Convoi de la Liberté : le risque d’une révolution colorée ?

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Par Alexandre Keller

Analyste passé par les rédactions de RT France et de Sputnik pour contrer le narratif officiel, Alexandre Keller est un contributeur de Strategika. Il anime aussi le canal Telegram : t.me/kompromatmedia

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Bien entendu, les milliers de Français qui se mobilisent dans les convois de la liberté sont sincères. Et leur combat louable.

Mais l’oligarchie mondialiste a plus d’un tour dans son sac. Grâce à son armada de cabinets de conseil, une bureaucratie qui travaille sans relâche à avoir un coup d’avance sur les peuples et des fonds sans limite, précisément prélevés sur ces peuples.

Aussi, la classe politique cherche à gagner dans tous les cas de figure. Si les peuples ne bougent pas, l’agenda covidiste peut avancer : identité numérique, contrôle social, crédit carbone… en résumé le Great Reset de Davos et de Schwab.

Et si les peuples se révoltent, le chaos social permettrait de disqualifier le niveau de gouvernance stato-national pour un niveau supranational. Mélange des genres dystopique fait de partenariats entre despotes éclairés du XXIe siècles – Bill Gates, Mark Zuckerberg, Klaus Schwab etc. – et structures antidémocratiques comme l’Union européenne.

Un blocage de l’économie par ses chaînes logistiques peut-il réellement faire plier les gouvernements ? Ou au contraire provoquer des pénuries dont seules les populations feraient les frais ? Nul doute qu’à l’instar d’Hitler dont le bunker était garni de boîtes de conserve de la « réserve du Reich», Trudeau à Ottawa ou Macron dans le sous-sol de l’Elysée ne se priveraient pas d’un bon repas. La flotte de berlines de la Présidence ne serait pas à court de super sans plomb, même à 2 euros le litre, ou de batteries au lithium «écolos».

Plusieurs signes doivent alerter.

D’abord, les médias apportent une large couverture au mouvement qui rappelle celle des Gilets jaunes. Numerama n’hésite pas à diffuser la carte des convois. Le Monde tente dans un article de caractériser le mouvement comme un nouvel épisode des Gilets jaunes.

«Aucune figure politique n’apparaît jamais, si ce n’est celle de Coluche, déjà très présente lors du mouvement des «gilets jaunes» à l’automne 2018», note le quotidien, dont on sent le mépris de classe, non seulement avec les guillemets autour de «gilets jaunes» mais aussi la référence à Coluche.

La machine médiatique a déjà commencé son travail debordien d’inversion spectaculaire. C’est sans doute Thomas Huchon, qui résume et révèle l’objectif narratif du Système : confondre Convoi de la liberté et Gilets jaunes et finir de les discréditer, d’une pierre, deux coups.

Thomas Huchon est un parfait exemple de la nomenklatura française entretenue par le système. Fils de Jean-Paul Huchon, président de la région Ile-de-France de 1998 à 2015, et d’Odile Vadot, haute-fonctionnaire, Thomas est «passé» par le Centre de formation des journalistes, [ne] détaille [pas] Wikipedia. Chargé de conférences à Sciences Po Paris depuis septembre 2018, Huchon a été bombardé «spécialiste du web, des fake news et des théories complotistes». Il cumule les bullshit jobs de parasite social, comme dirait Michel Drac.

En réalité, comme Rudy Reichstadt (Conspi Watch), il fait partie de cette milice dorée dont la mission est de vérifier l’information que les gens échangent, et non de vérifier celle des médias.

«Autant il était difficile de mettre tous les Gilets Jaunes dans le même panier, autant là, j’attends encore qu’on me présente un membre du “Convoi de la liberté” qui ne partage pas d’idée complotiste. Rien qu’à voir les porte-paroles du mouvement..», a jugé Huchon sur le plateau de l’émission C à vous (France 5) le 10 février.

En outre, ces derniers jours, la classe politique s’est employée à utiliser le mouvement pour exciter le reste de la population. Sur le thème bien connu de la «prise en otage» lors des grèves SNCF du monde d’avant.

«La liberté ne peut pas être de vouloir bloquer», a déploré Aurore Bergé (LREM). Même refrain chez François Bayrou : «On ne peut pas accepter que la vie soit bloquée […] qu’un courant de pensée minoritaire empêche les autres de vivre».

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Le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, a beau jeu d’en profiter pour réaffirmer l’autorité de l’Etat, avec une «réponse extrêmement ferme».

Au-delà du détournement narratif et de son instrumentalisation aisée par le pouvoir, c’est la stratégie de blocage qui s’avère risquée.

En septembre dernier, la Chambre internationale de la marine marchande (ICS), l’organisation mondiale du transport routier (IRU), l’Association du transport aérien international IATA et la Fédération internationale des ouvriers du transport (ITF) ont signé une lettre avertissant les gouvernements du monde et les Nations Unies d’un «effondrement des systèmes de transport mondiaux».

Le Forum de Davos entretient également depuis plusieurs mois le spectre des pénuries.

Le  octobre 2021, The Economist, toujours bien renseigné, et propriétés de la famille italienne oligarchique Agnelli (Fiat) et de la branche londonienne des Rothschild, consacrait sa une à «L’économie de la pénurie».

Anecdotiquement, une grève paralyse des usines de pâtes Lustucru en France.

Enigmatique, Jacques Attali, le prophète bien tuyauté qui avait prédit en avril 2016 «une révolution avant 2022 en France», a tweeté récemment : «Les élections ne sont plus le moment de changements politiques majeurs. L’essentiel se joue ailleurs : les civilisations ne meurent pas de la bêtise ou de la folie des chefs, mais de la lâcheté des peuples.»

La classe dirigeante aux ordres de Davos n’aurait-elle finalement pas intérêt à une disruption des chaînes logistiques, afin de pousser l’agenda du «Vous ne posséderez rien et vous serez heureux» ?

… Et serez livrés par drones Amazon.

Alexandre Keller, pour Strategika

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