Ukraine : Le « Barbarossa financier » qui s’annonce

Dominique Delawarde – 17 février 2022

Le général Delawarde est l’ancien chef «Situation-Renseignement-Guerre électronique» à l’État major interarmées de planification opérationnelle

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Voici une analyse intéressante du Capitaine de vaisseau Yves MAILLARD, ancien attaché naval en URSS et en Russie.

L’argumentation me paraît convaincante. Pour autant, je suis moins pessimiste pour l’avenir de la Russie que ne l’est Yves MAILLARD pour au moins 5 raisons.

1 – Les propositions russes pour garantir la Sécurité de la Russie, en fixant une ligne rouge, et pour éviter de dériver vers une guerre en Europe, émane du trio Poutine- Lavrov-Choïgou. Ces trois hommes sont des dirigeants très expérimentés, qui connaissent, pour les avoir pratiqué depuis plus de vingt ans, tous les « ressorts » et « comportements » des USA et de l’OTAN. Ils ne se sont pas lancés, à la légère, en fin d’année 2021, dans la proposition sous forme d’ultimatum qu’ils ont adressée à l’OTAN pour assurer la sécurité de leur pays. Ils savent ce qu’ils font et ont probablement choisi ce moment pour le faire.

En clair, dans la partie d’échec ou de poker menteur qui est en cours sur l’affaire ukrainienne, Poutine-Lavrov et Choïgou ont très probablement plusieurs coups d’avance sur les réactions occidentales qu’ils ont forcément anticipées. Ils ont les bonnes cartes en main. S’ils ne les avaient pas, ils auraient attendu un moment plus opportun.

2 – Le plan Barbarossa déclenché par Hitler contre la Russie a vite tourné à la débâcle pour l’Allemagne nazie. Un éventuel Barbarossa de sanctions économiques occidentales a toutes les chances de connaître le même sort. En effet, la Russie a une grande habitude des sanctions et s’en est accommodée. La couper du système SWIFT, sanction anticipée par le Kremlin, pourrait précipiter l’avènement d’un système concurrent, techniquement prêt, qui pourrait être proposé par le binôme Chine-Russie à tous leurs partenaires de l’OCS et des BRICS, précipitant la fin de l’hégémonie du dollar.

3 – Sur le plan militaire, l’OTAN n’est plus ce qu’elle était en 1990. Elle a perdu une large part de sa puissance et de sa suprématie. Elle est aujourd’hui divisée. Rebâtir une cohésion face à une menace russe imaginaire ne fait pas l’unanimité en Europe, mais aussi aux USA. L’opinion publique ne suivra pas. Ainsi, un sondage You Gov du 14 février 2022 montre qu’une forte majorité des vétérans US sont opposés à toute guerre contre la Russie.

4 – L’occident semble bien avoir aujourd’hui un problème majeur à résoudre: celui de la division de sa population en deux camps irréconciliables: le camp des mondialistes ou « globaliste » et celui des souverainistes. Tous les pays membres de l’OTAN semblent être aujourd’hui frappés par ces divisions qui frisent, à certains égards, la guerre civile. On ne se lance pas dans des aventures guerrières avec plus fort que soi sans un minimum de consensus national que l’on n’obtiendra pas.

5 – En dépit de leurs rodomontades, les occidentaux connaissent aujourd’hui des problèmes majeurs de dettes et de déficits (déficits budgétaires et déficits commerciaux). Pour s’en tenir à l’exemple américain, la dette fédérale US était de 23 000 milliards de dollars en décembre 2019. Elle vient de dépasser les 30 000 milliards de dollars (+ 30% en 2 ans). Le déficit budgétaire US a dépassé les 3 000 milliards de dollars, le déficit commercial a dépassé les 1 000 milliards de dollars. Que cela nous plaise ou non, ces records fragilisent la super (?) puissance US aux yeux du monde entier qui observe avec intérêt l’évolution des choses. A quelques mois des élections de mi-mandat, Biden et le camp des « globalistes » qui le soutient sont désormais en grande difficulté.

En conclusion, toute sur-réaction US ou Otanienne risque fort de tourner très vite à leur détriment.

