaume sis entre les bassins de la Volga, du Don, du Dniepr jusqu’à la mer d’Aral, la mer Caspienne et au Caucase avait quasiment disparu de la mémoire des hommes. », écrit Aline de Diéguez dans son ouvrage « Aux sources du chaos mondial actuel »
    Composé de plus de vingt groupes ethniques ou « nations » (tribus), la puissance de l’empire Khazar couvrait une surface immense. Elle a rayonné pendant un demi millénaire (entre le VIe et le XIe siècle) sur les régions qui correspondent aujourd’hui à l’Europe de l’Est et aux marches de l’Asie.
    L’histoire des Khazars est demeurée à peu près inconnue jusqu’au début du VIIe siècle. On sait seulement qu’ils faisaient partie de l’empire Turc et qu’ils conquirent leur indépendance après que des guerres intestines eurent provoqué l’éclatement de cet empire.
    Après deux siècles de prospérité le royaume Khazar officiellement juif (au sens que ce mot a aujourd’hui) finit par dépérir à la suite de multiples affrontements avec des tribus Vikings, Arabes ou Varègues qui se déplaçaient le long des grands fleuves et de nombreuses autres tribus guerrières de la steppe. Il subsista encore quelques décennies entre 933 et 969, mais il est établi que l’empire des plaines n’existait plus au début du XIe siècle
    Les redoutables pillards « Rhuss » se convertiront au Christianisme byzantin, dit orthodoxe, par opposition au Christianisme Romain. Ils donneront naissance à une nouvelle nation, la « Rhuss de Kiev », soutenue par l’empire Romain d’Orient et berceau de la Russie moderne (la « Rhuss de Kiev » est à la fois aux origines de la Russie, de la Biélorussie et de l’Ukraine actuels, autrement dit de l’ensemble du monde Russe).
    Profitons-en pour rappeler que la ville de Kiev, dont le nom est Turc (de « KUI », la rive et « EV », l’emplacement), fut, dit-on, créée par les Khazars.
    La notion de « peuple » juif, est bien une création récente, comme l’a parfaitement démontré Shlomo Sand dans son ouvrage « L’invention du peuple juif ».
    Le mystérieux royaume Khazar a influencé notre monde moderne d’une manière dont nous n’avons pas toujours conscience. Les Khazars n’avaient longtemps intéressé que des spécialistes de l’histoire de l’Asie centrale, comme le révèle la bibliographie d’Alan Brook évoquée ci-dessus. Les innombrables « chercheurs » qui pullulent aujourd’hui dans les universités américaines ont trouvé-là une mine d’autant plus inépuisable qu’il s’agit d’une matière à controverses, souvent violentes, toujours passionnées : pour les uns, l’ensemble des Khazars a été converti au Judaïsme et représente la quasi-totalité des juifs dits « Ashkenazes » contemporains, pour les autres, seule une toute petite partie de l’aristocratie de l’empire Khazar a rejoint la nouvelle religion et les juifs de la région sont de purs descendants de leurs co-religionnaires judéens. Les positions mixtes ont également d’innombrables adeptes.
    Toujours est-il que la « question khazare » a opéré un débarquement tonitruant dans l’histoire contemporaine avec la polémique liée à la colonisation de la Palestine à partir de la fin du XIXe siècle. En effet, à partir de cette période, qui correspond à l’apogée de tous les mouvements colonisateurs européens, d’immenses cohortes de juifs dits « Ashkenazim », originaires des régions autrefois occupées par les tribus de l’empire Khazar tardivement converties au Judaïsme, ont déferlé sur une Palestine miraculeusement métamorphosée en « terre de leurs ancêtres ». Ils en revendiquaient la propriété au nom de la connaissance qu’ils possédaient par « ouï-dire » de l’existence d’un acte notarié dressé entre un « extra-terrestre » et d’hypothétiques ancêtres qui auraient été « méchamment » privés de leur héritage par de cruels centurions romains.
    Aussi, profitons-en pour rappeler que TOUS les premiers ministres du nouvel Etat surgi en terre palestinienne en 1948 sont originaires d’Europe orientale et des régions qui correspondent à l’ex-empire Khazar : David Ben Gourion (Pologne), Moshé Sharett (Ukraine), Levi Eshkol (Ukraine), Ygal Allon (famille roumaine), Golda Meir (Ukraine), Yitzhak Rabin (parents ukrainiens), Menahem Begin (Biélorussie), Yitzhak Shamir (Biélorussie), Shimon Peres (Biélorussie), Ehud Barak (parents lituaniens), Ariel Sharon (parents biélorusses), Ehud Olmert (père russe) et Benyamin Netanyahou (grand-père lituanien).
    Un article paru dans « Time of Israël » du 5 avril 2014, dont le titre est : « Les juifs de Russie et d’Ukraine sont en guerre ». Dans cet article, on pouvait lire que « Les élite Juives d’Ukraine, soutenues par l’Occident, sont en guerre contre les Juifs de Russie qui soutiennent Poutine. »
    En fait, on assiste dans cette histoire à des guerres entre clans Juifs : entre Juifs libéraux, Juifs orthodoxes… ce sont des rivalités entre clans Juifs au nom de la Russie, au nom de l’Ukraine, au nom de l’Union Européenne, au nom du monde Anglo-Saxon.
    Lien : https://livresdefemmeslivresdeverites.blogspot.com/2017/07/introduction-livres-de-femmes.html

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