« La plus grave menace de tous les temps » – entretien avec Lucien Cerise

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Lucien Cerise, bonjour, merci d’avoir accepté notre invitation pour une troisième intervention chez Culture Populaire (cultpop.fr).Vous êtes un chercheur avec une formation éclectique, en sciences humaines et sociales, plus particulièrement en philosophie, en linguistique et en épistémologie des sciences. Votre parcours est original, dans la mesure où vous avez fréquenté de nombreux cercles de réflexion, de l’extrême-gauche à l’extrême-droite, si l’on voulait reprendre la terminologie médiatique usuelle. Vous êtes notamment l’auteur de plusieurs ouvrages aux thèmes parallèles, « Gouverner par le chaos – Ingénierie sociale et mondialisation », « Neuro-pirates – Réflexions sur l’ingénierie sociale » et « Retour sur Maïdan – La guerre hybride de l’OTAN ». Cet entretien portera essentiellement sur votre dernier livre, « Le suprémacisme blanc – Peuples autochtones et Great Reset », paru aux éditions Cultures et Racines en 2021.

1) Tout d’abord, qu’est-ce qui vous a conduit à écrire votre dernier livre, au titre presque provocateur ? En le parcourant, on voit que la « crise sanitaire » de la covid-19 vous a également inspiré. Quel est le rapport entre les deux sujets, apparemment éloignés ?

Lucien Cerise : La « crise sanitaire » m’a inspiré de nombreuses pages du premier chapitre, qui est une contextualisation à la lumière de l’actualité de la question du suprémacisme blanc, ce courant politique affirmant la supériorité de la race blanche. Les autres chapitres sont plus historiques, même si celui sur l’Ukraine a des prolongements dans l’actualité également. J’ai commencé à écrire ce livre en 2017 en exploitant des sources que je n’avais pas utilisées dans mon précédent, « Retour sur Maïdan ». J’y faisais l’étude du phénomène révolutionnaire en prenant comme exemples les deux « révolutions colorées » qui ont secoué l’Ukraine en 2004 et en 2014, et en soulignant les paradoxes et contradictions du nationalisme révolutionnaire ukrainien, qui est en fait un suprémacisme blanc modelé sur celui des pangermanistes aryanistes des XIXe et XXe siècles, et dont Hitler et le Troisième Reich furent les expressions les plus radicales. Ce milieu communément décrit par le terme de « néo-nazi » est très vivant en Ukraine, ses membres ont accès à des postes clés du pouvoir politico-médiatique, et il bénéficie d’un soutien diplomatique et militaire total de l’Union Européenne et de l’OTAN pour attaquer la Russie. Le suprémacisme blanc dans sa forme dite du néonazisme est donc compatible avec l’Occident mondialiste, libéral et démocratique, sous certaines conditions. Lesquelles ? Cette question est le point de départ de ma recherche. De fil en aiguille, je suis allé sur les autres régimes politiques ayant affirmé la supériorité des Blancs, à savoir les états confédérés sudistes aux USA, dont le Ku-Klux-Klan donne l’image la mieux connue du grand public, et l’apartheid sud-africain. À l’origine, mon livre devait se limiter à l’étude historique de ces quatre régimes suprémacistes blancs, d’où son titre, plus une grosse introduction pour positionner l’actualité du débat. Puis l’introduction est devenue un chapitre entier, le premier et le plus long, un tiers du livre. En effet, cette actualité ne découle pas seulement du bellicisme ukrainien contemporain, mais aussi de la toile de fond progressiste, prométhéenne et technophile du suprémacisme blanc, allant jusqu’au transhumanisme. Et c’est à ce moment que le suprémacisme blanc rejoint la « crise sanitaire » de la covid-19, prétexte à l’instauration de la Grande réinitialisation transhumaniste, ou Great Reset. J’en arrive ainsi à cette conclusion étrange mais démontrable : oui, le suprémacisme blanc est soluble dans le mondialisme car les deux sont technophiles et s’appuient sur un suprémacisme technoscientifique pour menacer mortellement tous les peuples, y compris les peuples blancs.

2) Vous décrivez, dans plusieurs pays européens, notamment en Ukraine, les liens entre les mouvements liés à la Nouvelle Droite et le transhumanisme, avec en toile le fond l’idée que l’essor de la technologie viendrait confirmer la supériorité raciale des blancs. Y a-t-il des représentants français de ce courant actuellement ?

LC : Pour tout dire, l’Ukraine en elle-même ne m’intéresse pas tant que ça, pas plus que la Russie. La vraie question que je pose est : « Pourquoi les médias occidentaux nous demandent-ils de soutenir l’Ukraine et de haïr la Russie ? » Il existe en France un mouvement de sympathie pour le suprémacisme blanc ukrainien. Ce mouvement émane d’une frange réduite de ce qu’on appelle l’extrême-droite et converge avec le mouvement de haine envers « la Russie de Poutine » des élites mondialistes, pro-immigration et LGBT, plutôt de gauche, d’où l’incohérence doctrinale de cette mouvance pro-ukrainienne de droite, qui se veut conservatrice, et ses dissonances cognitives, car elle se retrouve alliée avec ses ennemis progressistes de gauche contre la Russie, jugée ennemie prioritaire. Le père involontaire de ce courant est Guillaume Faye, décédé en 2019, et qui fut l’un des piliers de la Nouvelle Droite. Guillaume Faye n’était pas antirusse, mais certains de ses disciples le deviennent, influencés par la télévision et la propagande de guerre faisant de l’Ukraine une victime de Moscou. En retour, les intellectuels de mouvements suprémacistes ukrainiens comme Azov lisent les auteurs français de la Nouvelle Droite et se sont inspirés du concept d’archéo-futurisme lancé en 1998 par Guillaume Faye pour théoriser une cohabitation possible de la tradition et de la modernité dans une synthèse de transhumanisme et d’enracinement identitaire. Comme la plupart des suprémacistes blancs, Faye estimait que la techno-science est principalement une création des peuples blancs et ne peut donc pas leur nuire fondamentalement puisque cela vient d’eux. Les faits anéantissent cette thèse depuis 2020 et le lancement d’une dictature informatique transhumaniste sous couvert de « crise sanitaire ». On voit désormais les Blancs souffrir d’un choc en retour particulièrement violent de leur propre génie et de ce que leur propre civilisation a inventé. On assiste à un effet boomerang singulièrement morbide de plusieurs siècles de domination techno-scientifique incontestable des Blancs sur le reste de la planète, mais qui s’achève dans un effondrement génocidaire autodestructeur dont les Blancs sont les premières victimes. « Punis par là où ils ont péché », en quelque sorte, comme aurait dit ma grand-mère !

3) L’un des axes de réflexion principaux de votre ouvrage concerne la différence conceptuelle que vous établissez entre nationalisme et suprémacisme. Vous vous penchez notamment sur quatre échecs politiques du suprémacisme blanc dans l’histoire, en soulignant le paradoxe suivant : pourquoi le suprémacisme blanc existe-t-il en théorie, et échoue-t-il en pratique ?