La Douma vient de voter une résolution demandant la reconnaissance des deux républiques de Lougansk et de Donetsk. Si Poutine mettait ce projet à exécution, cela changerait considérablement la donne au détriment de l’Ukraine, toujours rétive à mettre en application les accords de Minsk, sans même qu’un seul coup de feu ne soit tiré. Les occidentaux en seraient pour leur frais.

Dominique Delawarde

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UKRAINE

Le « Barbarossa financier » qui s’annonce.

Par le Capitaine de Vaisseau (H) Yves Maillard

Ancien attaché naval en URSS, puis Russie.

Ne croyez pas un mot des soi-disant négociations en cours entre les États-Unis et la Russie pour résoudre la « crise ukrainienne ». Il n’en ressortira rien. Rien qu’une accusation de plus contre ce dernier pays de ne pas avoir voulu jouer le « jeu diplomatique », et pour l’Amérique l’argument de pouvoir en tirer parti pour prétendre justifier de le frapper durement, comme l’Amérique sait le faire.

L’Ukraine ? Un pays de malheur et de misère ravagé par un siècle de terribles tourments : la guerre de 14-18, la révolution bolchevique, la guerre civile, l’effroyable famine répressive stalinienne, la Seconde Guerre Mondiale, le totalitarisme soviétique… On est loin de ce que Maria Gagarine écrivait et décrivait dans « Blonds étaient les blés d’Ukraine »…

Les Américains n’en ont rien à f… de l’Ukraine, et encore moins du Donbass. Ils ne voient dans ce pays et l’abcès qu’ils y ont mis délibérément que l’instrument de la guerre qu’ils entendent mener contre la Russie, qu’elle soit dirigée par Poutine ou un autre. Guerre, véritable guerre avec tout ce que cela veut dire, pour avoir commis, pour commettre encore, le crime impardonnable à leurs yeux que constitue le fait de s’attaquer au dollar, le dieu-dollar qui règne sans ambage et sans justification, ni économique, ni politique, ni morale surtout, sur la planète entière depuis longtemps, trop longtemps.

Forts de leur participation à la destruction de l’Allemagne nazie en 1945, de leur victoire sur le Japon, de leur KO debout de l’Union Soviétique en 1991, et s’appuyant sur une force militaire à la supériorité mondiale écrasante, ils inondent depuis soixante-quinze ans le monde entier d’une quantité invraisemblable de dollars, des milliards de dollars, des milliers de milliards de dollars, des dizaines de milliers de milliards de dollars, plus de 30 000 milliards de dollars aujourd’hui rien que pour l’état Fédéral, qui ne leur coûtent rien, mais avec lesquels ils achètent tout, ils polluent tout, ils corrompent tout, ils pillent la planète.

Dollars émis pratiquement sans contrepartie par la planche à billets, comme Jacques Rueff, du temps du Général de Gaulle, l’avait très bien dénoncé et avait conduit à convaincre ce dernier de prendre les mesures qui s’imposaient alors pour la défense des intérêts de notre pays. Les pays qui amassent des dollars en grande quantité en paiement des biens vendus et services rendus à l’Amérique seront tôt ou tard les dindons de la farce car ils finiront par se rendre compte, c’est inévitable, que ces créances ne valent rien, ou pas grand chose. La détention de dollars, sous quelque forme que ce soit, que ce soit par des particuliers, des entreprises ou des états, ce n’est pas autre chose qu’une créance sur l’Amérique. Or il n’y a pas, et il n’y aura jamais, et de loin, en Amérique, de bien à vendre ou à produire, pour apurer ce qui de l’autre côté s’appelle la dette. Mais du fait du leadership mondial, militaire essentiellement, de l’Amérique, personne n’ose bouger. L’Amérique vendue à la découpe, si on pouvait le faire, ne permettrait pas d’apurer sa dette, tellement elle est énorme, monstrueuse.

Les rares pays qui, par le passé récent, ont osé s’élever contre cela, comme l’Irak de Saddam Hussein et la Libye de Kadhafi, forts croyaient-ils de leurs ressources pétrolières sur lesquelles  ils espéraient pouvoir construire une indépendance financière et monétaire libérée du dollar, ont connu le sort tragique que l’on sait, justement pour avoir essayé de faire ça.

Qu’a fait la Russie ? Pourquoi a-t-elle déclenché une telle haine de l’Amérique à son égard ?

Parce que depuis une quinzaine d’années, petit à petit, elle s’est défaite de l’essentiel de sa créance en dollars sur l’Amérique. Une centaine de milliards de dollars, ce qui peut paraître modeste au regard des trente mille précédemment cités, quand on sait que des pays comme la Chine en détiennent mille, ou le Japon mille trois cents. Mais c’est une brèche insupportable pour les Américains dans leur citadelle dollar, qui ne manquera pas de faire école dans le monde entier, si la Russie n’est pas « punie ». Et de conduire à l’effondrement total du dollar sur lequel se fondent la prospérité imméritée de l’Amérique et sa domination impérialiste du monde.

L’enjeu de ce qui se passe en ce moment en Ukraine, ce n’est bien évidemment pas l’Ukraine, dont tout le monde se f…, et encore moins le Donbass, dont tout le monde ou presque ignorait l’existence même jusqu’à ce jour, mais la pérennité du roi-dollar américain qui ne tient et n’existe que grâce à l’écrasante supériorité militaire américaine sur le monde.

S’attaquer au dollar, ce qu’a donc fait la Russie en réclamant ce qui n’était que son dû légitime, c’est, pense l’Amérique, s’attaquer à elle, s’attaquer mortellement à elle car elle est insolvable de l’ensemble de ses dettes, et quand les autres pays créanciers du monde réclameront, eux aussi, leur dû, c’est inéluctable, ce sera sa déroute financière et morale.

L’Amérique se comporte comme ce débiteur insolvable, ce voyou, qui n’a, pense-t-il, que le recours de tuer son créancier qui réclame son dû, ou celui qui dénonce qu’il est un voyou. L’Amérique n’a qu’une réponse, c’est la guerre. La guerre totale. C’est ce qui se passe.

Son problème c’est qu’elle ne peut pas ouvertement déclarer la guerre à la Russie.

Il y a quasiment tous les jours des responsables politiques ou des généraux américains qui réclament le bombardement atomique de la Russie ! En violation flagrante de ce tout ce qui a pu être construit en matière de paix et de sécurité dans le monde depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale, à commencer par l’Organisation des Nations Unies. C’est épouvantable ! Et personne ne le dénonce. Ils n’oseront sans doute pas le faire. Le système de dissuasion russe, bien dimensionné, bien déterminé, ne le leur permettra pas. Nul doute que Poutine, approuvé certainement par la totalité du peuple russe, répondrait à une attaque atomique américaine par une riposte atomique à niveau, sans crainte d’une quelconque « escalade ».

L’Amérique n’a pas envie, non plus, de perdre un seul soldat pour l’Ukraine en Europe, Biden vient de le rappeler. Alors il leur faut, il leur a fallu, trouver autre chose pour punir la Russie de s’être débarrassée de ses dollars.

Il y a une évidence, pour ceux qui connaissent un peu ces pays, c’est que la Russie et l’Ukraine sont des pays, culturellement, anthropologiquement, très proches. Ils sont aussi proches que le sont le Nord et le Sud de la France, que l’étaient les Allemagne de l’Ouest et de l’Est.

Les Américains ont cyniquement créé la la situation dont ils espèrent pouvoir tirer parti en provoquant une réaction des Russes qui justifierait, selon eux, l’action de « punition » qu’ils entendent infliger à la Russie. Quitte à agir contre la nature des peuples

C’est la partition de l’Ukraine. Ils ont chassé un régime qui pour n’être pas un modèle n’en avait pas été moins démocratiquement élu, pour le remplacer par un régime nationaliste et fascisant, tenu à bout de bras économique, après avoir pillé le maigre avoir financier de ce pauvre pays quasi miséreux.

Changement de régime qui a eu pour conséquence inévitable le soulèvement d’une partie de la population qui ne l’acceptait pas, et s’est fatalement retournée vers la Russie pour demander son aide. Le Donbass russophone et russophile. Celui-ci a aujourd’hui, de fait, quasiment fait sécession. Moscou, à présent, avec ses roubles, paye tout : les salaires des fonctionnaires, des entreprises, des retraités. L’État ukrainien n’y existe pratiquement plus. Aucune activité économique ne traverse la frontière entre l’Ukraine et le Donbass. Deux postes frontières restent ouverts pour les seules visites inter-familiales, car les liens familiaux entre les deux parties de l’Ukraine sont très forts, comme ils sont toujours très forts entre la Russie et l’Ukraine..