LC : Le nationalisme est, par définition, une culture des frontières et des limites. C’est l’expression de la modération en géopolitique. Son point de départ mythique est l’épisode de la transgression du pomerium dans la légende de Remus et Romulus, qui met en scène l’interdiction d’entrée sur un territoire et du franchissement de ses limites, terme qui vient du mot latin « limes », signifiant « bord ». Dans l’histoire réelle, c’est un produit des traités de Westphalie de 1648, qui signèrent la reconnaissance au niveau européen du concept de souveraineté nationale sur un territoire, et la reconnaissance de la souveraineté des autres sur leurs propres territoires. Bref, c’est l’établissement de relations de bons voisinages, au fondement du droit international. Sur cette base, le suprémacisme peut avoir deux définitions : la suprématie, donc la souveraineté, sur un territoire limité, ce qui rejoint le nationalisme ; ou la suprématie sur d’autres territoires, d’autres peuples, voire le monde entier, et le suprémacisme rejoint l’expansionnisme, le colonialisme, l’impérialisme et le mondialisme. Les quatre régimes suprémacistes blancs que je passe en revue ont hésité entre leur tendance nationaliste et leur tendance mondialiste, et c’est la mondialiste qui l’a emporté, ce qui explique leurs échecs, qui ont des causes internes pour l’essentiel. Le suprémacisme blanc affirme la supériorité des Blancs sur les autres races, mais échoue à cause de cette affirmation, justement, qui est un biais psychologique handicapant et autodestructeur, de type hyper-narcissique, transgressif et mégalomane. Avec un ami pareil, les Blancs n’ont plus besoin d’ennemi.

4) Vous soulignez les liens historiques complexes entre les mouvements suprémacistes blancs, la franc-maçonnerie et les projets transhumanistes du Great Reset. En apparence contradictoires, vous démontrez que les objectifs politiques de ces mouvements convergent régulièrement. Pour vous, l’ingénierie sociale telle qu’elle est employée actuellement en faveur du Great Reset est une « version laïcisée du mysticisme franc-maçon » (p. 134). Pour autant, si elle semble laïcisée, cette idéologie façonnant le lien social vise, à terme, à en finir avec l’humain tel que nous le connaissons. Pensez-vous que les objectifs des dirigeants du Great Reset soient laïcs ? Ne peut-on y déceler une forme de projet religieux messianique ?

LC : Il y a effectivement chez les suprémacistes blancs un certain goût pour l’occultisme et une forte présence de la franc-maçonnerie. C’est assez surprenant au début. En tout cas, cela m’a surpris car je percevais ce courant de pensée comme plutôt réactionnaire et peu porté sur l’ésotérisme ou les messes noires. En Europe, la convergence du suprémacisme blanc avec l’occultisme vient du mouvement « völkisch », qui a imprégné la réflexion des pangermanistes et des nazis, en particulier Heinrich Himmler, le chef de la SS, dans le sens d’un progressisme racial et d’un constructivisme identitaire. L’occultisme est une tentative de dépasser la condition humaine en acquérant des capacités surnaturelles et paranormales, des super pouvoirs, comme on dit dans l’univers des super-héros de films américains. L’occultisme est une quête de « l’humain augmenté », qui est aussi le fantasme poursuivi par le transhumanisme et le suprémacisme blanc archéo-futuriste, qui se verrait bien dominer le monde par la technique mais aussi donner naissance à une nouvelle humanité issue des laboratoires et dotée de nouvelles aptitudes par la techno-science. Le projet du Great Reset s’inscrit dans cette utopie prométhéenne et maçonnique de transformation de la nature humaine et du monde naturel par la culture scientifique, au moyen d’une ingénierie tout azimut, notamment génétique. Il s’agit bien d’une sorte de projet messianique, une religion de la race blanche, qui se prend elle-même pour horizon de divinité à atteindre et qui s’auto-célèbre pour sa capacité de transformation du monde. C’est la branche scientiste, positiviste et bio-progressiste du néo-paganisme, qui s’oppose à la branche écologiste, bio-conservatrice, beaucoup plus rationnelle et raisonnable. Je montre aussi dans le livre le dialogue tendu, du type « Je t’aime, moi non plus », entre le suprémacisme blanc et le suprémacisme juif, les deux ayant fusionné partiellement dans cet occultisme progressiste transhumaniste judéo-blanc qui structure l’Occident hégémonique, notamment autour des B’nai B’rith, la loge maçonnique interdite aux non-juifs, mais composée essentiellement de juifs nordiques, germaniques et slaves.

5) Les autres suprémacismes, par exemple le juif et le noir, sont-ils appelés à connaître le même sort que le suprémacisme blanc, à savoir l’autodestruction ?

LC : Les suprémacismes ethnico-religieux en général sont tous animés par les mêmes travers psychologiques : la mégalomanie, les fantasmes de toute-puissance, la démesure, l’hubris, l’expansionnisme territorial infini et la transgression perpétuelle des limites – le péché d’orgueil, en résumé. Ils n’ont pas forcément tous les moyens de leurs ambitions mais ils sont habités par un même projet de domination mondiale, donc de supériorité physique exercée sur l’ensemble de la planète, et seule la supériorité techno-scientifique peut conférer les moyens concrets d’y parvenir. Malheureusement, le développement hypertrophié de la techno-science n’est pas bon pour la santé et menace la nature humaine. Quand Jacques Attali fait de la futurologie, il décrit un processus d’humanisation des robots mais surtout de robotisation de l’humain. Heidegger parlait à ce propos du Gestell, le processus de chosification de l’Être, dérivé de la société industrielle et de la cybernétique, et aboutissant à lisser puis abolir totalement la frontière entre le vivant et la machine.

Comme le montrent Arthur C. Clarke et Stanley Kubrick dans « 2001, l’odyssée de l’espace », le moteur de l’Histoire est la techno-science. Plus précisément, c’est le développement des sciences et des techniques qui écrit l’histoire mondiale en écrivant l’histoire des armes, qui écrit elle-même l’histoire des rapports de force entre les peuples, donc l’histoire des suprémacismes. Dès qu’une tribu invente une nouvelle arme, elle peut dominer physiquement la tribu voisine, d’où une recomposition démographique de l’occupation territoriale. Tout est là, le reste est littérature. L’Histoire est l’histoire des guerres, des invasions et des moyens de s’en protéger. Le développement des outils, des prothèses, des artefacts est lui-même animé par la recherche sur les armes, car c’est cette recherche, et nulle autre, qui permet à tel sujet d’exprimer sa volonté de puissance et de dominer telle portion de territoire par la violence ou l’intimidation physique. Cette compétition intertribale est devenue internationale au fil des millénaires, et elle définit le fil conducteur des relations de rivalité technologique entre les acteurs géopolitiques amis et ennemis. Les militaires ont un concept pour qualifier le moment où l’on risque d’être dépassé par les capacités de l’ennemi : le décrochage capacitaire. Pour combler ce décrochage s’il advient, ou pour qu’il n’advienne jamais et garder l’avantage, il faut mener une recherche incessante sur de nouvelles armes, selon le principe de la course aux armements, fameuse illustration de la théorie des jeux, théorie qui modélise les rapports de force de toutes sortes. Autrement dit, c’est la techno-science qui écrit l’histoire, mais pas de manière désintéressée, ni contemplative. Du moins, la recherche fondamentale et désintéressée est toujours très rapidement récupérée pour devenir de la recherche stratégique appliquée dans le champ militaire. Le moteur de la recherche scientifique, donc le moteur de l’Histoire, est le complexe militaro-industriel, où se rassemblent les professionnels de la violence physique. Ce n’est pas la finance qui dirige le monde, même si la haute banque possède ses mafias de tueurs et ses armées privées, et peut rivaliser avec les militaires dans une certaine mesure. Au niveau international, la Recherche & Développement militaire avance selon les principes de la théorie des jeux, par des actions décentralisées de divers acteurs antagonistes engagés dans des rapports de force. Une impression d’unité se dégage de cette compétition, ce qui peut donner l’illusion d’un projet unifié, d’un complot mondial. Cette perception unitaire vient de ce que la méthode employée par tout le monde est toujours la même : c’est l’acquisition de la suprématie techno-scientifique. L’unité n’est pas présente au début, comme un projet intentionnel qui se déroulerait, elle advient en cours de route par la convergence méthodologique obligatoire de tous les acteurs de la situation.

La recherche appliquée dans l’invention de nouvelles armes est la locomotive universelle du sens de l’Histoire, et chaque communauté engagée dans une quête de domination territoriale essaye d’accrocher son wagon au train qui lui permettra d’exercer matériellement, au moyen d’outils de violence physique, cette suprématie sur son territoire ou sur le territoire des autres. La recherche techno-scientifique de la supériorité militaire est une fuite en avant dont personne ne sort ni indemne, ni vainqueur. Dans certains pays très militarisés et fortement concernés par la question du suprémacisme ethnico-religieux comme Israël ou l’Afrique du Sud, des armes biologiques sous la forme de faux vaccins ont été testées d’abord sur les minorités ou sur le Lumpen-prolétariat, puis sont maintenant inoculées à toute la population. Cette recherche sur l’armement est aussi une quête d’augmentation des capacités du corps humain et aboutit logiquement au phénomène des « soldats augmentés ». Ces travaux excitent l’imagination et sont divulgués auprès du grand public avec des personnages de fiction comme Captain America ou Jason Bourne, mais ils sont aussi menés dans le monde réel sur des cobayes humains dans deux registres, invasif avec des traitements chimiques visant à modifier la génétique des soldats pour optimiser leurs capacités physiques et psychiques, et externe, avec des prothèses de type exosquelettes. Comme pour l’occultisme, l’objectif est toujours le dépassement des limites de la nature humaine – les limites du corps et de l’esprit humains. Le transhumanisme n’est que la conséquence civile de la recherche militaire.

6) Les Européens et les Blancs peuvent-ils être considérés comme un peuple autochtone ? L’auto-détermination des peuples autochtones passe-t-elle nécessairement par la guerre, ou peut-on envisager une réconciliation entre communautés, en France par exemple ?

LC : Tout d’abord, je souhaite saluer le travail d’Antonin Campana sur son site « Terre Autochtone – Le blog des aborigènes d’Europe ». Campana a eu le coup de génie de pointer que la déclaration de l’ONU sur les droits des peuples autochtones proclamée en 2007 devait s’appliquer aussi aux peuples blancs d’Europe, et non seulement aux aborigènes d’Australie ou aux indiens d’Amazonie. Les Européens de race blanche et de culture pagano-chrétienne, sont autochtones, c’est-à-dire indigènes, aborigènes, en Europe, et seulement en Europe. L’Europe va de l’Irlande à l’Oural, et de la Scandinavie aux pointes sud de l’Espagne et de l’Italie. Le bassin méditerranéen est depuis des milliers d’années un carrefour d’échanges commerciaux et de métissage ethnique et culturel. Nous avons donc un voisinage et même une parenté avec tous les peuples de la Méditerranée, en Afrique du nord et au Proche-Orient, mais nous ne sommes pas autochtones chez eux, comme ils ne sont pas autochtones chez nous. Il faut savoir respecter les différences et les distances. Une réconciliation entre communautés est envisageable à condition que les communautés autochtones, les Blancs de culture pagano-chrétienne, restent majoritaires en Europe. Les individus d’origine non-européenne doivent rester minoritaires démographiquement, ou alors se fondre dans l’identité européenne, sinon, c’est pire que la guerre, c’est l’épuration ethnique des Européens autochtones, leur génocide au compte-goutte, et c’est ce qui est en cours en ce moment, ce que certains appellent le Grand remplacement.

7) L’on pourrait vous opposer cette citation célèbre d’un des personnages de Romain Gary : « J’aime tous les peuples, […] mais je n’aime aucune nation. Je suis patriote, je ne suis pas nationaliste. – Quelle est la différence ? – Le patriotisme, c’est l’amour des siens. Le nationalisme, c’est la haine des autres ». Comment commenteriez-vous cette position hostile à l’égard du nationalisme ?

LC : La réflexion de Romain Gary contient une contradiction logique. Il dit qu’il aime tous les peuples car il est patriote. Or, il est impossible d’être patriote pour tous les peuples. L’amour de son peuple, c’est l’amour de son peuple, point à la ligne, et non pas l’amour de tout le monde. L’amour est toujours différencié en cercles concentriques, du plus proche au plus lointain. « Charité bien ordonnée commence par soi-même ». Il faut d’abord s’occuper de soi avant de s’occuper des autres. L’égoïsme national est la condition de l’altruisme international. Je suis donc altruiste envers les autres peuples, car je soutiens le droit de tous les peuples autochtones à l’auto-détermination, à commencer par MON peuple. En conséquence, j’ai envie de dire que je n’aime pas tous les peuples, mais que j’aime toutes les nations. Il est impossible d’aimer tous les peuples, cela n’a pas de sens, mais on peut aimer le concept général de nationalisme, donc soutenir tous les nationalismes autochtones. Pourquoi ne peut-on pas aimer tous les peuples ? Premièrement, parce que les coutumes de certains peuples nous déplaisent ou nous choquent et qu’il est impossible d’éprouver de l’empathie pour eux. L’empathie n’est pas extensible à l’infini. C’est dur à comprendre pour les Français autochtones, qui sont un peuple très curieux des autres. Cette ouverture au monde est vraiment notre génie intellectuel, mais c’est aussi ce qui peut nous perdre, en perdant de vue qui nous sommes dans une allophilie suicidaire.

8) À l’appui de votre analyse, on comprend que les suprémacistes, de manière consciente ou non, sont des alliés du système mondialiste. Dans le cadre de la campagne présidentielle française actuelle, se pose la question de la place d’Éric Zemmour dans cette équation. Éric Zemmour est-il un suprémaciste ou un nationaliste selon vous ? Zemmour n’est-il pas le contre-exemple d’un nationalisme allié du système ?