Le scénario de guerre et de « punition » mis en place par l’Amérique, avec l’appui de la Grande Bretagne.

Contrairement à ce qu’affirme la propagande américaine, la Russie n’a aucune intention d’envahir l’Ukraine.

Les anglosaxons font tout pour pousser l’Ukraine à attaquer le Donbass. Ils donnent en ce moment à l’Ukraine argent, armes et munitions en grandes quantités. Justement de ces grandes quantités de munitions dont on a besoin pour soutenir une guerre qui doit durer. C’est criminel, délibéré, ciblé, signé.

Avec l’odieux chantage sur un pays économiquement et financièrement aux abois : « Si vous n’attaquez pas, on vous coupe les vivres », et c’est la population qui en souffrira. Comme ils ont su faire souffrir le peuple irakien, interdit de vendre ses hydrocarbures, ce qui aurait permis de ne pas laisser mourir de faim, de manque de médicaments et d’eau potable, des centaines de milliers d’enfants. Comme en ce moment les maigres avoirs du peuple afghan sont gelés du fait américain à l’extérieur du pays alors que la population connaît la famine. Crimes contre l’humanité à mettre au même rang que la Shoah.

Les Américains ont promis aux Ukrainiens qu’ils récupéreront non seulement le Donbass, mais aussi la Crimée. Promesses irresponsables.

L’attaque du Donbass entraînera immédiatement la réaction de Moscou qui tentera de s’y opposer militairement, en intervenant sur un territoire, officiellement, encore ukrainien. L »agression », clairement contraire aux dispositions de la charte des Nations Unies, sera caractérisée. Les Américains s’estimeront en droit de « punir la Russie ». Bien que personne ne leur ait jamais conféré ce « droit de punir », mais ils le prendront.

Ils n’attaqueront pas militairement la Russie. Ils ne le peuvent pas, on l’a vu ci-dessus, ni à l’arme atomique, pour cause de riposte russe probable, ni par armes classiques, ne voulant perdre aucun soldat. Mais ils ont la capacité de nuire à ce pays pratiquement autant que s’il l’avait militairement attaqué. C’est ce qu’on pourrait appeler un « Barbarossa financier ». Tout est en place. Tout a été annoncé. Tout peut être déclenché du jour au lendemain.

Tous les avoirs russes, que ce soient les avoirs d’État, des entreprises ou des particuliers, en dépôt dans les banques anglo-saxonnes, seront gelés, confisqués. Il faut s’attendre aussi à ce que les États-Unis et la Grande Bretagne fassent pression sur tous les pays du monde pour que eux-aussi gèlent aussi les avoirs russes, notamment par les établissements bancaires où les anglo-saxons ont des intérêts ou des participations, et où ils sont en mesure de dicter leurs volontés.

Tout commerce avec la Russie sera interdit. Le blocus sera total. Biden a d’ores et déjà averti que « North Stream 2 aurait cessé d’exister ». Il ne précise pas si ce serait avec ou sans bombardement. Les Allemands n’ont pas réagi à ce jour.

La Russie sera débranchée du système de paiements et de compensations financières international et planétaire, mais contrôlé par les anglo-saxons, SWIFT.

Bref, ce sera l’asphyxie financière pour la Russie. Tous les pays du monde recevront toutes sortes de pressions, sous peine de sanctions, s’ils ne s’y plient pas, pour contribuer à cette asphyxie. Il n’y a guère que la Chine et quelques pays qui se comptent sur les doigts de la main qui seront en mesure de résister.

Pour la Russie cela risque d’être terrible. Eux aussi ont besoin des ressources de leurs exportations pour vivre, simplement se nourrir. Ils paieront cher d’avoir voulu s’affranchir du dollar-roi. Ce qui était pourtant leur droit le plus strict. La Russie sera assommée, durablement et profondément assommée, espèrent les Américains, de quoi dissuader quelque autre pays d’en faire autant, en particulier les pays d’Asie, ce qui est le but de l’opération.

Pour eux la Russie n’est plus qu’un « petit pays de moins de cent cinquante millions d’habitants » au sort duquel ils sont indifférents. C’est probablement là une grave erreur. Ils ont oublié l’Histoire, et en particulier que la Russie a survécu….à Barbarossa de Hitler.