LC : Effectivement, le système politico-médiatique n’est pas unifié et possède des lignes de fracture. Éric Zemmour est le porte-parole d’une partie du système, en lutte contre une autre partie. Aujourd’hui, le capitalisme est subdivisé en deux grandes factions. Il y a d’une part ce que j’appelle le capitalisme décroissant, mondialiste, progressiste, transhumaniste, piloté par une idiocratie suicidaire incarnée par Bill Gates ou Greta Thunberg, et engagée dans ce qu’elle appelle la Grande réinitialisation, qui n’est qu’un fantasme morbide d’en finir avec la nature et de faire une table rase sur le réel pour tout reverser dans le virtuel en développant un modèle de « société sans contact », où les interactions humaines seraient médiatisées par le cyberespace, renommé « métavers » par les GAFAM. Et il y a d’autre part un capitalisme classique, affairiste, productiviste, mais aussi pragmatique, assez conservateur sur le plan des mœurs et plus attentif au principe de réalité, incarné aux USA par Donald Trump ou en France par Vincent Bolloré, soutien de Zemmour. Quand le capitalisme décroissant du forum de Davos déclare publiquement « En 2030, vous ne posséderez plus rien et vous serez heureux », il déclare la guerre à la propriété privée et au capitalisme productif. Ce capitalisme productif à l’ancienne perçoit désormais l’autre capitalisme comme un ennemi mortel, un acteur économique hostile qui cherche à lui faire les poches et à l’exproprier. Pendant des décennies, seuls le prolétariat et les classes moyennes avaient à souffrir du système et des mécanismes de déclassement et de paupérisation. Mais depuis quelques années, une frange croissante de la bourgeoisie conservatrice commence à être frappée, elle aussi, par le mondialisme et ses divers aspects, l’immigration de remplacement, l’islamisation, le LGBT, le « wokisme », le libre-échange économique induisant la tiers-mondisation de l’Occident, et elle voit avec inquiétude un modèle de société néo-communiste, calqué sur le crédit social chinois, s’implanter chez nous avec le « passe vaccinal », l’identité numérique et les QR codes omniprésents, en fait une vraie dictature informatique avançant au prétexte de la « crise sanitaire ».

Il faut donc distinguer la mondialisation et le mondialisme. Tout le monde est plongé dans la mondialisation, mais tout le monde n’est pas enchanté par ses conséquences, qui deviennent anxiogènes aussi pour de nombreux « riches », lesquels pensent maintenant à essayer de limiter la casse. Après avoir adhéré à la société ouverte cosmopolite, la bourgeoisie française commence à se préoccuper sérieusement de préserver son mode de vie, plutôt libéral mais avec des limites de bon sens, ce qui se traduit par un retour à l’idée de souveraineté nationale. Les interventions de deux soutiens de Zemmour, Philippe de Villiers et Jean-Frédéric Poisson, contre le Great Reset et le transhumanisme, vont dans ce sens. La première réaction salutaire de re-politisation de cette bourgeoisie passée en « mode survie » fut La Manif Pour Tous. Son candidat était François Fillon en 2017. C’est Zemmour en 2022, dont la candidature est le symptôme de la révolte d’une partie du capitalisme contre une autre. Sa dimension populiste vient de ce que les capitalistes affairistes « old school » convergent désormais avec le peuple et envisagent une alliance avec lui comme force d’appoint pour gagner car ils ne sont pas si puissants. Les transhumanistes du capitalisme décroissant sont les plus forts car ils maîtrisent mieux les médias et le secteur tertiaire, c’est-à-dire les flux d’information qui façonnent l’opinion publique, ce qui leur permet de retourner de larges parties de la population en leur faveur pour qu’elles soutiennent politiquement ses représentants comme Emmanuel Macron ou Joe Biden. Ils ont la maîtrise du virtuel, c’est-à-dire des esprits, mais pas encore du réel. De fait, ils n’ont pas encore liquidé physiquement tous leurs ennemis issus du capitalisme productiviste et il subsiste un rapport de forces, une tension. La Grande réinitialisation est la dernière étape qui doit permettre d’en finir physiquement avec le capitalisme productiviste-affairiste-réaliste au bénéfice du capitalisme décroissant des utopistes-transhumanistes, qui restera donc seul sur Terre et deviendra le maître du monde. Ce qui se joue entre ces deux capitalismes, c’est un choc des titans, une lutte à mort du vivant contre le non-vivant.

9) Vous faites allusion (p. 42) à une convergence entre « l’islamisation » de la France et la pérennisation sociale des mesures anti-covid (couvrir le visage, adopter une distance sociale, tout réglementer…). Vous allez jusqu’à dire que l’application de la charia en France n’est qu’une question de temps, évoquant le scénario de « Soumission », de Michel Houellebecq. Pourriez-vous développer ce parallèle étonnant ?

LC : L’affaire des poupées sans visage vendues dans un magasin musulman à Roubaix est venue alimenter ce parallèle récemment. Donner aux enfants des poupées où le visage n’est pas dessiné est aussi monstrueux que de forcer les écoliers à porter des masques pendant des journées entières. Les visages, c’est-à-dire l’humanité, ont été effacés dans les deux cas. Les musulmans qui veulent respecter leur interdit religieux de la représentation humaine – cet iconoclasme qu’ils partagent avec le judaïsme – feraient mieux de s’abstenir totalement de commercialiser des poupées plutôt que de vendre des horreurs pareilles, qui font penser à des sortes de poupées vaudous, et qui accompagnent effectivement le processus de chosification de l’humain lancé par la dictature sanitaire. Avec cet exemple, on constate un conflit de souveraineté : soit c’est le droit coutumier français qui s’applique, soit c’est la charia, et ses points de contact avec la dictature hygiéniste, mais ça ne peut pas être tout en même temps. La mise en présence des différentes lois engendre nécessairement des frictions. Or, la charia s’applique déjà dans l’espace privé. Quand un ami musulman vous invite à dîner et qu’il vous interdit d’amener et de boire de l’alcool chez lui, il applique la charia. Problème : en France, la consommation d’alcool n’est pas interdite. Tous les espaces domestiques et semi-privés, comme les magasins halals et les lieux de culte, où la consommation de porc et d’alcool est proscrite, où les femmes doivent voiler leurs cheveux sous peine de ne pouvoir rentrer, sont des enclaves où nous sortons de France, un peu comme des ambassades étrangères possédant un statut d’extraterritorialité, car la loi islamique l’emporte sur la loi française. Ces enclaves où s’applique la charia se développent en archipel, en « peau de léopard », mais l’espace entre chacune va se remplir et les non-musulmans vont se retrouver progressivement encerclés physiquement mais aussi juridiquement. En effet, ces enclaves sont en expansion pour des raisons démographiques et la loi française est en cours d’adaptation à ce phénomène, notamment au travers d’une révision constitutionnelle basée sur le « droit à la différenciation territoriale », visant à adapter la loi aux spécificités géographiques ou démographiques. (1) L’islamisation de la France et de l’Europe progresse ainsi, par grignotage territorial, puis mise en conformité des institutions avec cette nouvelle réalité démographique, voir aussi à ce sujet les Assises territoriales de l’Islam de France. (2)

Comme le savent les musulmans prosélytes, et les mondialistes qui les soutiennent, ce ne sont pas les idées ou les valeurs qui font la politique, mais l’occupation physique d’un territoire. Les musulmans prosélytes conservateurs et qui rêvent d’un califat européen traditionnaliste peuvent donc parfaitement soutenir des politiciens aux mœurs décadentes, comme Emmanuel Macron, ou favorables au LGBT comme Valérie Pécresse ou Jean-Luc Mélenchon, dans la mesure où ces politiciens laissent aussi l’islam s’implanter et conquérir notre territoire par le commerce et la démographie, lentement mais sûrement. La méthode douce, pacifique et légale est plus efficace pour que l’islamisation soit irréversible et définitive. Les musulmans prosélytes intelligents sont opposés à la violence car ils savent que cela réveille chez les Français de souche un instinct de conservation, donc un réflexe de survie, donc un risque de soutenir électoralement les partis politiques nationalistes et opposés à l’islamisation. La dissimulation, la « taqiya », c’est-à-dire la ruse dans l’islam politique, a cependant ses limites. Parfois, un islamiste révèle le fond de sa pensée, comme le maire de Trappes, Ali Rabeh, qui déclarait : « Notre France s’impose déjà et elle s’imposera de gré ou de force. Elle sera métissée. » (3) En toute logique, l’Union des Organisations Islamiques de France (UOIF) et la mosquée de Paris ont appelé à voter pour Emmanuel Macron contre Marine Le Pen en 2017. (4) L’islamisme sait qu’il peut compter sur le soutien de nombreux non-musulmans pour lui ouvrir les portes de l’Europe, à commencer par les institutions européennes elles-mêmes, qui assurent en coopération avec des ONG mondialistes le financement d’organisations islamiques, parfois ouvertement anti-israéliennes, sur le territoire européen, ainsi que le montrait le député Joachim Kuhs dans son rapport sur le budget 2019 de l’Union européenne. (5) Les acteurs géopolitiques de l’islamisation – Turquie, pays du Maghreb et du Golfe Persique – seraient dans l’incapacité de faire avancer leur agenda aussi rapidement sans des complicités au sommet du pouvoir européen. (6) Cette complicité islamo-européiste est pleine de contradictions et de dissonances. La Commission européenne fait la promotion, en même temps, du féminisme, du LGBT et du voile islamique (hijab) – pourtant symbole de la fameuse « domination masculine hétéro-normative » – et publiait en 2021 un guide de « communication inclusive » pour apprendre aux Européens autochtones comment parler, sans les blesser, aux minorités : homosexuels, transsexuels, Africains et musulmans, tous mis dans le même sac. (7) Les islamistes préfèrent néanmoins cette situation dégradée au retour des nationalismes européens, pourtant conservateurs, et avec lesquels ils pourraient s’allier, mais ils n’en veulent pas car la « société ouverte » libérale et libertaire leur ouvre un espace pour l’islamisation, d’où leur soutien indéfectible à l’UE, qui les conduit à prendre pour cibles tous les politiciens soutenant le Frexit, ou qui se montrent simplement eurosceptiques.

Ce type d’alliance contre nature mais néanmoins opérationnelle contre le petit peuple et la décence commune se rencontre ailleurs. La situation est comparable en Ukraine, où les forces mondialistes – en résumé, la CIA et la fondation de George Soros – entretiennent un milieu de suprémacistes blancs aux valeurs viriles pour mener une guerre par procuration contre la Russie, tout en façonnant le reste du pays selon le programme multiculturel et LGBT de l’UE et de l’OTAN. Le calcul des suprémacistes islamistes et ukrainiens est le même : ils misent sur un partage temporaire du pouvoir avec les mondialistes, et sous leur tutelle, même si cela blesse leurs convictions profondes, en se disant qu’un jour, quand ils seront aux pleins pouvoirs, ils mettront ces mondialistes dehors. C’est un très mauvais calcul car cette phase transitoire sous tutelle mondialiste va se prolonger indéfiniment et va permettre à certains acteurs géopolitiques non-musulmans de façonner l’islam selon leurs besoins. Les services secrets d’action clandestine comme le Mossad israélien ont en effet besoin d’islamiser la France car c’est un vivier de supplétifs djihadistes à envoyer en Syrie et ailleurs se battre pour Israël. Le reste de l’islam va être transformé pour l’adapter à l’époque et à la société ouverte, et va devenir un « islam inclusif », ou « islam des Lumières », tolérant, féministe, LGBT, transhumaniste, comme le veulent Attali et Soros (cf. l’imam gay Ludovic-Mohamed Zahed). On comprend mieux pourquoi le sommet du lobby sioniste attaque autant Éric Zemmour, pourtant juif, mais sur la même ligne que d’autres leaders d’opinion et organisations opposés à l’islamisation de la France (Génération identitaire, RN, Les Patriotes, etc.). En Europe, on observe une communauté de destin entre les suprémacismes islamique et juif. Soutenir l’un, c’est soutenir l’autre ; frapper l’un, c’est frapper l’autre. La fin de l’islamisation de la France serait une catastrophe pour le sionisme. Les vrais antisionistes, et les vrais antimondialistes, sont ceux qui cherchent à arrêter l’islamisation la France. Peu importe ce qu’ils disent, même s’ils disent « Vive Israël ! », ce qui compte, c’est ce qu’ils font, et qui les rend inacceptables aux yeux des mondialistes de toutes origines.

10) Vous identifiez les effets politiques et sociaux de l’immigration incontrôlée : elle augmente entre autres le désengagement politique, le communautarisme et la violence des rapports sociaux. Ce sont, pour vous, les conséquences d’un effritement de l’identité des peuples autochtones. En France, une majorité d’intellectuels critiquent le concept d’identité, qu’ils qualifient d’invention ou d’illusion. Dans une métaphore à connotation psychanalytique, le philosophe François Jullien affirme notamment que : « La revendication identitaire est l’expression du refoulé produit par l’uniformisation du monde ». Quelle différence faites-vous entre revendication identitaire et « radicalisation identitaire » ? Y a-t-il une différence de nature entre ces deux postures politiques ?

LC : En France, les intellectuels sont encore tributaires de ce courant philosophique que les anglophones appellent la French Theory et qui s’est attaché à déconstruire les identités – à comprendre les identités stables et homogènes, ce que certains appellent les identités traditionnelles. Gilles Deleuze et l’antipsychiatrie ont été jusqu’à célébrer la schizophrénie (« L’anti-Œdipe »), comme paradigme d’une nouvelle identité post-moderne, morcelée, instable, précaire et chaotique, comme si c’était viable. La psychologie, la psychiatrie et la psychanalyse ont bien montré que le sujet est divisé, mais les mêmes disciplines ont montré également que ce sujet humain n’est pas viable sans unité. Dans les termes de Lacan, « Il y a de l’Un », c’est-à-dire qu’il y a de l’unité imaginaire, fantasmatique, poursuivant le rêve pré-oedipien d’un groupe fusionnel parfaitement homogène qui n’existe pas – et il y a aussi de l’unité symbolique, ou dialectique et adulte, c’est-à-dire admettant et articulant les contradictions. Dans tous les cas, nous avons besoin de tendre vers l’unité car il est impossible de vivre uniquement dans le multiple, comme le voudrait l’époque. Depuis les années 1970, l’évolution de la société française a suivi ce courant philosophique fasciné par « l’autre » et la « diversité », aboutissant à la disparition presque totale du capital social, au sens de Robert Putnam, c’est-à-dire le capital de confiance spontanée entre les individus d’une communauté homogène et partageant un même code de communication. Le résultat de cette involution est une forte entropie sociale, c’est-à-dire une décomposition du lien social sous l’effet de l’hétérogénéité croissante et de la multiplication infinie des repères et des modèles normatifs, ethniques, culturels, sexuels, induisant un mouvement centrifuge d’explosion de la société. Cette érosion du capital social fait baisser la confiance et monter la méfiance entre les individus au sein de la société, d’où la montée de l’individualisme et de l’indifférence à l’égard du destin de la collectivité, car il n’y a plus d’identité collective homogène dans laquelle les individus pourraient se reconnaître. Si nous étions dans un sport collectif, tout le monde se mettrait à jouer pour soi dans son coin et l’équipe se disloquerait. La revendication identitaire est simplement la revendication d’un retour au sens du jeu collectif. En effet, l’espèce humaine est grégaire et nous avons besoin d’appartenir à des groupes, non seulement psychologiquement mais aussi pour notre survie physique. Pour filer la métaphore sportive, la revendication identitaire, c’est le travail de construction d’une équipe, ce que le management appelle du Team-Building. En revanche, la radicalisation identitaire est une approche déformée du collectif, comme celle du supporter de l’équipe de foot qui se bat en fin de match parce qu’il a trop picolé.