Accessoirement, si on peut parler ainsi, les dégâts collatéraux dans le monde seront considérables. Nous sommes en tant qu’Européens parmi les premiers concernés. Mais de celà la puissante et égoïste Amérique se moque éperdument. Elle veut avant tout et à quelque prix que ce soit pour la terre entière sauver son dollar. La Grande Bretagne a pris ses précautions en quittant le navire européen en temps utile.

Heureusement le pire n’est jamais sûr.

D’abord, de toute évidence, tout nationaliste au regard un peu court qu »il soit, Zelensky le leader ukrainien hésite. Il n’apprécie pas la campagne de désinformation américaine selon laquelle la Russie aurait l’intention d’attaquer, non pas dans le seul Donbass, mais l’Ukraine en totalité. Cela agace tout autant le haut commandement militaire allemand, qui d’habitude ne fait jamais parler de lui indépendamment des instances politiques du pays, mais qui tousse en la circonstance, car il sait que c’est de la désinformation.

Zelensky sait que s’il attaque le Donbass dans la perspective de le ramener sous l’autorité de Kiev, même s’il est plus que soutenu militairement par les anglo-saxons, il n’est pas sûr de vaincre l’armée russe prépositionnée pour contenir cette attaque. Armée bien équipée, entraînée, dimensionnée à ce qui est nécessaire, motivée, sans doute plus que ses propres troupes dans la perspective d’une telle confrontation. L’armée ukrainienne, certainement, est prête moralement à s’opposer à une éventuelle attaque russe de l’Ukraine toute entière, puisque la propagande lui dit que cela va se produire. Aller déloger manu-militari les séparatistes du Donbass, ce serait une autre affaire, en tous cas beaucoup plus risquée. Il sait à quoi s’en tenir sur la menace brandie de « Barbarossa financier » à l’égard de la Russie. Celle-ci ne cèdera pas au chantage implicite contenu dans cette menace.

D’ailleurs l’ambassadeur de Russie en Suède vient de le rappeler opportunément au cas où certains auraient pu avoir des doutes. Si Zelensky attaque, Poutine répliquera en faisant franchir la frontière par ses troupes, sans état d’âme, pour soutenir les séparatistes. Il  n’y a pas de doute à avoir à cet égard. C’est bien pourquoi, justement, Zelensky n’attaquera peut-être (sans doute ?) pas. Il aurait beaucoup plus à perdre dans cette folle aventure qu’à y gagner.

Ce sera alors l’échec du diabolique et cynique plan anglo-saxon.

Les Américains vont-ils alors renoncer à « punir » la Russie ? Malheureusement non.

Et là il faut s’attendre au pire. Le « Barbarossa financier » ils le déclencheront de toute manière, car dans leur logique impérialiste ils n’ont pas le choix, avec ou sans le prétexte de la violation de la frontière ukrainienne par la Russie, qu’ils auront échoué à provoquer. Le prétexte n’ayant pas marché, ce sera sans. Ils n’en auront besoin d’aucun autre de plus, d’aucun mensonge supplémentaire, même s’ils ne se priveront pas d’en répandre comme ils savent le faire. Poutine, Lavrov  et Choïgou s’y attendent, et s’en inquiètent à juste titre. Le président Macron, dont on ne peut que saluer les efforts méritoires et sans doute sincères en vue de désamorcer la situation actuelle, est en réalité à côté du problème, dont il ne voit pas les termes profonds. Le ministre Le Drian, manifestement, non plus. Leurs démarches et objurgations n’ont aucune chance d’aboutir à quoi que ce soit.

Avis de tempête, donc. Attention au réveil de la Russie.

Et si le fantôme de Lénine rodait toujours ? Lui dont le mausolée honore toujours la place rouge et du haut duquel le pouvoir russe apprécie chaque année son appareil militaire quand il défile, comme avant. Trente navires de guerre de la flotte russe de la mer Noire sont en ce moment à la mer pour faire face aux menaçants navires de l’OTAN. Dans sa chambre au-dessus de son bureau chaque commandant a conservé, comme avant, les œuvres de Lénine. Où il est écrit, entre autres : » Pour détruire le régime bourgeois, il suffit de corrompre sa monnaie ». Le dollar, avez-vous dit ? Les Russes n’ont pas eu besoin de le corrompre. L’Amérique l’a fait toute seule. On y est.

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