11) Les discours critiquant l’identité et prônant le mélange des cultures et des ethnies s’appuient toujours sur des principes universalistes, affirment l’unité du genre humain par-delà le « repli identitaire ». On a l’impression qu’une logique similaire est à l’œuvre dans les discours actuels prônant la vaccination comme nouvelle preuve d’humanité et d’appartenance au camp du « bien ». Comment interprétez-vous l’altruisme prôné par les médias pour se faire vacciner ? Comment se fait-il que l’argument de l’altruisme fonctionne dans des sociétés aussi individualistes ?

LC : En fait, ce n’est pas du tout de l’altruisme, c’est un mode de construction psychologique individualiste par la peur et la déresponsabilisation individuelle, et donc la soumission à l’autorité qui en résulte. En me soumettant au discours du pouvoir, je prouve que je suis quelqu’un de bien. Inconsciemment, j’obéis à « maman », je suis un enfant sage dont la récompense réside dans le soulagement de me décharger de moi-même et du stress qu’il y aurait à critiquer la parole dominante et le mouvement de suivisme général. Cette parole enveloppante maternelle et maternante était définie naguère par la religion, et aujourd’hui par les médias. Le covidisme, la croyance à la « crise sanitaire », présente les deux points caractéristiques de toutes les religions : le déni de la mort, et une dogmatique, c’est-à-dire une parole qu’il est interdit de mettre en doute, sous peine de créer un malaise. Au niveau archétypal (Jung), ou structural (Lacan), cette parole enveloppante maternelle est composée d’axiomes, présentés comme des évidences, et que l’on répète sans réfléchir, pour communier avec les autres qui les répètent aussi. À l’opposé, le rôle du père est de se singulariser face à cette parole maternelle, celle du consensus moral en vigueur, de la bien-pensance, du politiquement correct et de ses slogans hypocrites et faussement généreux : « Pas d’amalgames ! », « L’extrême-droite tue ! », ou « Better Raped than Racist ! » (« Plutôt violée que raciste ! »), pour défendre l’immigration et ses taux de criminalité ; ou « Sauvez des vies ! », « Restez chez vous ! », « Faites-vous vacciner ! », pour adhérer aveuglément à la tyrannie sanitaire. L’autorité paternelle, le Surmoi, consiste à dire « Non » à l’autorité maternelle et à mettre en question les fausses évidences de la dictature du consensus mou des émotions larmoyantes et de l’altruisme obligatoire. Le rôle du Père est de jeter un pavé dans la mare de la parole maternelle pour proposer une autre parole, qui sera forcément perçue comme critique et agressive, même si elle n’est qu’objective. Dans la topologie lacanienne, le Nom-du-Père est une place à occuper, celle de la limite aux prétentions de la subjectivité. Cette affirmation du phallus symbolique face au ronronnement du conformisme ambiant est source de tensions, individuelles et dans le groupe. Parfois, on observe une vraie jouissance de tuer le Père, une vraie rage d’en finir avec celui par qui le scandale arrive, pour mieux se fondre dans la masse indistincte de ceux qui ferment leur bouche, qui portent un masque, qui se font injecter, et qui ne font pas de vagues. Le « Je » disparait au profit de la dictature du « On » dont parlait Heidegger. Je peux ainsi me déresponsabiliser totalement, me laisser porter par le flux des messages, et m’oublier moi-même, oublier qui je suis dans une sorte de transe hypnotique collective peuplée de zombies et de somnambules, c’est-à-dire de bons enfants dociles. C’est le principe de base des dérives sectaires et des États totalitaires. Un tel contexte de régression psychique désinhibe totalement l’ultra-violence d’État. Les racailles des soi-disant « forces de l’ordre » se lâchent et laissent libre cours à leurs pulsions sadomasochistes, de même que tous les fonctionnaires zélés, de la SNCF ou d’ailleurs, qui peuvent enfin arrêter totalement de penser et se contenter d’appliquer le règlement, aussi absurde et morbide soit-il. Ce mode de construction psychologique entièrement conformiste est hystérique, au sens étymologique, car il obéit à l’autorité maternelle. En psychologie, le discours maternel est enveloppant et consensuel, mais aussi purement émotionnel, ce qui peut avoir un côté positif dans certains modes de socialité ludique, récréative, festive, spectaculaire ou érotique, quand il faut se laisser aller et ne pas trop réfléchir aux conséquences de ce que l’on fait parce que ça casse l’ambiance. Ce respect de l’ambiance diffuse est très exactement ce que le pouvoir mondialiste essaye d’obtenir, en nous faisant baigner dans le principe de plaisir, plutôt que de responsabiliser les individus sur ce qu’ils font en éduquant chez eux le principe de réalité. Le pouvoir suprême s’appelle Big Mother plutôt que Big Brother. Comme on le voit chez tous ceux qui croient à la « crise sanitaire », ce mode de socialité maternel hystérique ne connaît pas les nuances et nous fait passer de l’amour à la haine très rapidement. C’est un blocage pré-oedipien au stade imaginaire, le stade du miroir et des images. En revanche, la politique adulte suppose la maîtrise des émotions et des instincts, donc l’accès à une pensée dialectique, capable de peser le « pour » et le « contre » des thèses en présence et d’articuler les contradictions, sans chercher un « groupe fusionnel », une communauté idéale et pure où tout le monde serait d’accord, mais qui n’existe pas dans le réel.

12) Dans de précédentes interventions, vous développez régulièrement la thématique du transhumanisme. Intuitivement, la thématique transhumaniste véhicule une notion de progrès ; pour autant, il semble difficile d’affirmer que le transhumanisme est une idéologie de gauche. Le transhumanisme est-il une idée de droite ou de gauche ? Et selon vous, à quels effets du transhumanisme devrons-nous faire face dans un avenir proche ?

LC : Le progressisme est identifié à la gauche politique depuis le XIXè siècle, mais cela vient en fait d’une conception linéaire du temps orientée vers le Bien qui prend sa source dans les religions monothéistes, lesquelles ne sont pas particulièrement des idéologies de gauche. Le transhumanisme n’est ni de droite, ni de gauche, c’est la conséquence de la véritable idéologie du pouvoir, qui est la cybernétique, le traitement indifférencié des sujets et des objets, des êtres vivants et des êtres non-vivants, tous réduits à des systèmes d’information plus ou moins complexes à contrôler. L’exercice du pouvoir est essentiellement un travail de réduction de l’incertitude, un effort visant à sécuriser son environnement – en d’autres termes, à tout contrôler. C’est humain, c’est même animal, car n’importe quelle créature cherche à sécuriser son territoire, mais cela pose un vrai problème quand vous estimez que votre territoire s’étend au monde entier. Pour parvenir au contrôle total du monde, il faut en finir avec la nature et rendre le monde le plus artificiel possible. Le problème du pouvoir, c’est la nature, le monde donné naturellement, car la nature est gratuite et décentralisée. Chaque être vivant est porteur de son propre code génétique, et/ou épigénétique, et peut ainsi se reproduire de façon autonome sans demander l’autorisation à personne. La nature est anarchiste et libérale, ou libertarienne. Pour le pouvoir, le vivant doit donc être coupé de sa capacité à se reproduire de façon autonome, et il faut que son développement soit placé sous pilotage d’un code hétéronome à l’être vivant, un code centralisé et artefactuel, défini et autorisé par la techno-science, autrement dit un code numérique, qui se substituera au code génétique en tant que tuteur évolutif. Il s’agit du même principe consacré par l’OMS de remplacement de l’immunité naturelle par une immunité artificielle fournie uniquement par la vaccination. Le capitalisme décroissant essaye donc d’en finir avec la nature, car elle menace son effort monopolistique pour contrôler le robinet des ressources. L’étatisme rejoint le capitalisme dans son anti-naturalisme car c’est aussi une quête de centralisation et de centralisme. Bref, les deux sont en quête d’un contrôle total du réel, avec en plus, pour le capitalisme, des perspectives mercantiles et lucratives de facturation pour y avoir accès.

Le contrôle complet et payant de la reproduction des espèces et de la nature se fait en deux temps : la création de banques de semences, puis la stérilisation des êtres vivants, végétaux et animaux, pour que la reproduction devienne un privilège de laboratoire. Les banques de semences sont déjà fort nombreuses. Quant à la stérilisation du vivant, elle est en cours avec les OGM, le LGBT et la dictature sanitaire. La techno-science permet ainsi de remplacer un déterminisme naturel décentralisé par un déterminisme artificiel centralisé. Le code génétique est remplacé par le code informatique. Le code génétique est présent dans chaque être vivant autonome, mais le code informatique permet de soumettre le comportement d’une multitude d’être vivants à un déterminisme technologique unique et centralisé. Le comportement d’une biomasse peut alors être encadré et canalisé, voire programmé par les contraintes numériques algorithmiques qui définiront notre parcours de vie. Le vivant peut ainsi être placé sous pilotage du non-vivant, voire remplacé par sa simulation informatique. Michel Foucault et Giorgio Agamben parlaient de biopouvoir, mais nous sommes déjà au-delà car le pouvoir est aujourd’hui très préoccupé d’en finir avec le vivant. Un pas plus loin, au-delà du transhumanisme, il faut donc parler de trans-vivant, ou plutôt de pseudo-vivant. C’est le vivant biologique tout entier, végétal et animal, qui est menacé de remplacement par une forme de vie non-biologique issue des laboratoires, du type xénobots, élaborée consciemment, contrairement à la sélection naturelle, qui est un processus inconscient.

Si le pseudo-vivant, sous la forme de l’intelligence artificielle, permettait vraiment d’améliorer le quotidien, on pourrait se dire, pourquoi pas ? Mais l’impact majeur du pseudo-vivant auquel nous devrons faire face rapidement viendra de ses dysfonctionnements. Rappelons-nous les mythes littéraires du golem, de l’apprenti sorcier et du savant fou Frankenstein, qui mettent en scène une créature échappant à son créateur et se retournant contre lui. L’informatisation de la société, pour évoquer le rapport de Simon Nora et Alain Minc de 1977, est de plus en plus dysfonctionnelle, tout le monde le constate. Le QI est en baisse et les enfants souffrent de pathologies mentales de plus en plus jeunes. Pourtant, l’objectif du pouvoir reste de nous placer dans une dépendance croissante à l’égard de l’informatique pour chaque fait et geste de la vie de tous les jours. L’abolition de l’argent liquide et son remplacement par des monnaies numériques vont dans ce sens. Mais attention ! Quand tout sera informatisé, connecté directement au cyberespace (métavers), y compris les corps humains au moyen d’interfaces cerveau-machine – l’internet des corps – nous serons exposés à des accidents quotidiens, ainsi qu’à de multiples piratages, qui deviendront des catastrophes en chaîne, jusqu’à effondrement complet du système, avec des millions de morts à la solde, débranchés et désactivés par erreur ou par malveillance. Nous ne sommes qu’au début des Smart Cities, ces « villes intelligentes » où tout sera automatisé avec les « compteurs intelligents », Linky et Gazpar, qui multiplient les problèmes et qui nous feront entrer dans l’âge des pannes, des bugs et autres black-outs systémiques ou déclenchés volontairement. Pour bien comprendre vers quoi nous allons, il faut imaginer un croisement de deux films d’anticipation : Matrix et Idiocracy. Imaginez une société entièrement soumise à une dictature informatique dont on ne peut pas sortir, et qui en plus ne marche pas. Nous y sommes déjà presque. L’informatisation de la société est la plus grande menace de tous les temps, d’autant plus dangereuse qu’elle est dysfonctionnelle. Le pseudo-vivant est la plus grande menace de tous les temps.

23 février 2022.

(1) « Révision constitutionnelle. Comment les députés veulent encourager les expérimentations et la différenciation territoriale »

https://www.banquedesterritoires.fr/comment-les-deputes-veulent-encourager-les-experimentations-et-la-differenciation-territoriale

(2) « Assises territoriales de l’Islam de France : lancement de la concertation »

http://www.prefectures-regions.gouv.fr/ile-de-france/Actualites/Assises-territoriales-de-l-Islam-de-France-lancement-de-la-concertation

(3) « Une déclaration de guerre ? Ali Rabeh (maire de Trappes) : “Notre France s’imposera de gré ou de force” »

https://atlantico.fr/article/decryptage/ali-rabeh–maire-de-trappes—-notre-france-s-imposera-de-gre-ou-de-force-c8-cyril-hanouna-jordan-bardella-rassemblement-national-justice-plainte-benoit-rayski

(4) « Les islamistes de l’UOIF appellent à voter Macron »

(5) « Comment l’Union européenne finance des ONG anti-israéliennes »

https://eclj.org/geopolitics/eu/how-the-european-union-funds-anti-israeli-ngos

(6) « Campagne avec une femme voilée : “L’Europe devient l’organe d’une propagande diversitaire” »

https://www.lefigaro.fr/vox/societe/campagne-avec-une-femme-voilee-l-europe-devient-l-organe-d-une-propagande-diversitaire-20220211

(7) « Quand la Commission européenne sort son bréviaire de communication inclusive »

Entretien écrit réalisé en complément des deux entretiens filmés à Nice par Culture Populaire en novembre 2021.

« Lucien Cerise : Du suprémacisme au transhumanisme »

https://www.cultureetracines.com/actualites/lucien-cerise-du-supremacisme-au-transhumanisme-n690

« “La plus grave menace de tous les temps” : Entretien avec Lucien Cerise »

https://www.cultureetracines.com/actualites/-la-plus-grave-menace-de-tous-les-temps-entretien-avec-lucien-cerise–n757

12 pensées sur “« La plus grave menace de tous les temps » – entretien avec Lucien Cerise

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  • 10 mars 2022 à 9 h 01 min
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    En préambule, je pose une question que j’aimerais voir transmise à Lucien Cerise : “M. Cerise, quelle est la finalité des actes humains sur cette terre ?”

    A côté de vérités qui auraient gagné à être dites plus simplement, ce texte contient deux graves erreurs, dont la première porte sur la distinction entre nationalisme et patriotisme et la seconde sur ce que signifie l’amour autre que de concupiscence (i. e. l’amour des confitures ou du corps de sa femme), c’est-à-dire de Dieu d’une part et “du prochain” d’autre part. Ces erreurs sont dues à une mauvaise réponse soutenue implicitement par l’auteur à la question posée en préambule.

    Dieu existe, cela peut se démontrer de multiples façons (Aristote Met. Ch. Λ, saint Thomas, ST p.p. principalement) et il faut en tenir compte car, dès lors, Dieu n’est pas optionnel mais une réalité extérieure à la pensée s’imposant à tous, même à qui le nie. Le minimum à faire pour en tenir compte est condensé dans le Décalogue.
    Le Premier Commandement, qui prévaut sur les suivants et les implique porte sur Dieu et l’amour qui Lui est dû. Cet amour consiste principalement en gratitude exprimée et, concrètement, en la soumission généreuse à Ses Commandements.
    Le quatrième Commandement porte sur l’amour dû à ses parents, à proprement parler et à tout ce que cela comporte par extension. En particulier, l’amour de la Patrie, ce terme étant pris au sens étymologique et historique de “terre de ses pères”. Ce qui ressortit non au sentimentalisme mais à la gratitude vis-à-vis de ce que tout ce que nos ancêtres ont bâti sur tel coin de terre (où que ce soit dans le monde), dans la peine et la douleur souvent, pour créer un environnement susceptible de nous accueillir à notre naissance et de nous permettre d’y vivre conformément à notre nature d’animal raisonnable ensuite.
    Hélas, la Révolution antichrétienne, c’est-à-dire le remplacement du Décalogue par les prétendus Droits de l’Homme sans Dieu, dont M. Cerise est un tenant, a fait subir un glissement sémantique fatal au terme “Patrie”, qu’il a conservé vicieusement pour mieux tromper mais qui signifie en fait “communauté mondiale des adeptes des Droits de l’Homme”.
    Je renvoie à l’ouvrage clé de l’historien Jean de Viguerie, “Les deux Patries” édité chez DMM. Il est en outre écrit simplement sans néologismes pédants et accessible à tous en dépit de sa profondeur.
    Aujourd’hui, les patriotes (héritiers de 89) sont donc en fait souvent apatrides (la gauche) ou alors divinisent leur terre (l’extrême-droite).
    Il est donc possible de donner une définition correcte du nationalisme, vice mortel qui ne se rencontre que chez les néo-païens, revendiqués ou non : faire monter l’amour de sa terre de naissance (au sens géographique et physique du terme) au niveau d’un PREMIER commandement (païen).

    La seconde erreur porte sur l’amour du prochain.
    Si, M. Cerise, non seulement on peut mais on doit aimer son prochain “comme soi-même”. Aimer son prochain ne signifie nullement aimer ses défauts, voire ses vices. Aimer son prochain, c’est vouloir son bien, SON VRAI BIEN, c’est-à-dire faire ce qui est notre pouvoir pour qu’il puisse ATTEINDRE SA FIN, c’est-à-dire retourner à son Créateur après la mort et non aller brûler en enfer. Aimer un ivrogne, ce n’est pas lui donner un dixième verre de vin parce que ça lui ferait plaisir, c’est, à l’inverse, et même si ça le contrarie, placer la bouteille hors de sa portée.
    Alors bien-sûr, il est souvent très difficile d’aimer son prochain lorsqu’il est sale, méchant, etc. Spontanément, de par nos seules ressources humaines limitées et défaillantes, nous ne le ferions pas et même nous écarterions-nous de cette présence repoussante. Les païens tuent les vieux, fussent-ils leurs parents (ou plutôt les font tuer par des tueurs à gages à 25 € remboursés par la CQ), devenus physiquement dégradés et malades car ils se disent “hors de ma vue ce spectacle !”. D’ailleurs ils finiront assez souvent par se faire supprimer eux-mêmes lorsqu’ils estimeront qu’ils n’ont plus rien à tirer de cette vie.
    Alors, pourquoi les Chrétiens peuvent-ils, eux, aimer les méchants ?
    Car l’acte de charité, nouveauté du christianisme par rapport à l’ancienne alliance, dit : “Tu aimeras ton prochain comme toi-même, PAR AMOUR DE DIEU”.
    Eh oui, si ce n’était pas Dieu Lui-même qui nous le demandait, nous ne le ferions probablement pas souvent.
    E.

    Répondre
    • 10 mars 2022 à 10 h 24 min
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      Bonjour,
      Merci pour votre commentaire et vos questions.
      Malheureusement, je ne peux pas vous répondre, car je ne fais pas de métaphysique.
      Cordialement.

      Répondre
      • 10 mars 2022 à 14 h 00 min
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        Bonjour M. Cerise,

        Peut-être pouvez-vous dire a minima, pour quel but vous vivez, vous, à titre personnel, d’un point de vue subjectif donc.

        En toute bienveillance,

        E.

        Répondre
    • 26 avril 2022 à 17 h 29 min
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      Il me semble que vous vous trompez / ce qu’est le prochain.
      Les textes bibliques sont clairs: mon prochain, c’est celui qui me fait du bien.
      Il n’est donc pas difficile de l’aimer.
      La révolution apportée par Jésus porte sur le fait d’aimer son ennemi, et pas seulement son prochain.

      Répondre
  • 10 mars 2022 à 20 h 59 min
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    Ca vole très haut, comme souvent sur Strategika. Bravo et merci !

    Répondre
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  • 6 août 2022 à 1 h 38 min
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    Mr Cerise.
    Merci pour cet essai. Très intéressant et parfaitement romancé.
    Quelle tristesse pour moi de voir si peu souvent cité Mr Paul RICOEUR. Il y avait pourtant matière ici 😉 : « Soi-même, comme un autre […] » et « dans des institutions justes ». Est-ce de l’amour ?🤔

    Merci aussi à Eugène pour son témoignage passionné ! Je me suis cru revivre les prémices de l’inquisition. Lol disent les jeunes d’avant-hier. Eugène ! Sacré clin d’œil ce pseudo quand même !

    Un grand merci à Strategika pour son travail.

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